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12
Déc
11

Au pays de la dystopie #3: Battle Royale

L’histoire de base de Battle Royale ressemble à celle de Hunger Games. Pour empêcher le soulèvement des populations, le gouvernement japonnais désigne chaque année une classe d’élèves de 3ème, qui doivent se battre à mort sur une île jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un survivant. En revanche, Battle Royale est nettement plus trash et sanglant.  Âmes sensibles s’abstenir.

Battle Royale: le film

Synopsis: Dans un avenir proche, les élèves de la classe B de 3ème du collège Shiroiwa ont été amenés sur une île déserte par une armée mystérieuse. Un adulte surgit tout à coup devant eux : leur ancien professeur Kitano. Il leur annonce qu’ils vont participer à un jeu de massacre dont la règle consiste à s’entretuer. Seul le dernier des survivants pourra regagner son foyer. Kitano leur présente deux nouveaux élèves très inquiétants. Des coups de feu retentissent pour convaincre les incrédules. Selon la loi de réforme de l’éducation pour le nouveau siècle, ce sacrifice permettra de former des adultes sains. Abandonnés chacun à son sort avec de la nourriture et une arme, les adolescents disposent d’un délai de trois jours pour s’entretuer.

Le film de Kinji Fukasaku, sorti en 2000, porte sur un thème innovant : rares sont les réalisateurs à oser mettre en scène des enfants / adolescents s’étripant joyeusement, qui plus est dans une satyre de gouvernement autarcique et tyrannique.

Interdit aux moins de 16 ans (et on comprend pourquoi !), Battle Royale est un film sanglant (dans lequel on voit aussi bien des massacres à l’arme blanche qu’à mains nues, sans parler des empoisonnements et des exécutions à la mitrailleuses. Passé cet aspect peu ragoûtant (on avait dit aux âmes sensibles de s’abstenir…), le film est réellement prenant, et on se met facilement dans la peau des deux héros, Shûya et Noriko, et de l’anti-héros Kawada (je n’en dirais pas plus sur lui histoire de ne pas jouer les spoiler).

Entre adultes démissionnaires et adolescents engagés, scènes de massacres et musique classique, Battle Royale est un film où règnent en maître les oppositions. Et soyons honnêtes, il n’y avait vraiment que les japonais pour créer ça.

Battle Royale: le livre

Le roman de Koshun Takami, dont est inspiré le film, est sorti en France bien après celui-ci (ce qui explique le fait qu’il est nettement moins connu), puisqu’il n’a été édité en français qu’en 2006.

A mon habitude (vous commencez à le savoir), j’ai préféré le livre au film (même si ce dernier est plein de qualités). L’histoire est légèrement différente, notamment au niveau des personnages, mais la ligne reste la même. Encore une fois, je déconseille aux âmes sensibles et aux esprits trop imaginatifs de lire ce livre. Car tout comme le film, il est sanglant à souhait. Attention, on ne parle pas ici d’un petit bouquin mais d’un véritable pavé de 625 pages d’actions et de descriptions toutes plus réalistes les unes que les autres. On pourrait presque le qualifier de livre parfait au niveau de l’intérêt : pas une minute d’ennui sur 625 pages, c’est tout de même un exploit.

Le gros point fort du livre viens justement de ces descriptions, très complètes, qui donnent une réelle saveur au livre et permettent au lecteur de se plonger dans l’histoire comme s’il était face à un film : on pourrait presque voir les gouttes de sang couler des pages.

Battle Royale: le manga

Et pour garder le meilleur pour la fin, je termine cette chronique par les mangas inspirés du livre Battle Royale. Personnellement, c’est ainsi que j’ai découvert l’histoire, avant de voir le film, puis de lire le livre, et c’est sans aucun doute le support que j’ai préféré.

Les dessins sont réalisés à la perfection, même si, d’après moi, ils vieillissent les personnages qui sont sensés être des adolescents. A part ce petit bémol, le manga réuni toutes les qualités pour en faire un succès : violence extrême (encore pire que dans le film et dans le livre), sexualité trash (deux ou trois volumes peuvent être assimilés à des mangas pornographiques)… Le support dessiné fait que les deux auteurs peuvent se permettre toutes les libertés. 15 tomes tous plus prenants les uns que les autres.

Voilà, c’est tout pour cette fois, félicitations à tous les courageux qui ont pris la peine de lire cet article jusqu’au bout. On se retrouve dans deux semaines pour parler d’un virus qui s’attaque aux livres, dans un monde futuriste peuplé de cyborgs !

Loun Royale

08
Déc
11

Critique: Mission: Impossible – Protocole Fantôme

Cette fin d’année ciné est surement l’une des plus riches que l’on ait vu depuis un petit moment. Steven Spielberg, Nicolas Winding Refn, George Clooney, Michel Hazanavicius, George Miller, Martin Scorsese et… Brad Bird. Bien connu dans le monde de l’animation (ayant signé des chef d’œuvres tels que Le Géant de Fer ou Les Indestructibles), il ramène sur le devant de la scène un grand personnage des films d’actions contemporains, Ethan Hunt, dans le 4ème volet de ses missions impossibles. Et c’est Jean-Victor qui a rempli celle de vous donner son avis sur le film.

Réalisé par Brad Bird. Avec Tom Cruise, Jeremy Renner, Paula Patton et Simon Pegg. En salle le 14 Décembre 2011.
Impliquée dans l’attentat terroriste du Kremlin, l’agence Mission Impossible (IMF) est totalement discréditée. Tandis que le président lance l’opération « Protocole Fantôme », Ethan Hunt, privé de ressources et de renfort, doit trouver le moyen de blanchir l’agence et de déjouer toute nouvelle tentative d’attentat. Mais pour compliquer encore la situation, l’agent doit s’engager dans cette mission avec une équipe de fugitifs d’IMF dont il n’a pas bien cerné les motivations…

En 3 films et une décennie, la saga Mission : Impossible s’est imposée comme une solide franchise dans le domaine du cinéma d’action/espionnage, s’installant directement aux côtés de James Bond et d’un autre nouveau venu, Jason Bourne. La spécificité de la série se situe au niveau de la mise en scène puisque si Tom Cruise reste le garant de la franchise et y occupe ardemment son rôle de producteur, il a pris un réalisateur nouveau à chaque film pour laisser celui-ci poser sa patte afin d’obtenir continuellement un style unique et différent, en accord avec son temps.
Une logique très louable et qui s’est révélé utile quand on voit combien les 3 opus sont variés, malgré une qualité variable.
Car excepté un premier opus ultra solide et dernier témoin de la maestria de Brian de Palma, la suite était d’un tout autre niveau, à commencer par un John Woo décérébré et poseur qui faisait son taff en guise de blockbuster ultra régressif tandis que J.J Abrams nous avait bien montré durant 2 heures qu’il venait du monde de la télévision.
Du coup, était-ce bien utile de relancer la machine pour une quatrième mission ?
Cela ne tenait qu’à un seul homme…

Prendre Brad Bird en réalisateur pour ce quatrième film était un choix atypique, mais pas étonnant.
Quoi de plus logique après avoir donné le 3ème volet à un « surdoué » de la télévision que d’offrir ce Ghost Protocol à un surdoué de l’animation dont c’est le premier film live ?
L’opération était fort alléchante quand on se souvient avec grand plaisir combien l’homme a mis tout le monde sur le derrière en réalisant les Indestructibles, qu’on peut considérer comme le meilleur film de super héros jamais fait. Il faut surtout se rappeler de ses incroyables scènes d’action et de ses poursuites fabuleuses dans la jungle, le film empruntant aussi fortement au cinéma d’espionnage et à la saga 007 auquel il rendait un vibrant hommage avec l’île sur laquelle se situait le cœur de l’action. Etait-ce suffisant à Bird pour prendre les rênes de ce Protocole Fantôme sans se faire bouffer par Cruise ou les nouveaux scénaristes d’Abrams ? Oui, oui et mille fois sommes nous tentés de dire quand on voit combien le réalisateur imprime la pellicule de sa marque, en opérant déjà un retour aux sources plus que bienvenue. Plutôt que de partir dans un style très tranché à l’instar de ces deux prédécesseurs qui avaient vite trouvés les limites de leurs concepts, l’ancien membre de Pixar a bien compris une chose : c’est Mission Impossible !
Pas question de tomber dans un réalisme poussé ou d’en faire trop à coups d’explosions dans tous les sens, le but étant de livrer un savant mélange d’action, d’humour et d’espionnage afin que le divertissement soit optimal.


C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Du moins, c’est ce que nous prouve Brad Bird qui n’hésite pas une seule seconde à plonger son film dans l’espionnage old school.
Certains auront l’impression d’être devant un vieux James Bond tant au fond, on a déjà vu ça 1000 fois. Voici donc que les méchants russes ont organisés un complot machiavélique visant à contrôler le monde et à le réduire en poussière en lançant ni vu ni connu une petite ogive nucléaire pour enclencher une troisième guerre mondiale expéditive. Échanges de documents en pagaille, gadgets multiples, retournements de vestes en folie ou encore tueuses aussi belles que fatales, pas de doute : on est dans de l’espionnage à l’ancienne, renouant avec cette bonne vieille guerre froide.
Tout ça pourrait être mortellement ennuyant si Brad Bird ne prenait pas un malin plaisir à revisiter ce genre d’histoire connu de tous en exploitant le filon à 300%.
En choisissant d’assumer ce côté rétro et d’y aller à fond, Bird et son équipe nous rappelle à quelle point c’est bon d’avoir à faire à des histoires aux enjeux aussi clairs et sans fioriture du type « Les Agents sont avant tout des êtres humains » ou autre. On est ici pour jouer au chat et la souris, dans une série de situations retords et tendues comme pas deux, galvanisées par les idées géniales d’un metteur en scène comme un poisson dans l’eau.


Tout ça n’est qu’un terrain de jeu pour Bird, qui livre une série de moments de bravoure absolument réjouissants et malins. Phases d’infiltrations sous très hautes surveillances, séquences de voltiges dans lesquels le moindre geste peut être fatal, poursuites haletantes ou bastons bien vénères, tout y est. La réussite du film tient d’ailleurs dans le fait que Bird a plus que jamais retrouvé l’essence de la saga et livre un Mission : Impossible pur jus, d’un équilibre incroyable dans sa structure et ne cédant jamais trop à une facette ou une autre.
Le clou du spectacle, et exemple le plus représentatif, est la séquence de Dubai, dans laquelle nos agents doivent intercepter des codes durant une vente dans la plus haute tour du monde. En 20 minutes de film, c’est un véritable festival : d’abord Tom Cruise escalade la tour puis doit redescendre en vitesse pour pouvoir permettre un hack de serveur, avant d’assister à deux rencontres en quiproquos durant lesquelles le va et vient constant entre les deux scènes fait grimper la tension au plafond, pour ensuite finir dans une poursuite en voiture dans une tempête de sable, la non visibilité du lieu faisant gronder le danger. Un florilège du programme attendu qui autant dans sa rythmique ciselé que dans sa mise en scène spectaculaire se révèle extrêmement plaisant, absorbant totalement le spectateur.
Il faut dire qu’au-delà même de mettre en scène des séquences délirantes et constamment inventives, Brad Bird les emballe de fort belle manière. Il faut voir Tom Cruise escalader cette tour hallucinante pour le croire (seul un plan est doublé par un cascadeur !), la séquence se révélant d’une lisibilité folle à une telle altitude, se permettant des mouvements de caméras vertigineux et des angles anxiogènes, que le format IMAX ne fait qu’accroître. Authentique et bluffante, ce passage renvoi à la poubelle le balancier et ses fonds verts cracra du 3ème pour s’inscrire dans la trempe du passage suspendu mythique du premier épisode, tout comme le reste du film qui n’oublie pas un seul instant qu’il appartient à une saga déjà bien établie.


Brad Bird sait qu’il tient un héritage sur ses épaules, et y rend un hommage singulier en allant piocher le meilleur des opus passés. Sans aller dans la pose racoleuse et clipesque du 2ème épisode, ce Ghost Protocol s’autorise des moments de folies pures, avec cette tempête de sable surréaliste et utilisant le numérique avec ingéniosité ou un combat final sur plusieurs niveaux renvoyant à la logique verticale singulière à la franchise.
Sans tomber dans le pseudo réalisme du 3ème et sa romance faisandée, Bird et ses scénaristes n’oublient jamais le passé d’Ethan Hunt et l’intègre intelligemment dans l’intrigue.
Enfin, et c’est le symbole le plus flamboyant de cette réussite, on retrouve enfin l’esprit d’équipe cher au premier épisode. Le groupe composé par Cruise, Paula Patton, Jeremy Renner et Simon Pegg fait des étincelles et trouve une dynamique qui lui est propre, n’hésitant pas à amener de l’épaisseur, du background et du mystère aux 3 membres de l’équipe à l’importance notable.
Cruise ne s’accorde plus tous les mérites, et laisse la place à Renner pour poser son charisme incroyable, à Patton pour apporter une touche féminine appréciable et à Pegg pour donner une légèreté juste et ne désamorçant jamais la tension des scènes, bien au contraire.
Cerise sur le gâteau, Bird s’amuse avec les mécaniques habituelles des Mission Impossible et utilise la situation de fugitifs de ses héros pour donner une raison à leurs faits et gestes, les bougres étant parfois obligés de passer par des méthodes peu conventionnels étant donné qu’ils ne disposent plus du matériel habituel. Ainsi, ils ne pourront par exemple plus faire les fameux masques de la série, utilisés par le passé pour alimenter à maintes reprises des twists devenus prévisibles et qu’il était bon de balancer un peu par-dessus bord. Ces mises en difficulté pimentent d’ailleurs le film tout du long, notre équipe n’étant pas à l’abri de l’échec ou des blessures.
Un renouvellement dans la saga qui s’avère bénéfique pour tout le monde, y compris un Michael Giacchino qui semble bien plus inspiré sur la musique que sur celle du précédent, ou le retour du monteur Paul Hirsch (Star Wars, Ferris Bueller’s Day Off) qui montre qu’il n’a rien perdu de son sens du timing depuis le premier épisode sur lequel il avait œuvré.
Brad Bird a ainsi peut être quitté Pixar, mais il n’en reste pas moins bien entouré puisque si on était venus pour s’amuser, il faut bien avouer qu’on s’est éclatés comme des petits fous.


Dès l’allumage de l’allumette au terme d’une introduction déjà bien enlevée, on sait qu’on va avoir à faire à un sacré tour de roller coaster.
Tout est question de dosage, de ton et d’équilibre, comme le prouve un Brad Bird nous démontrant que le monde de l’animation est une sacrée école cinématographique.
Carré comme pas deux, déroulant un rythme d’enfer et ne laissant pas une seconde de répit à son spectateur, ce Ghost Protocol vous scotche pour une poussée d’adrénaline de 2 heures et signe enfin l’arrêt d’une époque maudite pour le cinéma d’action, lâchant l’explosion à tout va et le réalisme atrophié pour revenir à un divertissement plus fantaisiste, plus malin et terriblement accrocheur.
Mission accomplie pour Brad Bird, en attendant impatiemment la prochaine et en achevant une année 2011 qui, en seulement deux films (celui là & Fast Five), aura su redonner ses lettres de noblesses à un genre tombé en désuétude.

Xidius

13
Mar
11

Scott Pilgrim VS. The Universe

Après avoir combattu le monde, à la fois sur papier et sur pellicule, Scott Pilgrim revient pour se frotter à l’univers ! Le 5ème tome des aventures du jeune canadien, et de sa bande, sort le 18 Mars, toujours aux éditions Milady Graphics. Avant-dernier round donc, qui réserve, comme à chaque fois, son lot d’excellentes surprises. Parce qu’il faut dire que ce tome là, il est costaud !

Ce cinquième tome, qui prend logiquement la suite directe du 4ème, s’ouvre sur la fête d’anniversaire de ce cher Scott Pilgrim, qui fête ses 24 ans. A partir de ce moment là, tout va s’enchainer très vite pour le jeune canadien : fêtes chez Julie, combats contre des robots, embrouilles avec son groupe les Sex Bob-Omb, et rencontre avec les frères Katayanagi (le cinquième et sixième evil-ex, qui sont jumeaux). Et comme si la situation n’était pas assez sulfureuse, Ramona est de plus en plus mystérieuse et distante avec ce pauvre Scott, éperdument amoureux… Mais qui va regretter ses erreurs passées. Un tome qui va donc amener la relation entre Ramona et Scott à un nouveau stade. Car plus qu’une BD qui mélange histoire romantique et éléments issus de la pop culture, ce 5ème tome est une véritable claque, qui traite avec une justesse incroyable les rapports humains et qui oscille toujours entre drame et fun, en dosant parfaitement chaque partie jusqu’à une symbiose et une synthèse presque parfaite.

Depuis le premier tome, nous avons pu observer l’évolution d’un artiste : Bryan Lee O’Malley, que ce soit scénaristiquement ou graphiquement. Le premier tome posait les bases d’une histoire et d’un univers, ou plutôt un melting-pot d’univers, qui se voulait une comédie romantique à base de fight dantesque. Et à chaque tome, O’Malley trempait de plus en plus les pieds dans des thématiques intéressantes, comme la séparation (T3), plutôt bien traité la plus part du temps, mais toujours avec un certain recule, comme si il avait peur d’aborder ces thèmes là, ou qu’il n’en était ni capable, ni légitime. Mais c’est lors du tome 4 que l’auteur a développé d’avantage les rapports conflictuels entre ses personnages, avec notamment le personnage de Lisa ou la 4ème evil-ex, avec justesse. Et ce 5ème tome fait preuve de la même chose, mais avec encore plus de brio pour transmettre des émotions. L’artiste a visiblement enfin pris ses aises, s’est décomplexé, et ainsi, se permet de passer de romantique à dramatique.

L’un des éléments important de ce tome, et qui témoigne de cette maturité, et le traitement des éléments fantastiques du récit. Car finalement, là où les premiers tomes mettaient l’accent sur ces éléments là, cet avant-dernier tome les met en retrait, comme si cela était devenu complètement banal pour les personnages et le lecteur. On sentait déjà cette transformation dans l’équilibre du récit dans le 4ème tome, mais c’est d’autant plus marqué dans cet épisode là, puisque, par exemple, les combats contre des robots sont mis en arrière plan. Et cela, pour laisser une plus grande place à la dramaturgie et aux personnages de l’histoire.

Des personnages encore plus au cœur d’une intrigue développant une psychologie encore plus dense et complexe qu’auparavant et un traitement des rapports humains juste et incroyablement vrai. Chaque personnage évolue de manière presque logique, évidente, et donc forcement vraie, donnant un portrait assez saisissant de la génération dont il est question (celle qui a aujourd’hui entre 20 et 35 ans). Ainsi, chaque personnage va donc prendre une place plus ou moins importante dans l’histoire, avec notamment l’exemple du personnage de Kim (dont je suis officiellement amoureux) qui va devenir un élément moteur du trio Ramona/Scott/Kim, qui va permettre de traiter des thèmes comme, entre autre, l’amitié.

Et c’est justement cette évolution logique des rapports humains qui va légitimer la remonté d’une problématique posée par le tome 1 et jamais réabordé jusqu’à maintenant. Une problématique qui va être à l’origine du morcèlement de la relation entre Scott et Ramona, qui va donc devenir l’élément dramatique principal de l’œuvre. Un élément qui, sans spoiler, sera très bien mené, et qui fait de ce tome l’un des plus beau tome de la série, émouvant, touchant et limite bouleversant dans sa conclusion.

Cette synthèse presque parfaite entre le côté fun et le côté dramatique de l’histoire, en fait une œuvre homogène. Car si pour l’instant, tout ce que je dis donne l’impression que ce tome est axé uniquement sur le drame, il n’en est rien. L’histoire est toujours aussi blindé de références (Zelda pour n’en citer qu’une) et est toujours un plaisir à lire, avec une bonne dose d’humour et de délires (si vous aimez les robots, vous allez être servis). Mais il est vrai que ses éléments sont relativement moins important, et plus subtilement introduits, afin de rééquilibrer le dosage entre l’humour et les éléments dramatiques, qui font au final de Scott Pilgrim une brillante comédie romantique et dramatique.

Nous parlions d’évolution et de maturité précédemment, et on peut constater que celles-ci se récentes aussi très clairement graphiquement dans ce 5ème tome, comme dans le 4ème également. Si de la première à la dernière page de ce dernier, nous voyions cette évolution, le tome 5 la confirme, ce qui rend le tout beaucoup plus cohérent visuellement. Les formes et visages sont plus ronds, les combats plus dynamiques (aidé par les onomatopée et autres effets de vitesse), ce qui donne un aspect encore plus cartoony qu’auparavant. L’œuvre est donc magnifique, avec un trait épuré, donnant aux planches une apparante simplicité, alors que ce n’est absolument pas le cas. Pour conclure, on constate que le mélange d’influences américaines et japonaises est encore plus assumé, et que le format est toujours aussi idéale. A noter une seule petite chose regrettable, c’est que la couverture de l’édition française ne brille pas, contrairement à celle de l’édition US, tout shinny ! Mais que ça ne vous empêche pas de sauter sur la magnifique traduction de Philippe Touboul (Arkham) !

Encore une fois, Scott Pilgrim nous surprends. Pourtant, chaque tome est une excellente surprise, qui confirme petit à petit le talent de son auteur, Bryan Lee O’Malley. Aujourd’hui, à la lecture ce 5ème tome des aventures d’un jeune canadien qui se bat (littéralement) pour garder sa copine, son talent n’est plus à prouver, tant se dernier arrive à véhiculer et transmettre des émotions forte avec modestie, humour et justesse. On attend avec une énorme impatience la publication du 6ème (et dernier tome) de la série, qui fera son apparition le 24  Juin prochain. En attendant, jetez vous sur cet album, et si vous ne connaissez pas la série, vous avez jusqu’à Vendredi pour ratrapper votre retard, date de sortie de ce 5ème tome, Scott Pilgrim VS. The Universe !

Antoine Pilgrim VS. The Bigorneau

 

 

(PS: au fait, le film Scott Pilgrim VS. The World, d’Edgar Wright, sort le 5 Avril en DVD et Bluray. Pas besoin de vous dire que ce film est une tuerie cosmique et qu’il faut absolument l’acheter pour bien montrer à Universal la monumentale erreur de leur distribution en salle, hein ?)

07
Mar
11

Critique: Le Rite

Réalisé par Mikaël Hafstrom, avec Anthony Hopkins, Colin O’Donoghue, Alice Braga…
Synopsis : Le jeune séminariste américain Michael Kovak se rend au Vatican pour y étudier les rites de l’exorcisme. Féru de psychologie, il nourrit de sérieux doutes à l’égard de ces pratiques anciennes, et juge que la «possession» relève de la psychiatrie plutôt que de la démonologie. Il se heurte périodiquement à ses formateurs jusqu’au jour où ceux-ci l’adressent au Père Lucas, ecclésiastique légendaire qui a pratiqué avec succès des centaines d’exorcismes. Au contact de ce mentor au comportement abrupt et déroutant, Michael commence à se déprendre de ses préjugés. Un cas se présente bientôt à lui, dont la violence terrifiante va le forcer à se remettre en question…

Des films sur le thème de l’exorcisme, il y a en eu plusieurs, avec plus ou moins de succès. Il s’agit d’un genre régulièrement revisité par le cinéma, et toujours inspiré par « des faits réels ». Le Rite ne fait pas exception et propose donc l’histoire d’un jeune homme thanatopracteur qui se reconverti dans la religion en devenant prêtre. Renonçant au dernier moment à prononcer ses vœux, il est orienté vers un séminaire d’apprentissage de l’exorcisme par un de ses enseignants et, tout sceptique qu’il soit, partira pour Rome ou il fera connaissance du Père Lucas (incarné par Anthony Hopkin), exorciste réputé.

Le film est particulièrement lent à commencer. La présentation du personnage principal, Michael Kovak (incarné par Colin O’Donoghue), sa vie, son oeuvre et ses doutes est très (trop ?) détaillée, et fait presque trop cliché pour être prise au sérieux. L »entreprise de pompes funèbres familiale, la mère décédée jeune, le père déçu par son fils, qui part dépit, s’oriente vers la religion sans vraiment y croire, bref, c’est trop.

Le film gagne en intérêt (relatif) à partir de la rencontre entre le père Lucas et Michael Kovak, lorsque celui-ci assiste à une possession. Des détails commençant la longue descente dans la paranoïa du héros apparaissent peu à peu, notamment le port d’un bracelet rassemblant des breloques liées au Mal (grenouille, oeil…), qui possède une place récurrente dans le film.

Cependant, le film reste bien pâle comparé au très célèbre Exorciste de William Friedkin. Certaines scènes sont si ridicules qu’elles en deviennent drôle, et on passe plus de temps à rire qu’à sursauter durant le film. La preuve qu’un bon acteur ne fait pas un bon film. Le Rite n’est pas un film d’horreur, ni d’angoisse.

18
Nov
10

Green Lantern’s trailer !

Bon, je m’excuse du peux d’article que je poste en ce moment, je suis dans une période assez riche en devoirs, dissertations et autre réjouissance de l’école, du coup j’ai moins de temps pour le site. Mais pour (essayer de ma rattraper) je vais vous parler d’un des films de super-héros les plus attendus de 2011, dont les premières images ont fait leur apparition sur le net et qui ont fait beaucoup parler d’elles.

Vous l’aurez compris, le film dont je parle, c’est Green Lantern. Futur sérieux concurrent au symbole de l’Amérique de Marvel (Thor sortant en Avril), l’adaptation de ce personnage DC est prévu pour Aout 2011, et est particulièrement attendu par les fans. En effet, depuis que le scénariste Geoff Johns a repris les rennes de la série du héros vert, créée par Bill Finger et Martin Nodell, sa série s’est faite une place dans le top ten des meilleurs ventes de comics chaque mois, surtout lors du crossover Blackest Night (qui est publié en France en ce moment, on reparle bientôt) arrivant même premier quelques fois. Un héros plutôt populaire donc, pour le premier film de la Distingué Concurrence qui montre des ambitions presque aussi forte que celles la Maison des Idées et de son projet Avengers. Mais Green Lantern a tout de même 70ans de publications derrière lui, et il s’en est passé des choses. Mais comme tout premier film, celui ci va conter les débuts de Hal Jordan en tant que Green Lantern du secteur 2814. Mais on voit déjà dans le scénario (du moins ce qu’on en sait) qu’il y a une volonté de réunir beaucoup d’éléments dans ce film afin de synthétiser à l’écran cet univers ultra-riche pour habituer le spectateur. Dans le film, on retrouvera donc Hal Jordan, un pilote de chasse émérite, découvrir un vaisseau avec à son bord un certain Abin Sur, mourant, lui léguant son anneau et faisant de lui un Green Lantern. Il va donc tout au long du film découvrir OA la planète du corps des Green Lanterns, ses « collègues » (on peut d’or et déjà en voir quelques uns dans le trailer, dont Kilowog et Tomar-Re), mais aussi affronter Hammond et… Parallax, si on en croit le synopsis du film. On peut d’ailleurs voir furtivement quelque chose qui ressemblerait à l’apparition de ce personnage, mais ça m’étonne qu’il soit aussi discret dans cet bande annonce. Le scénario est écrit à huit mains, avec Greg Berlanti, Michael Goldenberg, Michael Green et Marc Guggenheim (dont certains reconnaitront le nom) et c’est à l’homme qui a redéfini le personnage de James Bond, j’ai nommé Martin Campbell, que l’on retrouve derrière la caméra pour réaliser ce space opéra/film de super-héros. Et devant, on y retrouve Ryan Reynolds (incroyable dans Buried) dans le rôle d’Hal Jordan, mais aussi Blake Lively (Carol Ferris), Mark Strong (Sinestro) ou encore Peter Sarsgaard (Dr. Hector Hammond). Voici donc, après plusieurs lignes de blabla, la bande annonce :

 

Sur twitter et ailleurs, on a pu lire énormément d’avis négatifs, soulignant la mocheté des effets spéciaux, et le côté cheap et kitch du film. Je trouve que au contraire, les effets spéciaux sont particulièrement bien foutu surtout pour du travail inachevé (ce qui est une info officielle), notamment le moment ou il montre son costume à son pote, car je vous rappelle quand même que le costume est uniquement réalisé en image de synthèse, ce qui donne ce côté seconde peau au costume. Ce qui me plait surtout dans cette BA, assez riche en images tout de même, c’est le côté space opéra super-héroïque mais également la « non prise de tête » (je sais pas si ça se dit) du film, un petit peu comme Iron Man. En tout cas, j’attends avec impatience ce film, tout comme les aventures du capitaine étoilé et du dieux nordique hein.

In brightest day, in blackest night,
No evil shall escape my sight
Let those who worship evil’s might,
Beware my power… Green Lantern’s light !

Green Bigorneau.

29
Mar
10

Alice au pays des merveilles, Tim Burton.

Parmi les réalisateurs en perdition, Tim Burton est (presque) au sommet de la liste. Pourtant, son adaptation au cinéma d’Alice au Pays des Merveilles devait être LE grand moment de ce début d’année 2010 dans les salles obscures. Le spectateur que je suis est resté stupéfait, et surtout incroyablement déçu à la découverte de l’oeuvre livrée par le cinéaste.

(Où es-tu, Johnny?)

Le film souffre très clairement d’un manque de positionnement. On ressent que Burton essaye de jouer la carte de l’originalité, du grain de folie, et il faut dire que le sujet de base était parfait pour lui, mais on sent également qu’il ne se lâche pas complètement. Les gags ne sont pas menés dans le but de faire rire le spectateur, et sont moins présents qu’on aurait pu l’espérer. A dire vrai, on rit peu, on est peu intrigué (le seul mystère résidant dans le monstre qui n’apparait qu’à la fin et dont l’effet retombe comme un soufflet), et le tracé de l’histoire est très visible, le réalisateur ne ménageant aucun suspens dans son schéma hyper-manichéen.

La faute à qui? Walt Disney Pictures semble prendre sa part de responsabilité. On peut estimer que Tim Burton n’a pas eu toute la liberté souhaitée pour mener son oeuvre, le film devant s’adresser à un public jeune peu enclin aux grandes folies et originalités. On comprend également par là le ton très réglé des dialogues, qui tombent dans une grande niaiserie, une morale à deux balles cucul-la-praline qui va avec la couleur de la production. Dommage car le sujet pouvait se traiter avec un autre calcul. Parfois, c’est tellement trop qu’on est déposé au bord de l’écoeurement.

Si je devais parler de l’aspect visuel, je dirais que je suis dans l’ensemble très déçu. Je reconnais que certains détails sont superbes, mais ici et là j’ai noté un manque d’application dans la finition de certains personnages (la Reine Rouge est ridicule, mais pas dans l’effet attendu) et certains décors (je pense notamment au champ de bataille à la fin) qui auraient mérité un meilleur traitement. L’espace m’a semblé incroyablement creux, et fade, comme un grand chantier laissé à l’abandon. Pour ce qui est de la 3D, je me suis senti lésé d’avoir payé plus chère une technologie, qui, si elle était indispensable pour Avatar, ne servait ici à rien. Utilisée par touches et avec grossièreté pour amuser la galerie, elle n’a donné aucune profondeur aux images, ni plongé le spectateur dans l’émerveillement. Et pourtant, la matière pouvait livrer quelque chose de splendide.

L’originalité de Tim Burton, qui avait fait fureur dans Edward aux Mains d’Argent ou encore Big Fish se perd ici dans un film sans relief et sans saveurs, juste bon à figurer dans nos programmes télé de Noël aux côtés du Monde de Narnia.

Oceanlook.




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