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29
Fév
12

Habibi

On devait vous en parler dans un joli sujet vidéo sur la sélection du festival d’Angoulême avec plein d’autres BD. Mais finalement, en plus du manque de temps et de différents problèmes sur place, il apparaissait évident qu’il n’y avait que d’une seule œuvre dont il fallait parler. Car, parmi toute la sélection de ce dernier festival d’Angoulême, la bande dessinée qui aurait le plus mérité un prix, quel qu’il soit, et qui est reparti sans rien; c’est Habibi de Craig Thomson.

Scénario et dessins de Craig Thomson. Publié chez Casterman dans la collection Ecritures. 24€95, sorti le 25 Octobre 2011.
Habibi est un conte oriental mais aussi une histoire à vocation universelle. Habibi est un livre-fleuve de plus de six cents pages, fruit de deux années de travail de son auteur, Craig Thompson, déjà remarqué avec Blankets, chronique d’une passion amoureuse publiée en 2004. Habibi est aussi un hommage à la calligraphie arabe, à ses arabesques et ses enluminures, avec ses lignes courbes pleines de sensualité et de grâce. C’est l’histoire de deux jeunes gens, Dodola et Zam. Dodola a été vendue par ses parents à un scribe alors qu’elle était tout juste une jeune fille. Cet homme qui gagne sa vie en recopiant des manuscrits lui apprend la lecture et l’écriture, avant que des bandits ne le tuent et n’enlèvent Dodola pour la vendre à un marchand d’esclaves. Mais la jeune fille, dotée d’un sacré tempérament, réussit à prendre la fuite, recueille au passage un jeune garçon de trois ans – elle n’en a que douze – et s’installe avec lui à bord d’un bateau abandonné, sorte d’arche de Noé échouée en plein désert. Là, pendant des années, elle veille sur lui, lui raconte des histoires « pour l’aider à s’endormir », des histoires « pour nourrir son imaginaire », des histoires « pour le distraire de la faim » ou « pour lui montrer que la vie est plus complexe que les leçons de morale veulent le faire croire ». Et puis un jour, neuf ans plus tard, ils sont arrachés l’un à l’autre, séparés pour longtemps. Dodola devient pensionnaire d’un harem, où elle doit satisfaire le Sultan pendant soixante-dix nuits d’affilée sous peine d’avoir la tête tranchée. Mais le souvenir de Zam, dont elle reste sans nouvelles, ne cesse de la hanter, tandis qu’elle apprend qu’elle est enceinte…

Il m’est extrêmement difficile de résumer l’histoire d’Habibi tant celle ci est d’une richesse quasi abyssale. Le scénario de Craig Thomson, auteur de Un Américain en balade, narre toute la vie, le drame de ses deux personnages dans un monde hostile à leur amour. L’histoire se présente alors comme la peinture touchante de deux âmes sœur, s’opposant et se retrouvant sans cesse. Mais tout autours de ce fil conducteur, de ses deux destins, Habibi développe toute une galerie de personnages extrêmement écrits. Thompson les fait chacun exister dans leurs propres arcs narratifs, le tout en servant le propos, l’intrigue et en ne perdant jamais le lecteur dans un trop plein d’informations. Un scénariste qui puise son inspiration dans de grands comptes et mythes fondateurs, culturels ou religieux, avec cette noble démarche de faire de l’imaginaire une manière de se libérer du monde, et qui lui permet de souligner l’aspect intemporel des sentiments qui lient les deux personnages principaux. Le tout trouve une osmose parfait entre réalité et imaginaire, l’un servant sans cesse l’autre, toujours avec une clarté incroyable.
Mais en plus d’être une œuvre humaniste et imaginaire, Thompson va construire en filigrane tout un sous texte sur une société en déclin, faisant le constat d’une perte d’humanité et de valeurs et du remplacement de tout but par celui d’avoir de l’argent. La richesse des thématiques abordés est proprement hallucinante, et les dialogues extrêmement bien écrits et traduits permettent une pénétration totale dans cette œuvre… Mais ce serait oublier au passage le boulot encore plus hallucinant qui a été effectué graphiquement.

Si le scénario de cet Habibi est un modèle de clarté, de construction et de richesse, il apparait évident que ce qui a pris le plus de temps, d’énergie et de travail est toute la partie graphique. L’artiste américain, visiblement fasciné par la culture orientale et tout l’univers graphique qui en découle, signe un énorme pavé de près de 700 pages lui rendant un brillant hommage tout en puissant dedans pour s’en servir dans son story-telling. Ce dernier peut-être aussi bien qualifier d’assez classique, avec un découpage très fluide, mais aussi, et surtout, d’expérimental, dans certains passages dynamiques ou totalement hallucinés. Partant dans des expérimentation graphique en s’inspirant de la culture oriental pour la mise en page, les cadres, la calligraphie et les représentations divines, Thompson brasse toute une culture et s’imprègne au mieux de ses éléments graphiques. Un énorme amalgame de références culturels et graphiques, qui trouvent toutes leurs places dans une cohérence visuelle assez dingue, passant du réel au rêve avec une aisance incroyable. Thompson a d’autant plus de mérite qu’il maitrise son trait à merveille, notamment sans son chara-design, fleurtant dans le style avec Will Eisner.
Un petit mot sur l’édition de Casterman, publiée dans la collection Ecritures. L’œuvre y trouve un écrin à la fois souple et facile à manipuler malgré les 700 pages, mais également très travaillé, avec un papier épais et mat pour livrer au mieux les contrastes des planches et une couverture relief du plus bel effet.

Habibi est une claque, un long périple au plus prêt de ses deux personnages, d’une puissance émotionnelle incroyable et d’une richesse, à la fois thématique mais surtout graphique. Une œuvre colossale, que son auteur aura mis 8 ans à réaliser, et qui est un immanquable de la bande dessinée américaine !

05
Oct
11

Critique: The Artist

2011, année de la toute suprématie de la 3D, devenu globalement un argument de producteur et non plus un choix artistique de mise en scène. Année également du pari fou d’un réalisateur français qui a décidé de revenir au fondement même du cinéma avec un film en noir et blanc muet qui se place dans les années 30, alors que le cinéma subis l’une de ses plus grandes mutations avec l’apparition du son. Ce film, c’est The Artist.

En salle le 12 Octobre 2011. Réalisé par Michel Hazanavicius, avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman, James Cromwell…
Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L’arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l’oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l’histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l’orgueil et l’argent peuvent être autant d’obstacles à leur histoire d’amour.

Ce pari fou, c’est celui de Michel Hazanavicius, le réalisateur le plus classe du monde a qui l’on doit La Classe Américaine ou encore, deux des meilleures comédies françaises récentes, les sacro-saints OSS 117. Connu, et reconnu, pour son talent d’écriture grâce à ses travaux précédemment cités, le voir sur un mélo muet était d’autant plus surprenant que suicidaire. D’autant que le casting a de quoi faire saliver, avec un Jean Dujardin qui, au fil de sa carrière, a montré son talent (le plus souvent devant la caméra de ce même Hazanavicius), ainsi que des gueules du cinéma ricain avec notamment John Goodman et James Cromwell. Le film était alors attendu. Très attendu. D’autant plus par l’auteur de cette critique qui est autant amoureux de Dujardin depuis ses débuts (Un Gras Une Fille, c’était quand même mortel) que d’Hazanavicius («Monde de merde !»). Qu’en est-il alors que ce film ?

Autant y aller cash, avant de rentrer dans les détails, le film est une énorme réussite. Un chef d’oeuvre qui dépasse son statut d’expérience et d’hommage pour devenir une vraie œuvre de cinéma, retournant aux fondements du cinéma pour mieux lui déclarer un amour inconditionnel. On entendait déjà venir les «Hazanavicius fait un travail de copier-coller». Et bien non. Si le réalisateur s’impose des contraintes en enlevant la parole à ses personnages, cela lui permet de se libérer dans sa mise en scène. Le film regorge d’idées de cadres, de mouvements de caméra, tous plus brillants les uns des autres, offrant une lisibilité et une évidence dans ce que veux transmettre le réalisateur à son publique. Ainsi, le réalisateur d’OSS ne se contente pas de rendre hommage au cinéma muet, mais il y apporte de l’eau au moulin en se permettant mouvements de caméra et cadres qui n’étaient pas possibles à l’époque. On regrettera le fait que certaines idées de mise en scène ne sont pas plus exploitées par le réalisateur pour que le film respecte son contrat de film muet. Mais cela n’enlève rien au talent tout simplement incroyable du réalisateur pour exprimer une émotion par un plan, une séquence, l’utilisation d’une musique…

La musique a en effet une importance primordiale puisqu’elle sera la seule chose que captera votre oreille du film. Ludovic Bource, compositeur de talent qui a travaille avec Hazanavicius depuis le début (il est ainsi responsable de la musique des deux OSS, ou du fabuleux générique de nos interviews d’Angoulême 2011 !), signe ici une musique sublime, rentrant parfaitement en symbiose avec l’image pour souligner, mettre en évidence, amener une émotion, une idée. Ainsi, c’est elle qui va apporter le rythme du film, avec des composition plus rapide pour certaines scènes, ou d’autres plus lentes, le tout toujours au service de la mise en scène. La chose est d’autant plus risqué sur ce plan que certains passages, entre deux scènes et deux compositions, laisse place à un silence dans la salle. Chose qui peut être effrayante pour tout réalisateur, et peut très vite devenir gênant, le silence devient ici un moment de flottement, sorte de bulle très agréable reposante et légère, où seule la beauté des images contente le spectateur. Car les images sont d’une beauté incroyable, pas seulement grâce à la mise en scène, mais également grâce à la lumière, incroyablement maitrisé pour un film de 2011, où le noir et blanc est presque plus utilisés. Ce travail de lumière met d’autant plus en valeur les images, ainsi que les acteurs du film.

La transition est toute faite pour parler des personnes devant la caméra. On retrouve ainsi Jean Dujardin dans le rôle principal, George Valentin, plus bankable que jamais depuis son pris d’interprétation masculine au dernier festival de Cannes pour ce film. Il campe ainsi un acteur de cinéma muet vedette qui va s’éprendre d’amour pour une jeune actrice, Peppy Miller, joué par Berenice Bejo, qui va rencontrer un certain succès au permise du cinéma parlant. Ce duo d’acteur, sur qui repose le film, est simplement génial, en symbiose comme peut l’être l’image est la musique. La caractérisation de ses personnages passe autant sur le faciès des personnages que sur la mise en scène et l’utilisation des quelques dialogues écrit du film. En effet, on notera que le personnage de Valentin ne parle que très rarement, pour coller à son rôle de personnage de cinéma muet, tandis que Peppy Miller est une vraie pipelette.
On pouvait s’inquiéter de la capacité d’adaptation de Jean Dujardin au format muet, lui qui a une tchatch et une voix singulière, et qui a souvent le droit à beaucoup de dialogues (de Brice de Nice à OSS en passant par Un Gars, Une Fille et bien d’autres), tout nos doutes disparaissent lors de sa première apparition dans une scène d’ovation hilarante. L’acteur ne tombe pas dans le piège de trop surjoué, et joue parfaitement son double rôle d’acteur populaire (qui pour le coup surjoue) et d’homme à la vie bien morose, montrant encore une fois son talent à jouer toutes les émotions (prouvant que les meilleurs acteurs sont ceux cantonné aux comédies, comme le prêche Alexandre Astier). Un talent extrêmement bien dirigé, qui mérite amplement son prix à Cannes. Le reste du casting est également excellent, notamment grâce à une Berenice qui transpire le vintage et la pinup ou aux deux fabuleux seconds rôles que sont Goodman et Cromwell. Un mot sur un personnage essentiel au film, le chien, Uggy, qui mérite également sa Palme Dog.

Si les personnages sont aussi attachant et touchant, c’est autant grâce au talent des acteurs devant la caméra, du talent de l’homme derrière la caméra que de celui de l’homme qui se trouve derrière la plume qui a écrit ce film. C’est le réalisateur lui même, tout seul contrairement aux OSS, qui signe le scénario. Ce dernier est un modèle d’écriture, car présente avec une simplicité folle les personnages, le tout, sans son art du dialogue ! L’histoire en elle même peut paraitre basique, simple, mais pas pour autant dénué de drame et d’émotion. Elle se veut d’ailleurs plus ou moins simple afin de ne jamais perdre le spectateur, qu’il faut quand même un peu guidé dans cet expérience de cinéma inédite pour une grande partie du publique. Mais le scénario, avec cette histoire simple et claire, va se permettre de dépeindre une époque charnière dans l’histoire du cinéma. Un scénario beaucoup plus riche qu’il n’y parait, d’autant pus admirable quand on prends en compte l’absence totale de dialogue.

Et non, je taris pas d’éloge sur ce film, mais rare sont les œuvres que l’ont attends de manière totalement disproportionné et qui se trouve être bien plus que ce que l’on en attendait. The Artist s’impose donc comme un film qui transcende le genre, ne se contentant pas d’un simple hommage. Une déclaration d’amour au cinéma réalisée par un ensemble de talents, plus fabuleux les uns que les autres, que ce soit devant ou derrière la caméra, pour signer un chef d’œuvre du cinéma, intemporel et universel. Et oui.

(PS: Nous avons eu la chance de rencontrer le réalisateur, Michel Hazanavicius, et l’acteur principal, Jean Dujardin, lors d’une séance de question/réponse après la projection du film à l’UGC de Bordeaux !)

08
Avr
10

Transmetropolitan, ou l’art et la manière de l’ouvrir grande.

Sous ce titre mystérieux, préparez vous chers lecteurs car cette semaine, on va parler de comic-book mais pas de simples comics à la con comme on en a tendance à en voir fleurir sur les étagères de la Maison aux Idées. On va parler du label Vertigo, branche estampillée adulte de chez DC Comics et qui a toujours su offrir liberté artistique et grande distribution à des artistes prestigieux, leur donnant la possibilité d’accoucher de leurs rêves les plus fous sur papier. Et là, autant dire qu’on va s’attaquer au sommet du panier déjà fleurissant de titres plus fous et incroyables les uns que les autres. On va parler d’un monstre de subversion, faisant passer les dernières œuvres de Mark Millar (90 % même) pour de la revendication de super marché, Kick-Ass comprit.
Mesdames et messieurs, le chef d’œuvre absolu de Sir Warren Ellis et Darick Robertson : Transmetropolitan.

Transmetropolitan est un comic-book crée en 1997 et dont la parution dura 5 ans. Scénarisé par Warren Ellis et dessiné par Darick Robertson, la série fut souvent rapproché avec l’un des autres chefs d’œuvres du label Vertigo, Preacher (de Garth Ennis et Steve Dillon) ce que l’on comprend tout à fait quand on voit le goût partagé des auteurs pour la subversion intelligente. L’histoire est celle d’un ancien journaliste appelé Spider Jérusalem exilé et ramené à l’ordre à cause de contrats passés jadis, ce qui le pousse non seulement à revenir en ville mais aussi à reprendre sa fonction, dans une cité futuriste de plus en plus décadente et dans laquelle on trouve tous les vices en se promenant seulement dans la rue. Véritablement halluciné et enragé face à ce monde malade, Spider Jérusalem va au travers d’une rubrique de journal virulente s’opposer aux dirigeants de cette société en vrac et petit à petit désamorcer les travers de tout ce bordel en faisant éclater la seule, l’unique et grande vérité.

Transmetropolitan, c’est l’art et la manière d’ouvrir grand sa gueule et de vomir à la tronche du monde la haine qu’on lui porte tout en lui balançant aussi férocement ses 4 vérités. Car si Spider Jérusalem est un vrai salopard et n’hésite pas à traiter tout ce qui bouge et à accessoirement balancer quelques coups d’agitateurs d’intestins de temps à autres (dont on vous laisse deviner les effets dévastateurs, surtout quand celui ci est en mode prolapsus ou volcan intestinal…), le bougre met toujours le doigt là où ça fait mal et se révèle si féroce grâce à son don naturel à toujours dénoncer des problèmes de sociétés graves, voir scandaleux. Et si il faut admettre que l’on se marre devant cette montagne d’humour noir et de répliques toutes plus impitoyables les unes que les autres (tels que « Si ça ne tenait qu’à moi, vous serviriez tous d’éponges à sperme à des prostituées victoriennes à l’heure qu’il est. » et j’en passe…), la force phénoménale dans l’écriture de Warren Ellis tient du fait que celui ci tout comme son héros n’est pas méchant en vain et dénonce à sa manière des problèmes de notre monde actuel dont la Babylone détraquée dépeinte dans son œuvre n’est finalement que le reflet. Du coup, même si on se marre toujours en premier lieu (le génie comique du scénariste n’est plus à prouver, surtout après ça et Nextwave…), la réalité nous fait toujours redescendre sur terre et lorsque l’on comprend ce qu’il en est réellement, la claque est déjà lancée. Au dessin, Darick Robertson fait des merveilles et surcharge son univers crasseux et baisé pour mieux faire ressortir les problèmes évoqués tout en prenant soin de systématiquement mettre l’accent là où il faut et de se révéler aussi pertinent que son scénariste.
En clair, ça fait très mal.

Pour lire Transmetropolitan, vous pouvez choisir la solution VF et vous offrir les 6 Big Books sortis chez Panini Comics qui a eu la douloureuse idée après trois tomes biens garnis de ralentir sur le nombre de pages de moitié (!) et de finalement sortir 6 tomes là où 5 aurait suffit. La où ça fait mal, c’est que le prix ne baisse pas et reste donc à 29€ par tome, même si la ré-édition des 4 premiers avec un papier de bien meilleure qualité (et une cohérence visuelle sur les couvertures balancée par dessus bord…) tente de faire passer la pilule. Vu que le dernier tome vient de sortir, vous ne devriez pas avoir de problèmes pour les trouver. Sinon, il reste la solution VO et ses 10 TPB que vous trouverez chacun environ à 10 €, ce qui adouci sérieusement l’addition.
Dans les deux cas, vous ne devez passer à côté de ce chef d’œuvre absolu de subversion dont l’actualité, bientôt 10 ans après la fin de sa parution, glace toujours autant le sang que l’humour acerbe et corrosif vous tordra les boyaux. Parce que franchement, lire une telle oeuvre qui affiche fièrement un beau doigt d’honneur avec une fuck you attitude aussi assumée et appropriée, ça deviendrait presque salutaire aujourd’hui.
Comme disent les américains, Absolute Masterpiece.

Xidius, pas cher mais moins que ta petite amie.

21
Déc
09

Critique Ciné : Avatar

Un scénario et un monde qui a bouillonné dans l’esprit de son créateur dès ses 14 ans, 10 ans de développement, 4 ans de production, un budget d’environ 330 millions de dollars, 500 avec le marketing, la création de plusieurs technologies pour les besoins du film dont une toute nouvelle technique de rendu 3D et d’effets spéciaux photo-synthétiques, l’utilisation de la performance capture, l’annonce d’un film révolutionnaire… A moins de vivre dans une caverne depuis 3 ans, nul n’a pu échapper à ce nom qui est désormais sur toutes les lèvres : Avatar. Projet somme du réalisateur canadien James Cameron qui revient derrière la caméra 12 ans après Titanic et son succès n’ayant jamais connu d’égal, le film est annoncé depuis très longtemps comme celui qui va définitivement faire basculer le cinéma dans l’air du numérique, tournant une page pour aller vers de nouveaux horizons riches en possibilités. Alors que le film vient de sortir, il est temps de faire un constat de l’œuvre de toute une vie et après deux visionnages dans des conditions différentes (VO 3D et VF IMAX 3D), peut on dire que l’attente en valait la peine?

James Cameron a toujours désiré mettre sur pellicule un univers de SF riche venant entièrement de son imaginaire mais n’avait à vrai dire pas les technologies pour le faire auparavant. De son propre dire, il tenta déjà dans les années 90 de mettre au point ce projet pharaonique ce qui lui était impossible au vu des possibilités techniques d’alors. C’est lorsqu’il a vu le Gollum du Seigneur des Anneaux qu’il a comprit qu’enfin, Avatar pourrait naître. Dès lors, beaucoup se sont mis à penser que le long métrage serait simplement une vitrine technologique impressionnante mais n’ayant pas grand chose à raconter, ce qui arrive tout de même assez souvent avec ce genre de long métrage quand bien même ici on doit parler de révolution. Et Cameron, menteur ou prophète? Il n’y a aucun doute à se faire la dessus et le film se charge de nous le faire comprendre fissa : ici, la révolution est bien présente et sert constamment l’univers fabuleux crée par son géniteur. Le film nous emmène en 2154 avec Jake Sully, marine ayant perdu l’usage de ces jambes, sur une planète lointaine appelée Pandora sur laquelle se trouve un minerai rare pouvant sauver une planète Terre en péril. Problème, la planète est peuplée d’êtres appelés les Na’Vis et qui s’opposent à ce que leur terre soit exploitée. Sully va alors infiltrer le peuple local à l’aide d’un Avatar, un être fait d’ADN humain et Na’Vi qu’il peut contrôler entièrement à distance. Mais tandis qu’il découvre peu à peu la planète et ses habitants, la question de la viabilité de sa mission va se poser, l’homme tombant amoureux de la planète et d’une jeune femme Na’Vi…

Puisqu’il faut en parler obligatoirement, parlons en maintenant, de la révolution technologique. Le plus important apport du film constitue l’animation en performance capture et le rendu photo réaliste des personnages. Et force est de constater que le réalisateur ne nous avait pas menti. Soyons clairs et nets : jamais on avait vu au cinéma des êtres virtuels aussi bien faits et aussi crédibles. Les Na’Vis ainsi que toute la faune et la flore de Pandora ont bénéficiés d’un soin hallucinant, rendant l’ensemble plus vivant que jamais grâce à un travail de lumière et de texture absolument bluffant et qui certes peut se révéler à de très rares moments perfectibles mais qui marque un pas indéniable dans le domaine, bluffant à de très nombreux passages tant on a du mal à cerner ce qui est virtuel et ce qui ne l’est pas, problème qu’on retrouvait systématiquement auparavant.
Mais surtout, Avatar se montre révolutionnaire sur l’animation de l’ensemble. Les personnages modélisés respirent la vie et bougent, parlent, agissent ou se déplacent comme jamais auparavant, si bien qu’on retrouve non seulement le trait mais aussi le jeu des acteurs à travers leurs avatars, notamment Sam Worthington dont la comparaison est assez facile. Si on avait toujours vu des petits problèmes concernant la synchronisation labiale ou l’animation des yeux, ici le film écrase n’importe quel soucis d’animation et démontre définitivement que désormais plus aucun problème d’animation existe, ce qui est prouvé par des séquences étonnantes, notamment un baiser plus vrai que nature et dont la beauté emporte tout sur son passage. Pour ce qui est enfin de la 3D, là encore Avatar nous fait oublier tout ce qu’on a pu voir auparavant. Dans tous les films en relief qu’on avait pu voir dernièrement, notamment Coraline, Là-Haut, U2 3D ou encore Le drôle de Noël de Scrooge, on avait systématiquement droit à des effets nous arrivant en pleine tronche et tombant devant notre nez, rappelant bien au spectateur qu’il était devant un film 3D. Surtout, même si certains films se révélaient pertinents dans leur utilisation de la technologie, on avait pas encore vu de film faisant oublier cette dernière qui était parfois utilisée comme un grand huit mais avait toujours tendance à rappeler sa présence. Jusqu’au miracle Avatar.  C’est simple : au bout de 5 minutes de film que ce soit en 35 mm ou en IMAX, on oublie totalement la 3D tant celle çi sert la mise en scène et permet une immersion encore jamais vu, prenant le spectateur et le plongeant littéralement dans l’univers de Pandora, lui donnant le vertige lors des séquences de vol ou lui donnant l’impression d’être entouré de verdures lors des passages en forêt. Et pourtant, le film réussi aussi le tour de force d’être aussi marquant en 2D qu’en 3D, le metteur en scène ayant avant tout penser à faire un grand film classique et à utiliser la 3D comme un plus indéniable certes, mais sans pénaliser les spectateurs contraints de le voir de manière classique. Mais attention, réduire le film a une simple vitrine technologique serait offensant et quand on connaît le narrateur hors paire qu’est Cameron, on était en droit d’attendre énormément. Et pour être servi, on a été servi…

Le spectateur va découvrir la planète en même temps que Jake Sully qui est tout aussi vierge de connaissances envers Pandora que le public et c’est donc tout d’abord un grand récit initiatique sur la formation du personnage à toute une culture, une façon de penser. Le personnage est immédiatement attachant de par son handicap et aussi enjoué soit il par la seconde chance que va lui offrir son Avatar, il va parcourir Pandora avec un plaisir communicatif, James Cameron nous invitant à visiter un univers ultra cohérent, à la richesse visuelle hors norme et qui marquera tout le monde avec ses nombreux tableaux incroyables. On ne peut que se laisser prendre au jeu et être en admiration devant Pandora tant la planète totalement originale créée de fond en comble par le maestro est fascinante, avec sa flore vivante et en interaction avec son peuple tout comme les différentes bêtes aussi impressionnantes qu’amusantes, à l’image du massive Thanator auquel notre héros va faire face dans une poursuite grisante ou encore des petits singes vertes à doubles bras qui nous étonneront autant qu’ils nous amuseront lors d’une apparition rapide. Le créateur est perfectionniste et cela se ressent tant la planète est riche et possède de très nombreuses subtilités parfois ultra détaillées et minutieuses. Évidemment, Jake Sully va se poser des questions sur la légitimité de son rôle en découvrant tout cela et va s’imposer petit à petit en héros. Dès lors, on peut voir fleurir partout des critiques décriant un scénario très classique, trop classique et dont on devine aisément la fin. La question n’est pas là. Jamais le réalisateur scénariste n’a annoncé un scénario révolutionnaire car au contraire, Avatar a toujours été présenté comme un grand récit d’aventure classique. Et c’est bel et bien ce qu’il est. Car à la même façon qu’un Star Wars, qu’un Seigneur des Anneaux ou qu’un Matrix, on retrouve dans Avatar les grandes figures imposées du récit mythologique classique qui régit depuis des siècles les grands récits universels. On retrouve donc un homme découvrant un monde en péril et qui va s’imposer au terme d’une initiation comme son sauveur. A t’on reproché aux exemples précédents d’être classiques? Non. Et tout comme eux, Cameron livre ici un film universel et joue brillamment avec les codes de ce type de grand récit pour que le spectateur plonge totalement dans l’univers du film, accompagnant son histoire d’un sous texte écologique brillamment amené et transcendé par la mise en scène de bout en bout. Rares sont les réalisateurs qui sont capables de porter le spectateur durant 2h40 sans voir le temps passé et une nouvelle fois, James Cameron réussi ce défi haut la main grâce au souffle totalement épique qui traverse tout le film et qui permet au public d’être émerveillé de la première à la dernière minute.

Le réalisateur réussi ce tour de force avec une galerie de personnages forts, allant du héros auquel on s’identifie immédiatement à Neytiri, un personnage féminin incroyable et très touchant, ou encore au bad guy superbement interprété par Stephen Lang, apparemment pas mal décrié comme le méchant cliché mais dont la caractérisation est minutieusement effectué par de nombreux petits détails montrant un personnage plus riche qu’il n’y paraît. Emporté par l’évasion incroyable que procure Pandora, le spectateur va s’attacher et vivre avec les protagonistes de l’histoire grâce au perfectionnisme légendaire du réalisateur qui ici mieux que jamais livre une mise en scène qu’on ne peut jamais remettre en cause tant le rythme est parfaitement soutenu, tant tous les plans sont parfaits et riches en détails. Et si cela sera appuyé par les 45 dernières minutes de bataille absolument dantesques dans lesquelles le réalisateur écrase littéralement la concurrence en mettant notamment en scène une bataille aérienne entre une centaine d’aéronefs et un énorme bataillon de reptiles volants avec un sens de la lisibilité et du dynamisme scotchant le spectateur sur son siège, le véritable coup de maître reste les nombreux moments de grâce du film. Très peu de réalisateurs sont capables d’insuffler des moments de poésie purs dans un tel métrage et Cameron le fait encore une fois, entre des séquences de nuit dans la forêt dont la magnificence va vous émerveiller, entre un baiser de cinéma comme on voit peu souvent, se révélant simple et touchant ou encore des séquences de vols virevoltantes et aussi jouissives que somptueuses. Car au final, et c’est finalement ce qui est le plus important avec Avatar, c’est qu’il fait partie de ses rares films tellement épiques et sincères qu’on les vit littéralement.

On s’attendait à une claque visuelle et une fois de plus, toutes nos attentes ont étés surpassées. Avec Avatar, James Cameron livre un film comme on voit minimum tout les 5 ans, un véritable monument au message universel et étant si riche et si sincère qu’on lui pardonne immédiatement ses rares défauts (notamment une bande son pas toujours bien utilisée) et que l’on oublie le côté technologique servant totalement l’histoire, tant le long métrage est dense et généreux, à tel point que le véritable reproche qu’on lui fait en sortant est d’être trop court (le film a été ramené à une durée de 2h40 pour coller à la durée de l’IMAX  et ne pas proposer le film dans différentes versions mais on sait qu’une version de plus de 3H arrivera). Une fable titanesque à voir et à revoir qui mérite d’ors et déjà de devenir un énorme succès populaire et qui sera à coup sûr vécue pleinement par de nombreux spectateurs qui découvriront le sourire aux lèvres un univers fascinant et magique, démontrant bel et bien que James Cameron est un génie humble et surtout, un cinéaste majeur qui ouvre la voie du cinéma du 21ème siècle par un récit aussi simple qu’inoubliable.
Plus qu’un chef d’oeuvre : une date dans l’histoire du cinéma.

Xidius

17
Nov
09

Incontournables des 90’s…Londinium

Veuillez entrer dans le calme s’il vous plait, il y aura de la place pour tout le monde. Veuillez prendre garde à bien suivre la file et veillez à bien déposer vos effets personnels superflus au vestiaire et à uniquement garder le nécessaire sur vous. Une fois les portes ouvertes, entrez sans vous pressez et installez vous confortablement. Dès que tout le monde sera prêt, nous fermerons les portes et la machine à remonter le temps de Xidius s’enclenchera. Vous pourrez alors vous allongez, les fauteuils étant prévus à cet effet, puisque aujourd’hui, vous pouvez vous attendre à planer. Le programme du jour? Londinium de Archive. Bon Voyage.

Archive est un groupe anglais né en 1996, année durant laquelle à été produit le disque qui nous intéresse aujourd’hui. Depuis, ils ont produit 6 autres albums dont le récent Controlling Crowds Part IV et sont passés à un style plus progressif, électro et rock. Mais revenons en à nos moutons. En 1996, le trip hop est en plein essor, avec l’apparition de Portishead et bien évidemment de Massive Attack qui prépare son chef d’oeuvre Mezzanine durant cette période. C’est dans ce contexte qu’un troisième membre viendra poser sa pierre à l’édifice… Cette pierre étant évidemment Londinium !

Un léger bruit, comme une cloche en apesanteur… Un bruit sourd, qui martèle le vide… Quelques paroles d’une voix chaude et grave puis une envolée sonore, faites de violons lancinants, de samples aériens puis enfin la rythmique machinal et presque tribal. Old Artist, sublime introduction de l’album, a le mérite de faire monter crescendo l’auditeur, dans une ascension planante renforcée immédiatement par All Time apportant un chant magnifique et une ligne de basse obsédante, sans oublier des samples quasi psychédéliques. En moins de 10 minutes, l’atmosphère lourde, mélancolique et paranoïaque prenant aux tripes du disque est posée, sans qu’on ait eu le temps de se rendre compte. Les violons sonnent alors à en donner la chair de poule pour mieux faire résonner So Few Words amenant le flow de Rosko John contrastant la voix fragile de Roya Arab pour mieux finir sur des sonorités électro quasi alarmantes et criardes. Le calme règne alors, quelques légères notes de piano font leur entrée avec la chanteuse toujours aussi subtil, et le tout accélère avec des teintes jazzy pour transiter vers le cœur de Headspace, qui voit l’arrivée d’un solo de guitare élégant. Dark Room ouvre alors ses portes, avec une voix à fleur de peau et une rythmique apportant toujours un côté désespéré à l’ensemble tandis que le titre est parsemé de sons cristallins, en opposition avec le rap du chanteur toujours présent, sonnant comme une mise en garde funèbre. A côté de ça, Londinium sonne comme une note d’espoir au centre de cette œuvre sombre, toujours tout en subtilité avec la guitare discrète et une impression de repos, annulée par Man-Made, ode désenchantée et fantomatique. Nothing Else vient alors à point nommé, tel un abandon face aux ténèbres de l’album, renforcé par Skyscaper, pur morceau de trip hop noir et désincarné. Parvaneh (Butterfly), sorte de libération zen, tombe alors comme un cheveu sur la soupe, semblant sortir de nul part et se révélant être la seule erreur de goût d’un disque qui se rattrape aussitôt avec un Beautiful World reprenant la formule miracle précédente en y enlevant aussi étonnamment que cela puisse paraître sa noirceur paraissant auparavant si caractéristique. Organ Song rappelle la mélancolie au galop avec des inspirations quasi orientales tout en finesse et ses violons toujours aussi lancinants avant de clôturer le tout sur le magique Last Five, synthèse parfaite de ce périple incroyable. Vous l’avez sûrement compris, Londinium est une invitation à un voyage aussi funèbre que poétique, avec des influences urbaines ou électronique, étonnant tant la noirceur y dégage une beauté quasi parfaite. Si Archive n’est par la suite écarté du genre introduit par ce disque, il n’a jamais reproduit un tel miracle tant ce chef d’œuvre s’impose comme un standard du trip hop, tout en réussissant à imposer son identité unique. Fans de Portishead & de Massive Attack, vous savez ce qui vous reste à faire.

Xidius

03
Oct
09

Chef d’oeuvre : My Blueberry Nights

J’ouvre cette nouvelle rubrique cinéma en commençant par ce sublime film (rubrique qui sera en parallèle avec les découvertes cinéma, sachant que je parlerais ici de films connus et moins connus). Attention, le mot chef d’oeuvre sera parfois purement subjectif, même si le film sera très bon, peut-être sera-t-il un peu fort de le qualifier comme tel.

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Wong Kar-Wai, Jude Law, Natalie Portman, Rachel Weisz, Norah Jones. Un réalisateur exceptionnel, un casting ultra sexy et un film incroyable. Voilà comment on pourrait résumer My Blueberry Nights.
Certains connaissent. Pourtant, du grand public, ça varie entre « jamais entendu parlé » et « jamais eu l’occasion de le voir ».
Et c’est là mon but avec ces articles, vous faire naître l’envie de voir, de découvrir ce film, et peut-être qu’un jour vous vous direz, à la fnac, en passant devant le DVD « Tiens, ça me dit quelque chose, j’ai cru lire que c’était bien. Allez je le prend. »
Parce que c’est ça le 7ème art, une véritable merveille dont certaines perles méritent d’être vues.
My Blueberry Nights en fait partie.

L’histoire : Après une rupture, Liz (Norah Jones) se lie d’amitié avec Jeremy (Jude Law), un barman. Mais, elle décide, pour oublier, de partir dans un voyage à travers les Etats-Unis, où elle croisera Arnie (David Strathairn), flic devenu alcoolique suite au départ de sa femme Sue Lynn (sublime Rachel Weisz), et Leslie, accro aux jeux qui l’accompagnera une partie de son périple. Parallèlement, elle entretien une correspondance à sens unique avec Jeremy (celui-ci ne trouvant pas d’adresse).

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Wong Kar-Wai, de part sa réalisation excellente et très intime nous plonge dès la première minute dans l’intimité des personnages, dont finalement on ne connaît que très peu l’histoire. Cependant, au fur et à mesure que le voyage et la correspondance continuent, leurs psychologies et quelques bribes de leurs passés nous apparaissent, et simplement ça nous permettra de nous attacher aux protagonistes.
Le scénario justement. La plupart des détracteurs du films diront que les ellipses narratives sont vraiment trop fréquentes et parfois maladroites. Celles-ci sont pourtant excellemment bien amenées et surtout, le film nous montre l’essentiel. On arrive dans l’histoire à un moment donné, on en sort à un moment donné, sans flashbacks, sans épilogue.

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Le choix des acteurs, et surtout des actrices, est extrêmement judicieux. Bien sûr, Jude Law n’a plus rien à prouver. Mais le fait d’avoir choisi Norah Jones, Natalie Portman et Rachel Weisz, qui se ressemblent fortement physiquement, accentue alors le contraste de la personnalité de ces 3 personnages.
Ici, My Blueberry Nights aborde la quête de soit comme toile de fond, agrémenté d’une histoire d’amour complexe qui se crée à distance. La rédemption, l’oubli du passé de Elizabeth permet alors aussi à Jeremy d’oublier lui aussi.

Tout donc ici est important. L’excellente bande originale de Norah Jones, la réalisation tout comme l’éclairage, le scénario, les thèmes abordés, les acteurs. Et, quand tous ces éléments sont excellents, et surtout, quand ces complètement indissociable, on sait alors qu’on a devant nos yeux une véritable oeuvre.
C’est le cas de My Blueberry Nights, véritable claque émotive et cinématographique.

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