Posts Tagged ‘Scott Pilgrim

01
Juil
11

Scott Pilgrim Finest Hour

Enfin. Enfin le 6ème tome de Scott Pilgrim arrive. Enfin le final de l’une des séries les plus originales et funs du moment est publié en France. Comme pour les 5 précédents, c’est l’éditeur Milady Graphics qui édite cet épais dernier tome (le tome 1, à côté, fait ridicule). Mais alors, qu’en est-il de ce tant attendu final ? Est-il à la hauteur de la série ? Est-il décevant car trop d’attentes ? Réponses !

Scénarisé et dessiné par Bryan Lee O’Malley. Publié Oni Press.
Ramona est partie, elle a disparu en remerciant Scott pour le bon temps qu’elle a passé avec lui mais c’est finalement une maigre consolation pour le jeune homme qui avait enfin réussi à vivre un semblant de relation stable. Alors grâce à ses parents qui lui ont enfin payé un appartement, Scott tente de vivre. Ce qui signifie être allongé sur son canapé et jouer à la PSP Go tandis que ses amis lui rendent visite. Mais la menace Gideon (le dernier evil-ex de Ramona) pèse toujours au-dessus de la tête de Scott même si on se demande si cela vaut le coup que la lutte se fasse.

Il est bien normal qu’après avoir construit un univers aussi riche, avec des personnages aussi bien développés et attachants, mettre fin à tous cela peut se révéler casse gueule. Surtout quand on peut qualifier la série de « tuerie cosmique », ce qui génère d’autant plus d’attente, avec l’espoir d’avoir un final encore plus grandiose que les 5 tomes déjà publiés. Des attentes démesurées donc, qui ne demandent qu’à être comblées… Et qui le sont. Malgré ce sentiment bizarre de frustration lorsque l’on a fini ce 6ème tome de Scott Pilgrim.

Dans la première partie de ce volume, le scénariste fait une sorte de bilan des relations amoureuses de Pilgrim, devenu dépressif depuis la fin du 5, faisant intervenir Knives, Envy et Kim, à tour de rôle. Ce retour au source pour le personnage lui permet d’avancer, de muri et de faire face à lui même (littéralement). Ce combat métaphorique plutôt intelligent va mettre fin à ce passage au rythme lent (comparé au reste, en tout cas) et va donner le coup d’envoi de l’inévitable dernier combat de Pilgrim face à Gideon, le 7ème evil-ex. Ce passage terriblement maitrisé et juste, pour ce qui est de la description des relations humaines, va donc laisser place à un final se construisant comme le niveau final d’un jeu vidéo, ultra speed en terme narratif.

Une dernière partie ultra généreuse en somme, enchainant les moments de pure comédie, des passages dramatiques et des combats dantesques, totalement wtfesque. Bryan Lee O’Malley connait son public, et multiplie les références complices à Zelda et autres. Le tout apparait comme un pure ride fantasmagorique, tout en restant cohérent avec ce qui a été fait avant et surtout, surtout, en n’oubliant pas la dimension relation humaines/amoureuses de l’histoire. Le tout est d’autant plus percutant que les dessins de O’Malley, toujours aussi cartoon, sont très dynamiques, avec un vrai sens du cadrage (outils de références là aussi) et de la lumière (s’amusant à jouer avec la frustration du lecteur de voir des pages vides).

Je parlais de sentiment de frustration plus haut, et il reste présent pour deux raisons. La première, c’est que ça se termine. C’est con à dire, d’autant plus quand on est parti avec un apriori défavorable sur la série, mais en 6 tomes, on s’est tellement identifié à Scott Pilgrim et sa bande que ce derner tome signe comme un adieu des personnages avec qui on a rit et pleuré (quand même pas)(quoi que…), ce qui est toujours source de tristesse et de frustration. Le final a beau être le plus grandiose du monde (et c’est le cas), ce sentiment reste présent, surtout sur les dernière pages où, sentant la fin, l’envie de tourner la page pour découvrir la suite disparait.

L’autre frustration est d’avoir  vu l’excellent film d’Edgar Wright avant d’avoir lu ce tome. Car si on savait que les deux allaient être différents, certains éléments clés sont les mêmes, et perde un petit peu de leur impact. Une chose dommage, pas très importante, mais qui tue un peu le suspense. Si vous hésitez à voir le film avant de lire ce dernier tome, ne le faites pas !

Finest Hour contient tout ce qu’on aime dans Scott Pilgrim: un rythme d’enfer, des scènes d’actions jouissives et ultra fun, des dessins ultra cartoon et dynamiques, un humour référentiel toujours juste et un discours sur les relations amoureuses bien plus mature que ce que l’on pourrait croire. Et encore une fois, le tout est parfaitement dosé, faisant encore une fois preuve de la maitrise de O’Malley pour ce qui est de la narration. En cela, ce dernier tome de Scott Pilgrim est une réussite totale. Mais la frustration et la tristesse de laisser ces personnages dernière nous prends parfois le dessus et pourrait altérer votre jugement.

Antoine « Bigorneau » Pilgrim.

13
Mar
11

Scott Pilgrim VS. The Universe

Après avoir combattu le monde, à la fois sur papier et sur pellicule, Scott Pilgrim revient pour se frotter à l’univers ! Le 5ème tome des aventures du jeune canadien, et de sa bande, sort le 18 Mars, toujours aux éditions Milady Graphics. Avant-dernier round donc, qui réserve, comme à chaque fois, son lot d’excellentes surprises. Parce qu’il faut dire que ce tome là, il est costaud !

Ce cinquième tome, qui prend logiquement la suite directe du 4ème, s’ouvre sur la fête d’anniversaire de ce cher Scott Pilgrim, qui fête ses 24 ans. A partir de ce moment là, tout va s’enchainer très vite pour le jeune canadien : fêtes chez Julie, combats contre des robots, embrouilles avec son groupe les Sex Bob-Omb, et rencontre avec les frères Katayanagi (le cinquième et sixième evil-ex, qui sont jumeaux). Et comme si la situation n’était pas assez sulfureuse, Ramona est de plus en plus mystérieuse et distante avec ce pauvre Scott, éperdument amoureux… Mais qui va regretter ses erreurs passées. Un tome qui va donc amener la relation entre Ramona et Scott à un nouveau stade. Car plus qu’une BD qui mélange histoire romantique et éléments issus de la pop culture, ce 5ème tome est une véritable claque, qui traite avec une justesse incroyable les rapports humains et qui oscille toujours entre drame et fun, en dosant parfaitement chaque partie jusqu’à une symbiose et une synthèse presque parfaite.

Depuis le premier tome, nous avons pu observer l’évolution d’un artiste : Bryan Lee O’Malley, que ce soit scénaristiquement ou graphiquement. Le premier tome posait les bases d’une histoire et d’un univers, ou plutôt un melting-pot d’univers, qui se voulait une comédie romantique à base de fight dantesque. Et à chaque tome, O’Malley trempait de plus en plus les pieds dans des thématiques intéressantes, comme la séparation (T3), plutôt bien traité la plus part du temps, mais toujours avec un certain recule, comme si il avait peur d’aborder ces thèmes là, ou qu’il n’en était ni capable, ni légitime. Mais c’est lors du tome 4 que l’auteur a développé d’avantage les rapports conflictuels entre ses personnages, avec notamment le personnage de Lisa ou la 4ème evil-ex, avec justesse. Et ce 5ème tome fait preuve de la même chose, mais avec encore plus de brio pour transmettre des émotions. L’artiste a visiblement enfin pris ses aises, s’est décomplexé, et ainsi, se permet de passer de romantique à dramatique.

L’un des éléments important de ce tome, et qui témoigne de cette maturité, et le traitement des éléments fantastiques du récit. Car finalement, là où les premiers tomes mettaient l’accent sur ces éléments là, cet avant-dernier tome les met en retrait, comme si cela était devenu complètement banal pour les personnages et le lecteur. On sentait déjà cette transformation dans l’équilibre du récit dans le 4ème tome, mais c’est d’autant plus marqué dans cet épisode là, puisque, par exemple, les combats contre des robots sont mis en arrière plan. Et cela, pour laisser une plus grande place à la dramaturgie et aux personnages de l’histoire.

Des personnages encore plus au cœur d’une intrigue développant une psychologie encore plus dense et complexe qu’auparavant et un traitement des rapports humains juste et incroyablement vrai. Chaque personnage évolue de manière presque logique, évidente, et donc forcement vraie, donnant un portrait assez saisissant de la génération dont il est question (celle qui a aujourd’hui entre 20 et 35 ans). Ainsi, chaque personnage va donc prendre une place plus ou moins importante dans l’histoire, avec notamment l’exemple du personnage de Kim (dont je suis officiellement amoureux) qui va devenir un élément moteur du trio Ramona/Scott/Kim, qui va permettre de traiter des thèmes comme, entre autre, l’amitié.

Et c’est justement cette évolution logique des rapports humains qui va légitimer la remonté d’une problématique posée par le tome 1 et jamais réabordé jusqu’à maintenant. Une problématique qui va être à l’origine du morcèlement de la relation entre Scott et Ramona, qui va donc devenir l’élément dramatique principal de l’œuvre. Un élément qui, sans spoiler, sera très bien mené, et qui fait de ce tome l’un des plus beau tome de la série, émouvant, touchant et limite bouleversant dans sa conclusion.

Cette synthèse presque parfaite entre le côté fun et le côté dramatique de l’histoire, en fait une œuvre homogène. Car si pour l’instant, tout ce que je dis donne l’impression que ce tome est axé uniquement sur le drame, il n’en est rien. L’histoire est toujours aussi blindé de références (Zelda pour n’en citer qu’une) et est toujours un plaisir à lire, avec une bonne dose d’humour et de délires (si vous aimez les robots, vous allez être servis). Mais il est vrai que ses éléments sont relativement moins important, et plus subtilement introduits, afin de rééquilibrer le dosage entre l’humour et les éléments dramatiques, qui font au final de Scott Pilgrim une brillante comédie romantique et dramatique.

Nous parlions d’évolution et de maturité précédemment, et on peut constater que celles-ci se récentes aussi très clairement graphiquement dans ce 5ème tome, comme dans le 4ème également. Si de la première à la dernière page de ce dernier, nous voyions cette évolution, le tome 5 la confirme, ce qui rend le tout beaucoup plus cohérent visuellement. Les formes et visages sont plus ronds, les combats plus dynamiques (aidé par les onomatopée et autres effets de vitesse), ce qui donne un aspect encore plus cartoony qu’auparavant. L’œuvre est donc magnifique, avec un trait épuré, donnant aux planches une apparante simplicité, alors que ce n’est absolument pas le cas. Pour conclure, on constate que le mélange d’influences américaines et japonaises est encore plus assumé, et que le format est toujours aussi idéale. A noter une seule petite chose regrettable, c’est que la couverture de l’édition française ne brille pas, contrairement à celle de l’édition US, tout shinny ! Mais que ça ne vous empêche pas de sauter sur la magnifique traduction de Philippe Touboul (Arkham) !

Encore une fois, Scott Pilgrim nous surprends. Pourtant, chaque tome est une excellente surprise, qui confirme petit à petit le talent de son auteur, Bryan Lee O’Malley. Aujourd’hui, à la lecture ce 5ème tome des aventures d’un jeune canadien qui se bat (littéralement) pour garder sa copine, son talent n’est plus à prouver, tant se dernier arrive à véhiculer et transmettre des émotions forte avec modestie, humour et justesse. On attend avec une énorme impatience la publication du 6ème (et dernier tome) de la série, qui fera son apparition le 24  Juin prochain. En attendant, jetez vous sur cet album, et si vous ne connaissez pas la série, vous avez jusqu’à Vendredi pour ratrapper votre retard, date de sortie de ce 5ème tome, Scott Pilgrim VS. The Universe !

Antoine Pilgrim VS. The Bigorneau

 

 

(PS: au fait, le film Scott Pilgrim VS. The World, d’Edgar Wright, sort le 5 Avril en DVD et Bluray. Pas besoin de vous dire que ce film est une tuerie cosmique et qu’il faut absolument l’acheter pour bien montrer à Universal la monumentale erreur de leur distribution en salle, hein ?)

29
Jan
11

Interview: Jerôme d’Aviau (Le Trop Grand Vide d’Alphonse Tabouret)

A l’occasion de la sortie de sa dernière BD, Le Trop Grand Vide d’Alphonse Tabouret, œuvre bouleversante et touchante, j’avais eu la chance de rencontrer Jerôme d’Aviau à la librairie Molat, à Bordeaux, en dédicace. Après coup, je lui ai proposé une interview par mail, et il a très gentillement accepté. Voici donc ses réponses à mes questions:

AbsoluteZone : Bonjour Jérôme d’Aviau. Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs ?
Jerôme d’Aviau : Bonjour, je suis Jérôme d’Aviau, alias Poipoi, auteur de BD depuis bientôt 6 ans, passé avant par le jeu vidéo, l’architecture et la mécanique auto.

AZ : Votre première œuvre est Le Grand Saut, mais il est signé Poipoipanda. Pourquoi utiliser un pseudo pour signer certaines de vos œuvres ?
Jd’A : C’était une histoire tirée de mon blog où je signais Poipoipanda, il m’a semblé normal de garder cette signature, qui est le surnom que j’ai depuis l’époque où je bossais dans les jeux vidéo. J’ai gardé « poipoi » pour signer ma série Ange le Terrrrible d’abord parce que c’est par mon blog que j’ai eu cette proposition de boulot, et ensuite parce que c’est inspiré d’un univers que j’avais développé quand je bossais pour les jeux vidéo.

AZ : Vous avez également réalisé des planches d’une BD érotique, Premières Fois. Comment êtes-vous tombé sur ce projet ?
Jd’A : C’est moi qui suit à l’origine de ce projet! Lisa Mandel, qui avait lancé le blog « BD cul » m’a demandé d’y participer. Ne sachant quoi raconter, j’ai demandé à ma copine Sibylline de m’écrire une histoire, ce qu’elle a fait. je lui ai envoyé les pages, qui sont tombées par hasard sous les yeux d’un de ses collègues éditeur (elle bosse chez Delcourt), qui lui a immédiatement proposé d’en faire un livre de 10 histoires de ce genre. le projet « premières fois » était né.

AZ : Vous changez assez de style graphique selon le ton et la cible des BD. Comment vous jonglez avec ses différents styles ? Entre le réaliste et le très cartoon ?
Jd’A : Je n’ai pas l’impression de vraiment changer de style. je considère ça plutôt comme différentes facettes d’un même dessinateur. les différences principales pour moi se situent dans l’outil que j’utilise, et dans le niveau de détail que je me fixe. ça ne me pose donc pas de souci de changer, puisque pour passer d’un « style » à l’autre, je n’ai pas d’effort à faire (et ça, j’aime).

AZ : Comment est né le projet Alphonse Tabouret ?
Jd’A : D’une furieuse envie de ma part d’illustrer une histoire écrite par Sibylline. J’avais aperçu un bout de texte de sa main, et j’étais conquis. Elle n’avait pas encore écrit son premier scénario qui allait devenir un livre que je la harcelais déjà. Au bout d’un an, elle a fini par m’écrire 4 alexandrins qui parlaient d’un petit bonhomme qui rencontrait une huitre dans les bois, sur un coin de nappe de restaurant. Dès le lendemain, j’achetais un petit carnet, je rajoutais 4 autre vers, et je lui livrais un livre de 16 pages en lui disant « voilà, je veux la même chose, mais sur des centaines de pages ». Elle était enthousiaste, elle a assez vite écrit un premier jet du scénario, on a discuté pendant 6 mois, et une fois qu’on a presque tout eu, j’ai rangé le projet dans un tiroir pendant un an et demi. Et puis le jour où elle avait abandonné tout espoir de voir le livre se faire, je lui ai livré les 30 premières pages. on signait chez Ankama 1 mois plus tard.

AZ : Est-ce une idée à vous ce type de narration sous forme de dialogue MSN avec l’expression des personnages devant ?
Jd’A : Sibylline étant à Paris et moi à Bordeaux, MSN a été notre principal outil de travail. C’est donc assez naturellement que j’ai eu l’idée de retranscrire les dialogues comme ça. je me suis trouvé génial, mais on s’est chargé de me dire que ça existait depuis bien longtemps dans Petzi. Ma seule amélioration a été de changer les expressions à chaque ligne de dialogue.

AZ : La BD parle à la fois aux enfants et aux adultes. Cela n’a pas été trop difficile de retranscrire les doubles messages de pas mal de passages ?
Jd’A : C’est plutôt une question pour Sibylline, mais je n’ai pas l’impression, non. une bonne histoire pour enfant est rarement une histoire sur un seul plan, qui ne parlerai qu’aux enfants exclusivement. Sibylline et moi avons puisés dans nos vies d’adultes pour en faire une histoire accessible à des enfants, mais tout est chargé de nos vécus et experiences. c’est certainement ça qui fait que ça plait aussi aux grands.

AZ : Vous avez participez aux 24h de la BD à Angoulême à 2 reprises. Que tirez-vous de ses expériences ?
Jd’A : Que dessiner toute la nuit sans dormir, ça peut être rigolo si on est plusieurs à le faire en même temps, mais que c’est pas mal fatiguant ! Plus sérieusement, j’aime beaucoup l’idée de travailler sous contrainte forte, que ce soit de temps ou de sujet, et je conseille l’exercice à tous ceux que je croise (même si je ne l’ai pas pratiqué depuis 2 ans…)

AZ : Vous participez à pas mal de dédicaces et de festivals, c’est important pour vous de rencontrer vos lecteurs ?
Jd’A : Oui ! Surtout que j’ai la chance de voir surtout des lecteurs en dédicace (et pas seulement des collectionneurs, que je ne considère pas comme mon vrai lectorat). Que ce soit de voir des gamins qui discutent en connaisseurs de Ange le Terrrrible, des personnes toutes émues qui me racontent qu’elles ont pleuré en lisant Alphonse ou Inès, ou des jolies filles qui rougissent en me remerciant d’une dédicace sur Premières Fois, ça reste un grand plaisir. Le jour où je n’aurais que des gens qui ne sont là que parce que je leur fait un dessin gratuit qu’ils vont s’empresser d’archiver ou de revendre, j’arrête.

AZ : Quel est votre futur projet ?
Jd’A : J’en ai plusieurs : je suis en train de terminer Ange tome 4 qui doit sortir en mai, ensuite j’attaque un nouveau projet (nouveau style) avec Tébo au scénario : un polar fantastique ultra violent; et j’ai plusieurs projets avec Sibylline qui finiront par démarrer. sans compter tous ceux qui vont se monter entre temps.

AZ : Qu’est-ce que vous pensez des blogs BD, puisque vous en tenez un vous même ?
Jd’A : Pas grand chose dans l’ensemble, c’est un support comme un autre, on y trouve de tout, le pire (souvent) comme le meilleur (parfois). Pour ma part, je n’essaie pas de me positionner par rapport aux autres, je fais mes petites affaires sans me préoccuper du reste (enfin, quand ça m’arrive!)

AZ : Qu’est-ce que vous lisez vous comme type de bande dessiné ? Comics, manga, franco-belge ?
Jd’A : Je lis surtout des indés français et américains, un peu de manga, très (très) peu de franco-belge, pas de comics.

AZ : Un classique: le dernier film qui vous a collé une claque ? Même question pour la BD et la série ?
Jd’A : Dernière claque cinéma ET bd : SCOTT PILGRIM !!! Tout est génial là-dedans.
Je ne regarde pas trop de série, mais la dernière à laquelle j’ai pas mal accroché, c’est Misfits, une chouette petite série anglaise.

Merci encore à Jérôme d’Aviau d’avoir répondu à mes questions. Alphonse Tabouret est dans toutes les bonnes librairies, alors courez l’acheter, c’est vraiment une BD sublime, qui brasse tellement de thèmes différents avec une justesse incroyable.
Et puisqu’on parle BD, nous serons, Xidius et moi-même, au festival d’Angoulême ce week end, donc si vous passez, venez nous faire coucou ;)

Le Trop Grand Vide d’Antoine Bigor

01
Jan
11

Top 5 des évènements marquants de 2010 !

Ah, 2010. Dire que dans quelques temps, ce ne sera qu’un lointain souvenir… Cette année à quand même était riche, ultra riche, que ce soit au niveau culturel qu’au niveau actualité. C’est pour cela que nous vous proposons un listing par rédacteurs des 5 évènements/œuvres qui ont marqué notre année 2010.

Bigorneau

-L’album de l’année, c’est la bande originale du film de The Social Network, composé par Atticus Ross et Trent Reznor, fondateur de Nine Inch Nails, qui colle parfaitement à l’ambience du métrage, appuyant par moment la solitude ou la froideur du personnage principal.

-La bande déssiné de l’année est Parker Le Chasseur de Darwyn Cooke. Publié chez Dargaud en France, cette adaptation du roman de Richard Stark est d’autant plus passionante et prenante que sublimement mis en dessin, avec des planches à coupé le souffle, ne faisant que confirmer une énième fois le talent monstre de l’artiste.

-La grosse (double) claque cinématographique est française et revient aux films Les Petits Mouchoirs, de Guillaume Canet, film choral maitrisé, drôle et touchant, ainsi que A bout portant, de Fred Cavayé, thriller policier au rythme effrené.

-L’évènement de l’année est sans contest le 37° festival d’Angoulême. C’est la première année que je m’y rends, et je suis tombé amoureux de la ville. Vous pouvez d’ailleurs retrouver notre reportage à Xidius et moi-même. Pour info, nous comptons d’ailleurs y retourner fin Janvier prochain.

-La série télé de l’année est anglais, et c’est Misfits, diffusé sur la chaine E4. Cette série mélant humour anglais et super pouvoirs a su renouveler le concept du « super-héros » et surtout faire oublier le fiasco de la série Heroes.

2010 fut grandiose, et fut également l’année où je suis devenu le chef des lieux. J’espère que ce « nouveau » Absolute Zone vous plait au moins autant que « l’ancien ».

Marvel Boy

2010: Ce qu’on retiendra dans 10ans;

-Le film le plus attendu de l’année : Toy Story 3, qui a d’ailleurs comblé toutes nos attentes.

-La claque de l’année : The Social Network, de David Fincher, pour le jeu d’acteur excellent, la réalisation léché et la musique enivrante.

-La BD de l’année : Scott Pilgrim, de Bryan Lee O’Maley, un concentré de fun, de jeux vidéos et de Rock ‘n’ Roll.

-La série télé de l’année : Misfits, so trash, so british.

-Le coup de gueule de l’année : l’incapacité d’Universal Studios à promouvoir ses meilleurs films (cf Scott Pilgrim)

2011: des bons films de super-héros, un festival d’Angoulême réussi et plein de bonnes surprises en films, BDs et séries ?

Loun

2010 a été une année marquante à bien des égards. Je pourrais vous parler de Wikileaks, des guerres, d’Hadopi ou de la réforme de retraites, mais Absolute Zone est consacré à la culture, et j’ai choisi de rester dans un ton assez léger.

-La BD de l’année, selon moi, est Cadavre Exquis, de Pénélope Bagieu. Je m’attendais à tomber sur une histoire assez légère, comme on peut les lire sur son blog, mais cette BD est vraiment d’un style différent, étonnant.

-Le film de l’année, comme vous avez pu l’entendre dans mon podcast, est Inception. Du génie. Vraiment. Un film capable de remettre en questions des certitudes aussi basiques que « vivons nous vraiment ? ».

-L’album de l’année est une BO. Celle de Tron Legacy, par Daft Punk. Différent de l’aspect électro auquel le groupe nous avait habitué, et donc une déception pour de nombreux moutons… euh « fans » du duo Français, mais reste un chef d’oeuvre.

-La grosse claque de l’année est décernée à Avatar de James Cameron (et non pas de Georges Lucas, comme j’ai pu le dire dans mon podcast et encore une fois je suis DÉSOLÉE de cette méprise, j’avais la grippe toussa, bref PARDON !). Encore une fois, l’histoire est banale mais le film vaut le coup d’être vu, rien que pour l’aspect visuel.

-Enfin, dernier fait marquant de l’année dans mon petit monde culturel, le décès de l’acteur Leslie Nielsen. Parce qu’il n’y aura plus jamais de pilote dans l’avion, ni de flic pour sauver la reine, le monde et le président. En espérant que comme Dracula, il est mort et heureux de l’être.

Lecteurs (et auditeurs) d’Absolute Zone, je vous souhaite une bonne année. Avec mes meilleurs vœux.

Karine Trumper

Le cinéma a été marqué à mon goût par pas mal de choses cette année.. Et les exemples sont nombreux. Quitte à choisir, je parlerais juste du gros fuckage de Marvel avec ses projets avenir, qui me laissent presque tous perplexe et sans la moindre envie d’en voir plus.

Niveau musique, pour moi, l’événement de l’année est la séparation d’un de mes groupes de hardcore préféré : Have Heart. Une triste nouvelle, sachant que je n’aurai donc jamais pu les voir en live.

Pour ce qui est de la lecture, je dirai que ce qui me marque le plus, c’est evidemment la sortie française de l’incroyable série Sleeper de Brubaker et Phillips. Je l’ai attendu très longtemps, elle est arrivée, et je l’ai aimé comme jamais.

Evenement important qui n’en est peut être pas un mais que j’ai surement bien vécu parce que je suis arrivée à Paris au bon moment : Le Never Say Die tour. Gros festival hardcore à la programmation déjantée pour un show en france, c’est surement l’événement que je retiens le plus. Oui, ça, et rien de politico-intellectuello-culturel. Parce que je suis une fille hardcore tu vois. ;)

Et sinon, pour parler un peu de ma télé, je vais bien sur parler de Misfits, histoire d’être hyper originale. Parce qu’il fallait la faire, la série qui passe de la si bonne musique, qui parle si bien de l’adolescence, qui mêle superhéros et réalité, et qui soit aussi bien réalisée.

Voilà, merci encore à tous les lecteurs, à Leslie Palant, à Way to Blue, à tout plein de blogueurs qui se reconnaitront (jetez un coup d’œil sur la blogroll), à tous les rédacteurs sans qui Absolute Zone serait un peu beaucoup moins bien. Maintenant, cap sur 2011, en vous souhaitant qu’elle soit la plus heureuse possible ! Bonne année !

Toute l’équipe d’Absolute Zone.

11
Déc
10

Gets it together !

Ce n’est pas la première fois qu’on vous parle de Scott Pilgrim, que ce soit de la BD (chronique tome 2 et tome 3) ou le film (avec le coup de gueule de Loun sur la sortie française). Et ce mois ci, on en reparle, avec la sortie du tome 4 de la série, toujours aux éditions Milady Graphics.

A vrai dire, je ne sais pas trop comment commencer cette chronique tellement ce quatrième tome est riche. L’histoire ? Bon, l’histoire continue dans le même style que le début de la série, si difficile à définir. Dans les 3 premiers tomes, Scott Pilgrim s’est battu avec un pirate indien aux pouvoirs mystiques, un acteur/skateur connu et un bassiste végétalien. Dans ce nouveau tome, il va enfin prendre un peu de vacances à la plage après toutes ses péripéties, en compagnie de toute sa bande ; Ramona, Kim Pine, Knives, le Jeune Neil, Stephen Stills et Julie Powers (qui est pas vraiment son amie, mais enfin bref). Mais ces vacances, de courte durée, vont laisser place à un mois d’Aout particulièrement mouvementé pour le jeune canadien. Il va renouer des liens avec une ancienne amie, il va devoir trouver un job, sur la demande de Ramona, et affronter à la fois son 4ème ex mais également un mystérieux ninja. Voilà, en gros, ce que ce cher Pilgrim va affronter dans ce volume 4, qui est sans doute le plus mature et le plus épique de la série (du moins ce qui est déjà sorti en France).

Bryan Lee O’Malley continue donc l’histoire de cette bande de jeunes canadiens, histoire qui mêle toujours autant teenage movie et pure délire geek. Voir même plus qu’auparavant. Car là où le 3ème tome était quand même un peu plus centré sur l’histoire passée entre Scott et Envy, avec quelques combats à côté, ici, ces deux aspects du récit vont avoir une importance à peu près équivalente tout le long, avec à la fois une alternance entre scène d’action et scène calme, mais également un mélange des deux donnant des scènes de combats aux enjeux dramatiques importants, alors que, il faut bien le dire, les scènes de combats des premiers tomes n’avait pas de grands enjeux. Cet aspect donne une sorte d’homogénéité au contenu, là où dans les premiers tomes, on tiquait toujours lorsque des éléments fantastiques apparaissaient durant une scène tout ce qu’il y a de plus banale. Serait-ce dû à l’habitude ? Surement.

Parce qu’effectivement, l’histoire fait vraiment appel au passé de Scott, mais un passé que l’on connait. Dans le tome 3, le personnage clé de l’intrigue était Envy, ex de Scott dont on savait peu de choses sur elle, et que l’on découvrait tout du long. Dans ce tome 4, c’est le personnage Lisa Miller qui ressurgit du passé de Pilgrim. Pour ceux qui ne se souviennent pas, c’est une des premières amies de Scott au lycée, que l’on a découvert lors du flashback d’intro du tome 2. Un personnage quelque peu familier, d’autant plus sympathique que l’on avait remarqué lors de ce flash back la proximité entre elle est Scott. Sa présence va amener une certaine fraicheur au récit, et va être un « élément perturbateur » entre Ramona et Scott. Mais ce ne sera d’ailleurs pas le seule élément. Comme d’habitude, chaque tome = un evil ex. Et ici, l’evil ex est… une fille ! Une situation qui va mettre mal à l’aise notre jeune canadien, et qui va fragiliser encore un peu plus la relation entre nos deux tourtereaux. Et si tout cela ne suffisait pas, un ninja inconnu, pas si inconnu que ça, va se mettre à attaquer Scott en pleine rue et à le pourchasser. Tous ses éléments, de comédie romantiques et/ou des combats endiablés ,sont toujours utilisés avec justesse, ne tombant jamais dans la facilité (surtout avec le thème de l’homosexualité, qui peut très vite devenir cliché) et apportant une maturité aux personnages et au récit.

Une maturité et une évolution qui peuvent également se noter dans les planches de Brian Lee O’Malley. Après quelques pages en couleur, ma foie fort sympathiques, avec un joli hommage aux écrans titre des Sonic, les « habitudes graphiques » de la série reviennent, avec un style toujours très cartoon, épuré, simple et efficace, en noir et blanc, et de plus en plus maitrisés. Les traits sont plus continus, moins hésitants, les visages beaucoup plus ronds qu’auparavant et les scènes d’actions sont beaucoup plus dynamiques. Une évolution graphiques qui se rajoutent à tout les bons points déjà cités de ce volume, à savoir des personnages toujours aussi bien développés, une histoire mêlant habillement tous les genres de la série, comédie romantique, combats, action, fantastique, pour donner le meilleur des 4 premiers tomes. Rien que ça !

PS: le blog Awesome & Awesome, qui est en quelque sorte le blog-fan-club de Scott Pilgrim en France, vous propose un concours avec Milady Graphics pour gagner justement le T4. Allez y !
PS2: si vous cliquez sur l’image juste au dessus, où Scott dit qu' »Absolute Zone c’est cool », vous pourrez lire une courte histoire en couleur de Scott Pilgrim. C’est rien, ça me fait plaisir.

« Bigor wins the power of writing a blog ! »

24
Nov
10

Scott Pilgrim : une erreur de com’ pour la sortie en France

4 mois après sa sortie aux Etats-Unis, Scott Pilgrim vs The World débarque enfin dans les cinémas français… Quelques semaines après la sortie du film en DVD et Bluray ! Une erreur de communication qui pourrait entrainer un flop dans les salles obscures.

Le projet était prometteur. Adaptation des comics de Bryan Lee O’Malley, Scott Pilgrim Vs the world réunit un casting aguicheur : Michael Cera (Super Grave, Juno), Mary Elizabeth Winstead (Die Hard 4, Destination Finale 3) en héros, sous la direction d’Edgard Wright, et le réalisateur de Shaun of the Dead et Hot Fuz, le tout dans un film à l’ambiance directement inspirée des jeux vidéos de notre enfance. Les fans des comics, ceux des acteurs, ainsi qu’une bonne partie du monde geek attendaient le film avec impatience. En bref, la recette semblait idéale pour que ce soit un succès.

Là où le bat blesse, c’est au niveau de la distribution dans les salles en France. Dans un premier temps annoncée pour le mois d’octobre, pour des raisons (compréhensibles) de doublage, Universal a finalement repoussé la sortie au 1 décembre 2010, sans donner plus d’informations. D’après Alexandre Loos, corédacteur en chef d’Awesome & Awesome, explique le report de la façon suivante : « Ils ne savaient pas ce qu’ils avaient en main : ils n’étaient même pas au courant que les comics étaient édités en France. Ils ne connaissent pas le produit ». Autre problème : un manque de budget de communication-marketing. La promotion du film en France n’était donc pas leur priorité.

Qui ira voir Scott Pilgrim en France ?

A une semaine seulement du lancement du film dans les salles obscures françaises, le départ s’annonce déjà mauvais. Premièrement, le film ne sera diffusé que dans quelques dizaines de salles en France, majoritairement situées en région parisienne et banlieues : les personnes résidant en province risquent donc de ne pas pouvoir visionner le film au cinéma. Ensuite, le DVD et le Blu-ray, sortis le 9 novembre dernier, possèdent une version sous-titrée en français, disponible à l’import pour peu voir pas de frais. Sans compter bien sur les plateformes de téléchargement (légales ou non), sur lesquelles les fans, las d’attendre une sortie prévue pour les calendes grecques, se sont rués. Résultat, aujourd’hui la plupart de ceux qui attendaient le film ont déjà eu l’occasion de le voire. Si quelques fans irréductibles et autres curieux iront sans aucun doute voir le film au cinéma, mieux vaut ne pas attendre de surprise niveau box office. D’un des films les plus attendus de cette fin d’année 2010, Scott Pilgrim a chuté à la 25ème place du classement Allociné.

Loun




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