Posts Tagged ‘Milady Graphics

18
Jan
12

Locke & Key – La Couronne des Ombres

Locke & Key fut la grande surprise chez Milady Graphics. Pas vraiment attendu, avec une équipe artistique qui n’était pas très connu, malgré un scénariste partageant du sang avec un grand écrivain (Stephen King), le premier tome avait crée l’évènement, créant alors une attente de la suite. Et la suite, si encore une fois elle n’est pas nulle, restait assez brouillon, malgré une ambition scénaristique et graphique qui faisait plaisir. Ce troisième tome était alors attendu sans vraiment l’être. Et nom de Dieu, quelle erreur !

Scénario de Joe Hill. Dessins de Gabriel Rodriguez. Édité par IDW, publié en français par Milady Graphics. 14,90 €, sortie le 20 Janvier.
Le romancier à succès Joe Hill et le dessinateur prodige Gabriel Rodriguez vous invitent dans un monde de terreurs et de merveilles : Locke & Key. Et si surmonter ses peurs était aussi simple que de tourner une clé dans une serrure ? Les ténèbres se referment sur Keyhouse, le manoir de la famille Locke. Dodge poursuit son insatiable quête des mystérieuses clés de pouvoir et est prêt à tout pour les obtenir. Y compris à torturer ses anciens alliés et à assassiner ses ennemis. Bode, Tyler et Kinsey vont devoir mener seuls un combat désespéré pour leur survie.

Cette troisième mini-série, intitulée en anglais Crown of Shadows, a pour elle de succéder à une seconde mini-série assez brouillonne et confuse en terme de scénario, mélangeant les enjeux et arcs narratifs et perdant de ce fait le lecteur. Et cela, Joe Hill en a visiblement pris conscience puisque la première chose qui frappe à la lecture de cet ouvrage est la lisibilité incroyable des arc narratifs et l’évidence des enjeux. Pour cela, le scénariste décide de débuter sa série en traitant un arc narratif par épisode. Le premier se focalise sur Sam et Dodge, le second sur Kinsey et ses potes et le troisième un peu plus sur Tyler et Bode avant de débuter un mélange des intrigues. En faisant cela, Hill découpe son histoire afin de la rendre plus lisible et compréhensible. Chaque arc narratif avance, apporte avec lui de nouveaux enjeux de manière claire et précise. Cette démarche va, en plus, permettre au scénariste de clarifier la situation afin de se faire rencontrer, par la suite, tous les personnages, arcs narratifs et enjeux dans un final incroyablement maitrisé d’une incroyable cohérence.

D’autant que cette construction, au premier abord spéciale et étrange qui devient finalement incroyablement maligne, va permettre à Joe Hill de multiplier et mélanger les genres. Fantastiques, teenage movie, drame et enfin horreur, le scénariste signe ici une synthèse des genres et des leurs codes avec facilité déconcertante. Hill connait ses modèles et livre une série hybride dans ses influences et ses émotions. Là dessus, Hill se re-concentre encore plus sur son casting de personnages, les faisant avancer petit à petit vers le chemin de la rédemption et d’une vie meilleur pour mieux les replonger la tête la première dans le drame qu’est leur vie. En résulte un espoir continue pour le lecteur, voyant toujours la porte de sortie mais s’en éloignant de plus en plus.
Extrêmement intime sur la caractérisation des personnages, Hill n’en oublie pas le rythme et le «divertissement» de son œuvre, en multipliant les idées brillantes, en rapport aux clés et à leurs pouvoirs, permettant au récit de prendre par moment une dimension épique, sublimé par un dessinateur au sommet de son art.

Gabriel Rodriguez avait surpris tout le monde dans le premier tome de la série, avec des dessins d’une maitrise dans le trait et l’encrage dans un style assez cartoon mélangé à des couleurs ternes et dans les teintes sombres créant une ambiance glauque assez hybride, basculant du drame familiale au fantastique avec une facilité déconcertante. Dans le second tome, le bonhomme ajouté une nouvelle dimension à son dessin, notamment par le biais de la couleur, en nous offrant des planches remplies de couleurs, de plus en plus détaillées et précises, expérimentant son dessin et ses cadrages. Et bien dans le trois, le chilien nous fait un très joli mélange des deux. Etant donné le découpage de Joe Hill, et la différence d’ambiance entre chaque épisode, Rodriguez se met au service de l’histoire en adaptant son dessin, ses cadrages, son rythme et son story-telling au grès des volonté du fils King. Le tout soulignant une cohérence et encore une fois une maitrise de la planche à dessin. Tantôt sobre dans sa mise en page, avec une répétition du découpage sur plusieurs planches simplement mais très efficacement, tantôt grandiose et expérimentale dans sa mise en page et son story telling (l’exemple le plus parfait est une scène clé raconté en plusieurs pleines pages, impressionnantes, sans dialogues, ou uniquement les cadres et les détails de Rodriguez exprime ce qui se passe). Le tout, à l’instar du scénario, est d’une diversité mais d’une cohérence bluffante, livrant alors l’un de ses meilleurs travaux.

Sans allé jusqu’à dire que c’est un chef d’oeuvre, ce troisième tome de Locke & Key est une pure merveille, petite pépite comme l’industrie en possède quelques unes. Après un excellente et surprenant premier tome mais un moyen-bien et (trop) attendu second tome, Joe Hill et Gabriel Rodriguez balance la purée comme jamais avec un troisième tome grandiose et inespéré. La série est à son plus haut niveau, autant espéré qu’elle y reste.

Locke & Key & Bigor

12
Juil
11

Locke & Key – Casse-Tête

Le fiston de Stephen King, Joe Hill, nous avait bien surpris avec le premier tome de Locke & Key, une œuvre puissante, maitrisée, au potentiel de dingue. Le scénariste continue donc son histoire avec ce deuxième tome, censée développer encore plus cet univers fantastique reposant sur le concept des clés…

Scénarisé par Joe Hill et dessiné par Gabriel Rodriguez. Publié chez IDW (US) et Milady Graphics (FR)
Et si surmonter ses peurs était aussi simple que de tourner une clé dans une serrure ?
Après le drame qui a frappé leur famille, Kinsey et Tyler Locke cherchent du réconfort auprès de Dodge, leur nouvel ami. Mais ils sont loin d’imaginer les noirs secrets de son cœur. Pendant ce temps, leur petit frère Bode met la main sur une clé au pouvoir insoupçonnable. Un pouvoir qui pourrait bien leur coûter la vie.

L’une des premières qualités du tome 1 était la surprise. Il n’y avait aucune attente derrière ce titre, et il s’est révélé excellent, avec une maitrise de la narration incroyable et un mélange entre anciens codes du genre et originalité. Une grosse surprise qui, par conséquent, poussa les lecteurs à attendre avec impatience le deuxième tome. Et c’est ici son plus gros défaut.

En effet, Casse-Tête est en soit un bon tome. Le scénario creuse ici l’aspect fantastique de la Keyhouse, là où il était sous-jacent dans le premier tome. La découverte d’une nouvelle clé pousse les jeunes protagonistes à aller plus loin dans l’expérience que proposent les clés. Mais c’est le personnage de Dodge qui marque la présence constante du fantastique dans la vie des personnages. Même si le premier tome de la série nous avait peu à peu plongé dans un monde fantastique, ce changement de ton en surprendra plus d’un. Le récit est peut-être plus ambitieux, mais perd paradoxalement de son impact. La multiplication de personnages et d’enjeux peut perdre le lecteur, comme dans cet épisode final qui se focalise sur la relation entre Dodge et Ellie, mettant de côté la jeune famille Locke, et qui rajoute un élément fantastique pour le moins inattendu, qui chamboule nos connaissances de l’univers de la série.

Une ambition bien différente du premier tome, plus intimiste et plus percutant. Le problème qui se pose ici également, c’est la construction en « mini-série » de la série. Si le premier tome peut se lire tout seul, avec une fin (à peu près) fermée, le second tome (qui réunit la mini-série Locke & Key Head Games) apparait beaucoup trop dépendant de la suite. Donc au niveau de la finalité des enjeux, la lecture des tomes suivants apparait obligatoire. Ce qui est à la fois une qualité comme un défaut.

Mais attention à ne pas juger ce second tome de Locke & Key trop vite: ce second tome reste une très bonne lecture. Joe Hill, le scénariste, fait évoluer ses personnages dans un contexte très particulier, en mettant en contact leur psychologie avec la possibilité qui s’offre à eux. Mais c’est surtout dans la tension qui réside tout au long du récit que Hill montre tout son talent. Introduire (un peu rapidement, il faut dire) le personnage de Dodge comme ami fait peser une menace quasi constante, nous renvoyant constamment notre condition de spectateur, qui sait des choses que les personnages ne savent pas.

Outre les qualités scénaristiques de la série, ce second tome est également très bien dessiné. Gabriel Rodriguez, qui nous avez surpris dans le premier tome par sa maitrise et par son trait cartoon qui, avec les couleurs, donnait un résultat ultra agréable à l’œil mais assez malsain, nous refait le même coup ! Les personnages sont toujours aussi rond et cartoon, avec toujours cette ambiance froide, noir, glauque. Là où Rodriguez nous surprends, c’est lors des « ouvertures de tête », avec des pages ultra riche, avec pleins de détails. Le tout est homogène, maitrisé, et colle parfaitement à l’histoire. Joe Hill et Gabriel Rodriguez se sont bien trouvés.

Locke & Key: Casse-Tête est un second tome bâtard. A la fois réussi dans sa construction, son ambiance et ses graphismes mais quelques peu décevant quant aux attentes qu’il a généré et son ambition, qui le place plus comme un tome d’introduction au suivant plus qu’à une suite du premier. Il faudra lire la suite pour se faire une réelle idée de sa place, et pour voir si elle est à la hauteur de ses ambitions et des attentes.

Bigor & Key

20
Mai
11

Grandville Mon Amour

En ce mois de Mai où l’on fait ce qu’il nous plait, Milady envoie le paquet pour nous régaler d’excellentes BD ! Après un Supergod tout en symbolique et questionnement sur l’homme et sa conception du super-héros, voici le second tome de Grandville, intitulé Mon Amour.

Paris tremble. Le serial killer Mad Dog s’est échappé le jour même de son exécution. Et il n’a qu’une idée en tête : se venger de son ennemi juré, l’inspecteur LeBrock ! Epaulé par son amie le détective Ratzi, le fameux inspecteur de Scotland Yard va suivre la trace sanglante du tueur fanatique dans les rues sombres du Paris de la Belle Epoque.

Mon Amour est donc la suite direct du premier tome (chroniqué ici) et présente d’emblée, après un élément perturbateur relativement classique, un LeBrock complètement déprimé, cassé par les évènements tragiques du premiers. Mais ce dernier, ainsi que Ratzi, vont partir enquêter sur cette affaire qui va soulever énormément de roches qui cachent des anguilles. En effet, Mad Dof n’est pas un simple criminel, mais c’était un résistant durant l’invasion de l’Angleterre par la France. Ce donc les fondements de cette Angleterre, très steampunk et fantasmé, libéré du joug français, qui vont être ébranlé.

Comme pour le premier Granville, Sir Bryan Talbot nous passionne pour son duo de personnage, sorte de Sherlock Holmes et Watson animaux, avec une enquête rudement bien mené qui, dans son déroulement, ne réserve pas de grande surprise, mais qui se termine en apothéose. Le scénariste creuse encore l’univers mis en place en évoquant son passé peu glorieux et développe la psychologie de ses personnages, rendant LeBrock d’autant plus vulnérable que dangereux. Le tout, sans révolutionner le genre, reste extrêmement plaisant à lire. La représentation des personnages en animaux rend encore plus fantasmagorique l’histoire et l’univers, faisant plonger le lecteur dans un imaginaire riche de références.

Si Talbot n’est pas un génie du scénario, il en est un pour ce qui est du découpage et de la narration. Les planches sont sublimes, avec un dessin très cartoon combiné à des couleurs sombres, qui donne un ensemble très chiadé, qui donne une atmosphère très XIXème et steampunk à l’ensemble. De plus, la mise en page et le découpage sont exemplaires, le rythme est ultra efficace, tantôt donnant une impression de flottement lors de balades à Paris, tantôt donnant une impression de vitesse, de course contre la montre. Quant à l’édition, elle est très soignée, comme d’habitude chez Milady. On regrettera juste l’absence de bonus plus conséquents que deux pages en fin de volumes

Grandville Mon Amour est donc une excellente BD d’aventure et d’enquête, avec une bonne intrigue et de sublimes dessins. Ça ne se prends pour ce que ça n’est pas, c’est simple, beau et efficace.

Grandbigor

13
Mar
11

Scott Pilgrim VS. The Universe

Après avoir combattu le monde, à la fois sur papier et sur pellicule, Scott Pilgrim revient pour se frotter à l’univers ! Le 5ème tome des aventures du jeune canadien, et de sa bande, sort le 18 Mars, toujours aux éditions Milady Graphics. Avant-dernier round donc, qui réserve, comme à chaque fois, son lot d’excellentes surprises. Parce qu’il faut dire que ce tome là, il est costaud !

Ce cinquième tome, qui prend logiquement la suite directe du 4ème, s’ouvre sur la fête d’anniversaire de ce cher Scott Pilgrim, qui fête ses 24 ans. A partir de ce moment là, tout va s’enchainer très vite pour le jeune canadien : fêtes chez Julie, combats contre des robots, embrouilles avec son groupe les Sex Bob-Omb, et rencontre avec les frères Katayanagi (le cinquième et sixième evil-ex, qui sont jumeaux). Et comme si la situation n’était pas assez sulfureuse, Ramona est de plus en plus mystérieuse et distante avec ce pauvre Scott, éperdument amoureux… Mais qui va regretter ses erreurs passées. Un tome qui va donc amener la relation entre Ramona et Scott à un nouveau stade. Car plus qu’une BD qui mélange histoire romantique et éléments issus de la pop culture, ce 5ème tome est une véritable claque, qui traite avec une justesse incroyable les rapports humains et qui oscille toujours entre drame et fun, en dosant parfaitement chaque partie jusqu’à une symbiose et une synthèse presque parfaite.

Depuis le premier tome, nous avons pu observer l’évolution d’un artiste : Bryan Lee O’Malley, que ce soit scénaristiquement ou graphiquement. Le premier tome posait les bases d’une histoire et d’un univers, ou plutôt un melting-pot d’univers, qui se voulait une comédie romantique à base de fight dantesque. Et à chaque tome, O’Malley trempait de plus en plus les pieds dans des thématiques intéressantes, comme la séparation (T3), plutôt bien traité la plus part du temps, mais toujours avec un certain recule, comme si il avait peur d’aborder ces thèmes là, ou qu’il n’en était ni capable, ni légitime. Mais c’est lors du tome 4 que l’auteur a développé d’avantage les rapports conflictuels entre ses personnages, avec notamment le personnage de Lisa ou la 4ème evil-ex, avec justesse. Et ce 5ème tome fait preuve de la même chose, mais avec encore plus de brio pour transmettre des émotions. L’artiste a visiblement enfin pris ses aises, s’est décomplexé, et ainsi, se permet de passer de romantique à dramatique.

L’un des éléments important de ce tome, et qui témoigne de cette maturité, et le traitement des éléments fantastiques du récit. Car finalement, là où les premiers tomes mettaient l’accent sur ces éléments là, cet avant-dernier tome les met en retrait, comme si cela était devenu complètement banal pour les personnages et le lecteur. On sentait déjà cette transformation dans l’équilibre du récit dans le 4ème tome, mais c’est d’autant plus marqué dans cet épisode là, puisque, par exemple, les combats contre des robots sont mis en arrière plan. Et cela, pour laisser une plus grande place à la dramaturgie et aux personnages de l’histoire.

Des personnages encore plus au cœur d’une intrigue développant une psychologie encore plus dense et complexe qu’auparavant et un traitement des rapports humains juste et incroyablement vrai. Chaque personnage évolue de manière presque logique, évidente, et donc forcement vraie, donnant un portrait assez saisissant de la génération dont il est question (celle qui a aujourd’hui entre 20 et 35 ans). Ainsi, chaque personnage va donc prendre une place plus ou moins importante dans l’histoire, avec notamment l’exemple du personnage de Kim (dont je suis officiellement amoureux) qui va devenir un élément moteur du trio Ramona/Scott/Kim, qui va permettre de traiter des thèmes comme, entre autre, l’amitié.

Et c’est justement cette évolution logique des rapports humains qui va légitimer la remonté d’une problématique posée par le tome 1 et jamais réabordé jusqu’à maintenant. Une problématique qui va être à l’origine du morcèlement de la relation entre Scott et Ramona, qui va donc devenir l’élément dramatique principal de l’œuvre. Un élément qui, sans spoiler, sera très bien mené, et qui fait de ce tome l’un des plus beau tome de la série, émouvant, touchant et limite bouleversant dans sa conclusion.

Cette synthèse presque parfaite entre le côté fun et le côté dramatique de l’histoire, en fait une œuvre homogène. Car si pour l’instant, tout ce que je dis donne l’impression que ce tome est axé uniquement sur le drame, il n’en est rien. L’histoire est toujours aussi blindé de références (Zelda pour n’en citer qu’une) et est toujours un plaisir à lire, avec une bonne dose d’humour et de délires (si vous aimez les robots, vous allez être servis). Mais il est vrai que ses éléments sont relativement moins important, et plus subtilement introduits, afin de rééquilibrer le dosage entre l’humour et les éléments dramatiques, qui font au final de Scott Pilgrim une brillante comédie romantique et dramatique.

Nous parlions d’évolution et de maturité précédemment, et on peut constater que celles-ci se récentes aussi très clairement graphiquement dans ce 5ème tome, comme dans le 4ème également. Si de la première à la dernière page de ce dernier, nous voyions cette évolution, le tome 5 la confirme, ce qui rend le tout beaucoup plus cohérent visuellement. Les formes et visages sont plus ronds, les combats plus dynamiques (aidé par les onomatopée et autres effets de vitesse), ce qui donne un aspect encore plus cartoony qu’auparavant. L’œuvre est donc magnifique, avec un trait épuré, donnant aux planches une apparante simplicité, alors que ce n’est absolument pas le cas. Pour conclure, on constate que le mélange d’influences américaines et japonaises est encore plus assumé, et que le format est toujours aussi idéale. A noter une seule petite chose regrettable, c’est que la couverture de l’édition française ne brille pas, contrairement à celle de l’édition US, tout shinny ! Mais que ça ne vous empêche pas de sauter sur la magnifique traduction de Philippe Touboul (Arkham) !

Encore une fois, Scott Pilgrim nous surprends. Pourtant, chaque tome est une excellente surprise, qui confirme petit à petit le talent de son auteur, Bryan Lee O’Malley. Aujourd’hui, à la lecture ce 5ème tome des aventures d’un jeune canadien qui se bat (littéralement) pour garder sa copine, son talent n’est plus à prouver, tant se dernier arrive à véhiculer et transmettre des émotions forte avec modestie, humour et justesse. On attend avec une énorme impatience la publication du 6ème (et dernier tome) de la série, qui fera son apparition le 24  Juin prochain. En attendant, jetez vous sur cet album, et si vous ne connaissez pas la série, vous avez jusqu’à Vendredi pour ratrapper votre retard, date de sortie de ce 5ème tome, Scott Pilgrim VS. The Universe !

Antoine Pilgrim VS. The Bigorneau

 

 

(PS: au fait, le film Scott Pilgrim VS. The World, d’Edgar Wright, sort le 5 Avril en DVD et Bluray. Pas besoin de vous dire que ce film est une tuerie cosmique et qu’il faut absolument l’acheter pour bien montrer à Universal la monumentale erreur de leur distribution en salle, hein ?)

01
Jan
11

Top 5 des évènements marquants de 2010 !

Ah, 2010. Dire que dans quelques temps, ce ne sera qu’un lointain souvenir… Cette année à quand même était riche, ultra riche, que ce soit au niveau culturel qu’au niveau actualité. C’est pour cela que nous vous proposons un listing par rédacteurs des 5 évènements/œuvres qui ont marqué notre année 2010.

Bigorneau

-L’album de l’année, c’est la bande originale du film de The Social Network, composé par Atticus Ross et Trent Reznor, fondateur de Nine Inch Nails, qui colle parfaitement à l’ambience du métrage, appuyant par moment la solitude ou la froideur du personnage principal.

-La bande déssiné de l’année est Parker Le Chasseur de Darwyn Cooke. Publié chez Dargaud en France, cette adaptation du roman de Richard Stark est d’autant plus passionante et prenante que sublimement mis en dessin, avec des planches à coupé le souffle, ne faisant que confirmer une énième fois le talent monstre de l’artiste.

-La grosse (double) claque cinématographique est française et revient aux films Les Petits Mouchoirs, de Guillaume Canet, film choral maitrisé, drôle et touchant, ainsi que A bout portant, de Fred Cavayé, thriller policier au rythme effrené.

-L’évènement de l’année est sans contest le 37° festival d’Angoulême. C’est la première année que je m’y rends, et je suis tombé amoureux de la ville. Vous pouvez d’ailleurs retrouver notre reportage à Xidius et moi-même. Pour info, nous comptons d’ailleurs y retourner fin Janvier prochain.

-La série télé de l’année est anglais, et c’est Misfits, diffusé sur la chaine E4. Cette série mélant humour anglais et super pouvoirs a su renouveler le concept du « super-héros » et surtout faire oublier le fiasco de la série Heroes.

2010 fut grandiose, et fut également l’année où je suis devenu le chef des lieux. J’espère que ce « nouveau » Absolute Zone vous plait au moins autant que « l’ancien ».

Marvel Boy

2010: Ce qu’on retiendra dans 10ans;

-Le film le plus attendu de l’année : Toy Story 3, qui a d’ailleurs comblé toutes nos attentes.

-La claque de l’année : The Social Network, de David Fincher, pour le jeu d’acteur excellent, la réalisation léché et la musique enivrante.

-La BD de l’année : Scott Pilgrim, de Bryan Lee O’Maley, un concentré de fun, de jeux vidéos et de Rock ‘n’ Roll.

-La série télé de l’année : Misfits, so trash, so british.

-Le coup de gueule de l’année : l’incapacité d’Universal Studios à promouvoir ses meilleurs films (cf Scott Pilgrim)

2011: des bons films de super-héros, un festival d’Angoulême réussi et plein de bonnes surprises en films, BDs et séries ?

Loun

2010 a été une année marquante à bien des égards. Je pourrais vous parler de Wikileaks, des guerres, d’Hadopi ou de la réforme de retraites, mais Absolute Zone est consacré à la culture, et j’ai choisi de rester dans un ton assez léger.

-La BD de l’année, selon moi, est Cadavre Exquis, de Pénélope Bagieu. Je m’attendais à tomber sur une histoire assez légère, comme on peut les lire sur son blog, mais cette BD est vraiment d’un style différent, étonnant.

-Le film de l’année, comme vous avez pu l’entendre dans mon podcast, est Inception. Du génie. Vraiment. Un film capable de remettre en questions des certitudes aussi basiques que « vivons nous vraiment ? ».

-L’album de l’année est une BO. Celle de Tron Legacy, par Daft Punk. Différent de l’aspect électro auquel le groupe nous avait habitué, et donc une déception pour de nombreux moutons… euh « fans » du duo Français, mais reste un chef d’oeuvre.

-La grosse claque de l’année est décernée à Avatar de James Cameron (et non pas de Georges Lucas, comme j’ai pu le dire dans mon podcast et encore une fois je suis DÉSOLÉE de cette méprise, j’avais la grippe toussa, bref PARDON !). Encore une fois, l’histoire est banale mais le film vaut le coup d’être vu, rien que pour l’aspect visuel.

-Enfin, dernier fait marquant de l’année dans mon petit monde culturel, le décès de l’acteur Leslie Nielsen. Parce qu’il n’y aura plus jamais de pilote dans l’avion, ni de flic pour sauver la reine, le monde et le président. En espérant que comme Dracula, il est mort et heureux de l’être.

Lecteurs (et auditeurs) d’Absolute Zone, je vous souhaite une bonne année. Avec mes meilleurs vœux.

Karine Trumper

Le cinéma a été marqué à mon goût par pas mal de choses cette année.. Et les exemples sont nombreux. Quitte à choisir, je parlerais juste du gros fuckage de Marvel avec ses projets avenir, qui me laissent presque tous perplexe et sans la moindre envie d’en voir plus.

Niveau musique, pour moi, l’événement de l’année est la séparation d’un de mes groupes de hardcore préféré : Have Heart. Une triste nouvelle, sachant que je n’aurai donc jamais pu les voir en live.

Pour ce qui est de la lecture, je dirai que ce qui me marque le plus, c’est evidemment la sortie française de l’incroyable série Sleeper de Brubaker et Phillips. Je l’ai attendu très longtemps, elle est arrivée, et je l’ai aimé comme jamais.

Evenement important qui n’en est peut être pas un mais que j’ai surement bien vécu parce que je suis arrivée à Paris au bon moment : Le Never Say Die tour. Gros festival hardcore à la programmation déjantée pour un show en france, c’est surement l’événement que je retiens le plus. Oui, ça, et rien de politico-intellectuello-culturel. Parce que je suis une fille hardcore tu vois. ;)

Et sinon, pour parler un peu de ma télé, je vais bien sur parler de Misfits, histoire d’être hyper originale. Parce qu’il fallait la faire, la série qui passe de la si bonne musique, qui parle si bien de l’adolescence, qui mêle superhéros et réalité, et qui soit aussi bien réalisée.

Voilà, merci encore à tous les lecteurs, à Leslie Palant, à Way to Blue, à tout plein de blogueurs qui se reconnaitront (jetez un coup d’œil sur la blogroll), à tous les rédacteurs sans qui Absolute Zone serait un peu beaucoup moins bien. Maintenant, cap sur 2011, en vous souhaitant qu’elle soit la plus heureuse possible ! Bonne année !

Toute l’équipe d’Absolute Zone.

29
Déc
10

Locke & Key – Bienvenue à Lovecraft

Il arrive de ne pas être du tout attiré par une œuvre, quelle qu’elle soit. Et c’était le cas ici avec Locke & Key. La couverture ne m’attirais pas plus que ça, les noms sur la couverture me disais rien et même en feuilletant vite fait, le dessin me disais pas grand chose. Et puis j’ai lu des bonnes critiques, voir même de très bonne. Intrigué, j’ai donc lu ce bouquin. Et il se trouve que j’avais tort, sur toute la ligne. Chronique de cette belle surprise !

Locke & Key: Bienvenue à Lovecraft raconte l’histoire de la famille Locke, composée du père, de sa femme, et de leurs 3 enfants, qui va vivre un terrible drame. Deux jeunes délinquants, élèves dans le lycée où le père de famille travail comme conseiller d’orientation, vont violemment assassiner ce dernier. Par chance, les enfants et leur mère ont réussi à neutraliser les deux jeunes tueurs. Suite à ce tragique évènement, la petite famille va partir habiter à Lovecraft, dans l’ancienne maison du père, appelée Keyhouse, où ils espèrent reconstruire un semblant de vie. Seulement, la maison cache des secrets quelques peu étranges…
Vous l’aurez compris, l’histoire n’est pas très joyeuse, et ne va pas le devenir avec le temps. Le scénariste Joe Hill, fils du non moins célèbre Stephen King, écrit une histoire mêlant habillement drame humain et codes du récit fantastique et horrifique, créant ainsi une ambiance glauque, à la limite du malsain. Le scénariste met en scène ici une famille brisée, en s’intéressant plus particulièrement aux 3 enfants, Tyler, Bode et Kinsey, qu’à leur mère. Tyler et Kinsey, frère et soeur, et aînés des 3, vont, tout au long de l’histoire, évoluer, faire le deuil de la mort de leur père, et ainsi aborder cette nouvelle vie qui s’offre à eux, tandis que c’est sur Bode que va se reposer tous l’aspect découverte de la maison. Etant le plus jeune, et donc le plus inconscient et insouciant, il va allé de découverte en découverte dans cette maison qui va révéler peu à peu quelques uns de ses secrets. Partant donc d’un drame tout ce qu’il y a de plus normal (dans le sens où il n’y aucun éléments fantastique qui rentre en jeu dès le début), l’histoire va petit à petit virer dans le fantastique, justement grâce au jeune Bode, pour au final devenir un mixe parfait des deux, violent et dérangeant. Et c’est cette montée crescendo de l’ambiance et du rythme, parfaitement maitrisée par l’auteur de 20th Century Ghosts, récompensé mainte et mainte fois, qui fait la force de ce comic book.

Mais ce serait oublier une grosse qualité de l’œuvre que d’omettre le travail de Gabriel Rodriguez. Le dessinateur Chilien signe ici des dessins maitrisés, au style à la fois cartoony, dans la forme des visage, mais également assez sombre, avec un joli travail sur les ombres et l’encrage. Des planches maitrisées, avec certains cadrages très réussi et un story telling clair; la partie graphique sublime l’ambiance glauque du récit, grâce également aux couleurs de Jay Fotos, ternes, pâles, froides. Toute fois, même si l’histoire tiens en haleine, et que les dessins sont efficaces, le tout n’a rien de très originale. Sans être un gros défauts, les amoureux du genres ne seront peut-être pas surpris et retrouveront des codes et des ficelles du genres mainte et mainte fois utiliser. D’autant plus que cet introduction à l’univers (il ne faut pas oublier que c’est un premier tome, et non une histoire en one hot) ne creuse pas suffisamment l’aspect fantastique et toutes les possibilités de la maison, du moins à mon gout. Une erreur qui, je l’espère, sera réparé au prochain tome. Au delà de cet couverture qui pourrait en repousser plus d’un (moi le premier), Locke & Key: Bienvenue à Lovecraft n’en reste pas moins une jolie surprise, un très premier tome qui réussi à introduire les personnages, et qui ne donne envie que d’une chose : lire la suite.

Locke & Key: Bienvenue à Lovecraft – scénarisé par Joe Hill et dessiné par Gabriel Rodrigez – publié aux éditions Milady Graphics.

Locke &
Bigor




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