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24
Jan
12

Rising Stars – Acte 1

Il y a des BD cultes, des grandes séries dont le nom les surpassent, qui bizarrement gardent un statut de référence, et dont on a jamais eu l’occasion de lire. Jusqu’à maintenant, Rising Stars en faisait parti. Premiers vrais pas de Joe Michael Straczynski, scénariste réputé grâce à sa série TV de SF Babylon 5, dans l’industrie des comics, cette série en 24 épisodes a connu nombre de galères de publications, que ce soit aux USA ou en France. Et, enfin, Delcourt a décidé de publier l’intégralité de la série dans notre belle hexagone, et en seulement 3 volumes (un tous les 6 mois) et cela à partir de Janvier 2012 avec le premier Acte. Alors, est-elle à la hauteur de sa réputation ? Oui… et non.

Scénario de J. Michael Straczynski. Dessins de Keu Cha, Christian Zanier, Ken Lashley. Edité par Top Cow, publié en France par Delcourt. 22,95€, sorti le 18 Janvier.
En 1969, une boule de feu s’écrase sur une petite ville américaine. Quelques années plus tard, 113 enfants, conçus cette nuit-là, manifestent des pouvoirs surnaturels. Le gouvernement les recense sous l’appellation de « Spéciaux », les traque, tente de les contrôler, mais cherche aussi un moyen de les neutraliser. Un jour, les rangs des Spéciaux se mettent à être mystérieusement décimés…

J.M. Straczynski, qui a depuis fait ses preuves en tant que scénariste de BD avec Spider-Man, Thor ou The Twelve, signe ici l’un des ses premiers boulot dans le comics. L’exercice est d’autant plus nouveau que le bonhomme n’a pas choisi la facilité, puisqu’il a décidé de créer ses propres personnages et son propres univers afin de mieux y apporter ses thématiques et son propos. Une ambition casse gueule mais qui, force est de constaté, a payé, puisque sa construction d’un monde réaliste, à la limite du totalitarisme, stérile de tout espoir pour ses enfants à pouvoir, est très réussi.
Et pourtant, le début est assez surprenant. JMS prends le parti de pas s’étaler sur les raisons de l’évènement qui a donné ses pouvoirs aux enfants pour directement raconter leur enfance, qui va être synonyme de découverte de soi-même, mais également de rejet de la société. Straz décrit ainsi un Etat gendarme, apeuré, qui va directement mettre la main sur eux pour les mettre à l’écart. Ainsi, il va nous dépeindre un monde totalement désenchanté, ne laissant aucunement la place au rêve et développement de ses enfants, qui vont se prendre petit à petit la dure réalité dans la face, comme lorsque l’un d’entre eux va se faire violer par un responsable de leur camp. La noirceur de ce « pilote » est d’autant plus surprenante qu’elle introduit d’or et déjà des thématiques qui seront développées plus tard.

Après une introduction d’un propos aussi noir, JMS s’attaque directement à ce qu’ils sont devenus, tandis que l’un d’entre eux décide de tuer tous les «spéciaux». Ainsi, le scénariste met en scène des personnages, tantôt sans motivation pour vivre, tantôt rongé par ce qu’ils sont devenus, tantôt instrumentalisés… Bref, des enfants qui avaient un potentiel énormissime et qui ont été gâché et/ou utilisé par la société. Cet univers, le scénariste le dépeint par petite touche, à travers le regard de son narrateur, Le Poète, durant son enquête qui le pousse à faire ressortir le passé.
Et pour cela, JMS va usée et reusée des flash-back qui va lui faciliter la tache dans sa narration. Un épisode entier sera d’ailleurs composé de séquence dans le passé lorsque l’une des spéciales qui n’a pas encore découvert son pouvoir va raconter l’histoire de plusieurs enfants et l’ambiance qui régnait entre eux à un de ses collègues. Cette technique, que le bonhomme maitrise, va permettre de donner de l’épaisseur à sa galerie de personnages, qui va s’étoffer petit à petit afin de placer toutes les pièces avant d’attaquer à bras le corps son intrigue.

Une intrigue assez bien menée mais qui, en dehors de l’histoire qu’elle raconte, de l’affrontement entre des personnages que le temps a divisé, va permettre à JMS d’apporter et traiter des thématiques qui lui sont visiblement chères. Le scénariste touche ainsi à peu près à tout les aspects de la figure du super-héros, que ce soit l’aspect divin, boyscoot ou de rejet de la différence par la société. Des thématiques abordées, mais pas encore traitées en profondeur dans cette introduction.
L’intrigue en elle même est plutôt surprenante dans son déroulement, jouant avec les attentes du lecteur, l’emmenant vers du thriller pour finalement lui livrer du drame, ou l’emmenant vers de l’action pour finalement lui livrer un traitement politique de cet univers fantasmagorique. L’exercice de l’introduction de tout un univers était casse gueule, mais JMS l’a réussi grâce à une écriture maligne, intelligente, riche en thématique, qui ouvre sur une suite pleine de promesses.

Si Rising Stars est réussi dans sa partie scénaristique, la partie graphique est bien bien en deçà. Mais on aura vite fait de taxer Rising Stars de BD mal dessinée. Et à première vue, les dessins ne donne pas envie du tout. Avec un style très années 90 (dans lesquels, même aujourd’hui, Top Cow semble rester bloquer), simili de Silversti, Lee ou Finch, les dessinateurs (Keu Cha, Christian Zanier, Ken Lashley) qui se succèdent, et se ressemblent, sur le titre sont assez fragiles, enchainant les problèmes de proportions et les traits trop grossiers pour être honnêtes (comprenez que les encreurs ont du avoir un boulot assez fou).
Mais malgré cela, on peut voir le verre un tiers plein, en parlant d’une mise en page plus efficace qu’elle n’en a l’air et assez dynamique. Alternant entre classique et moderne, la construction graphique arrive à mettre en avant et rendre fluide la narration, tout en flash back, de JMS. Mais le style vient la plus part du temps gâcher cela avec des personnages pas assez différentiables, aux visages tout tordus. A noter également la présence de quelques numéros spéciaux en bonus, et inédit, dont un dessiné par l’excellent Gary Frank. Le tout, sans être totalement à jeter et desagréable, ne rends pas justice au scénario de JMS. On ne peut que être rassuré par la stabilité graphique que va prendre la suite de la série.

Intriguant, intéressant et intelligent sont les 3 mots qui qualifient au mieux ce premier tome de Rising Stars. Un début de réflexion assez ambitieuse qui ne demande qu’à être développée par la suite, avec un Straczynski passionné par la figure mythologique du super-héros (et l’histoire le prouvera). Une belle initiative de la part de Delcourt que de proposer cette bonne série en intégralité en France. Peut-être pas à la hauteur de nos attentes et de sa réputation (pour l’instant), mais dont on attend la suite avec une certaine impatience.

Rising Bigor

11
Juil
09

Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non. C’est Superman.

C’est les vacances pour Absolute Zone. Xidius va prendre son pied en allant voir des groupes en live, Mystermask va en suisse voir des films et Dailymotion fait je sais pas quoi, mais ne veut pas nous donner le Critika du mois. Et que fait Bigorneau quand il est en vacances ? Il lit des comics. C’est pour cela que aujourd’hui, je vous ai sélectionné 3 histoires, qui m’ont particulièrement plû, autours du dernier fils de Krypton, Superman.

Vous n’y connaissez rien à Superman (ce qui m’étonne, mais passons), alors je ne peux que vous conseiller Superman : Droit du Sang. Mark Waid revisite les origines du héros de Jerry Siegel et Joe Shuster en les rendant plus modernes. Jor-El, un scientifique de Krypton, se voit obligé d’envoyer son fils, Kal-El, sur Terre pour lui éviter une mort certaine sur sa planète natale, sur le point d’exploser. Arrivé sur notre bonne vieille planète, Kal-El est retrouvé et adopté par deux fermier du Kansas, Jonathan et Martha Kent. Presque adulte, il ressent le besoin de quitter son foyer pour visiter en long en large et en travers ce monde qui n’est pas le sien. Le célèbre scénariste Mark Waid réécrit soigneusement dans ce récit en douze parties toute la mythologie et les origines de l’Homme d’Acier. Pourquoi est-il parti à Metropolis ? Comment a t-il rencontré Lois Lane ? Comment est-il devenu si ennemie avec Lex Luthor ? Autant de réponse dans cette épopée bourrée de références aux premiers épisodes dédiés au héros (comme cette planche où Clark Kent jette une voiture, comme il le faisait sur la couverture de Action Comics #1 en 1938). La partie graphique de l’œuvre, réalisé par Leinil Francis Yu (que l’on peut voir à l’œuvre en ce moment dans Secret Invasion) est magnifique. Sa vision de Krypton et de sa technologie est assez impressionnante, ainsi que sa facilité à dessiner des scènes de combat compréhensibles et jouissives. Une œuvre intemporelle parfaite pour les néophytes. La série a été publié chez Panini dans la collection DC Anthologie (quelqu’un me dit dans mon oreillette qu’il faut cliquer sur la couverture).

Autre histoire sur Superman, mais dans un registre totalement différent, et pour cause. Superman Identité Secrète relate la vie (de l’adolescence jusqu’à la mort) d’un habitant du Kansas qui s’appelle Clark Kent. Ses parents, dont le nom de famille est « Kent » ont trouvé marrant d’appeler leur fils « Clark ». Mais, forcement, ce nom si connu est sujet à de nombreuses moquerie et boutades (comme lui offrir des comics Superman). Mais, un jour, l’inimaginable ce produit et le jeune Clark découvre qu’il peut… voler. Mais… Comment ? Pourquoi ? Est-il bien humain ? Autant de questions que le jeune garçon va se poser, et par conséquent, poser au lecteur. Cette oeuvre, en 4 longues parties, est un petit bijoux d’originalité. Le scénariste Kurt Buisiek nous plonge dans l’esprit d’un jeune homme qui se découvre des pouvoirs et va nous raconter sa vie. Un récit très plaisant à lire car on se prend d’amitié avec ce Clark Kent que l’on va voir passer de l’adolescence à l’âge adulte et même mourir. En plus d’un scénario habille, Identité Secrète jouit de la présence du très talentueux Stuart Immonen (dessianteur de Nextwave, dont je vous en ai parlé dans mon tout premier article) aux commandes. L’artiste peint des planches absolument renversantes, d’une poésie et d’une beauté rare. Un récit vraiment très accessible et très plaisant à lire. La série à été publié dans deux tomes en France : le premier aux éditions Semic, épuisé mais pas introuvable, et le second chez Panini Comics.

Ah ! Voici mon dernier coup de coeur (ou devrais-je dire « grosse claque ») en date : All Star Superman. Ce récit totalement hors continuité raconte l’histoire d’un Superman qui, suite au sauvetage d’une capsule près du soleil, mis en danger à cause de Lex Luthor, va faire une overdose de rayon solaire, ce qui aura pour conséquence de détruire ses cellules. En d’autres termes, Superman va mourir ! C’est l’occasion de faire une sorte de tournée d’adieu en, par exemple, révélant son secret à Lois Lane ect… Cette série de 12 épisodes écrite par Grant Morrison est de loin la meilleure qu’il m’est était donné de lire sur le personnage. Et je pèse mes mots. Morrison prend un réel plaisir à écrire sa version de l’Homme d’Acier, en réécrivant tous les personnages comme Lois Lane, ou Jimmy Olsen, et rend un hommage à tout les artistes qui ont contribué à la mythologie du personnage, le tout en écrivant un récit moderne, touchant et magnifique. Le scénariste place des références (scénaristiques et/ou visuelles) dans chaque planche de son oeuvre. Mais la virtuosité de cette série ne serai pas la même sans le célèbre Frank Quietly. Son travail sur la série est simplement remarquable. Le trait de l’artiste, si fin et precis, donne vie à un Superman iconique et éblouissant. Le dessinateur signe des planche sublimes, empreint d’une réel nostalgie. La série à d’ailleurs été nommé au derniers Eisner Awards (et j’en parle ici). Une magnifique série, qui convient plus aux lecteurs confirmé qu’au néophytes. Malheureusement, la publication VF est chaotique. Les 4 premiers épisodes de la série ont été publié dans les premiers numéros du bimensuel « All Star Superman ». Puis, après l’arrêt de cette parution, la série a été publié dans plusieurs « Superman & Batman HS », dont le 1, le 2, le 5 et le 7. Mais vous pouvez acheter les 2 TPB VO sur amazon US (mais là, faut vraiment être balèze en anglais).

Voilà les 3 histoires de Big S qui m’ont le plus marqué. Je n’ai pas encore lu « The Man of Steel » ou encore « La mort de Superman », qui sont présentés comme des chefs d’œuvres incontournables par certains, mais je compte bien me rattraper, cette été justement.

Bigorneau, qui a un slip par dessus son pantalon.




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