Posts Tagged ‘Avatar Press

13
Mai
11

Supergod

Après Black Summer et  No Hero, Warren Ellis livre enfin le troisième volet de son tryptique super-héroïque chez Avatar Press ! Une dernière mini-série qui s’impose comme une œuvre qui exploite à merveille toute la puissance symbolique et évocatrice des super héros.

Les hommes ont tout fait pour voir voler les super-héros, allant jusqu’à créer de toutes pièces les dieux qui sauveront la race humaine.
Mais personne ne s’est demandé comment ils s’y prendraient, ni même s’ils en auraient l’envie.
Découvrez le récit de l’apocalypse ou quand les super héros reprennent à leur compte le crédo dangereux « la fin justifie les moyens »

Black Summer traité de l’humanité des super-héros, et la notion de bien ou de mal pour quelqu’un en dehors de toutes influences politiques. No Hero traité lui de l’inverse, c’est-à-dire de la perte d’humanité et de repère des super-héros. Deux œuvres qui se répondaient, et qui abordé le super-héros d’une manière intelligente. Supergod lui touche non pas au super-héros directement, mais plutôt à ce qu’il représente, ce qu’il véhicule, ce qu’il symbolise. Une œuvre qui transcende son sujet, à la construction complexe, en traitant à la fois de la représentation de ses symboles par l’homme, qui les considèrent comme de véritables divinités, ainsi que de la capacité autodestructrice de l’humanité.

L’histoire commence dans une Londres totalement dévastée, avec un homme, Docteur Reddin, qui raconte la création de plusieurs super-héros dans différents pays, ainsi que les lourdes conséquences que cela a eu sur le monde, et tout cela à un certain Tommy. Dès le début, le lecteur est directement sollicité par la narration, avec ce personnage/narrateur qui, en s’adressant à ce « Tommy », s’adresse au lecteur, le rendant comme seul témoin de ce qui est raconté. (D’autant plus que le Tommy en question est américain, que Reddin balance pas mal sur les USA, et que le comic book a d’abord été publié là-bas…) Cette complicité installée va permettre au  récit d’être une sorte de témoignage, appuyé par l’utilisation, pour 95% de l’œuvre, des paroles de Reddin comme voix off (les dialogues sont très rares). Si cela peut paraitre lourd, la narration se révèle très efficace, avec une immersion quasi instantanée.

Là où la série aurait pu être une énième baston de super-héros, Supergod prend le parti original de ne pas décrire les super-héros comme tel, mais comme de véritables figures religieuses, symboles divins ou représentation matérielle d’une culture. Ainsi, les super-héros ne sont plus seulement des êtres avec des superpouvoirs, mais de véritables divinités, en tout cas aux yeux des hommes. Le rapport que vont avoir les hommes avec eux, en étant leurs créateurs, est merveilleusement décrit, avec d’un côté  un besoin identitaire de représentation divine (comme mis en évidence par l’exemple du veau d’or, dans la religion chrétienne), ainsi qu’une fascination pour ses êtres là. Mais l’aveuglement vis-à-vis de la nature de ses être-là et l’arrogance de l’humanité qui croit pouvoir contrôler des « divinités » va provoquer un choc entre héros, entre divinité, ou symboliquement entre civilisations. C’est l’homme lui-même, et non Dieu, qui va déclencher l’apocalypse.

Si toute cette dimension symbolique (qui est extrêmement dense, je vous laisse décortiquer chaque symboles à la lecture), une autre dimension scénaristique essentielle est parfaitement menée, c’est la dimension géopolitique. Warren Ellis arrive à inventer et décrire des situations politiques plausibles, avec un réalisme qui aide l’immersion. Le brillant scénariste anglais tient parfaitement les tenants et les aboutissants de son récit, extrêmement riche.

Avec une dimension scénaristique aussi riche et complexe (pour le coup, c’est vraiment ce qui se rapproche le plus d’un « Watchmen de Warren Ellis » contrairement à la promo de Black Summer), on pouvait espérer une partie graphique complètement dingue pour appuyer cette œuvre comme un chef d’œuvre du genre. La partie graphique est ici signé Garrie Gastonny, un jeune artiste d’un peu plus de trente ans, qui a un style assez proche de ce que serait un mélange entre le Carlos Pacheco de Ultimate Avengers et un Bryan Hitch en petite forme. Si, dit comme ça, ça donne pas très envie, il faut reconnaitre que c’est quand même bien plus lisible et sobre que Juan Rose Ryp, ce qui colle parfaitement à l’aspect réaliste de cette œuvre. De plus, l’artiste livre toute de même de très belles cases, montrant des combats dantesques et des paysages dévastés. Ce n’est pas aussi grandiose que le scénario, mais c’est tout de même très efficace et plaisant à lire.

Supergod est donc la meilleure série d’Ellis chez Avatar Press, clôturant parfaitement son triptyque avec une vraie réflexion sur l’aspect symbolique du super-héros, sur la religion, et sur l’humanité. Un comic-book absolument incontournable de l’année !!

Superbigor

07
Avr
11

Crossed

Le genre post-apocalyptique est très populaire en ce moment. On le voit avec le succès, en BD (créée par Robert Kirkman) et à la télé (adapté par AMC), de Walking Dead. Warren Ellis a également écrit sa propre série post-apo (FreakAngels) et, avec Crossed, c’est le scénariste Garth Ennis (Preacher, Punisher), connu pour sa délicatesse et sa finesse, qui s’attèle à raconter l’histoire d’un groupe de survivant dans un monde qui est sévèrement parti en couille. Chronique de cette série en 10 épisodes (et 2 tomes VF).

Ils sont partout. Hommes, femmes et enfants, tous victimes d’une mystérieuse infection qui change les parents en tueurs et les amants en violeurs. Sans pitié, ils répandent le mal et traquent les derniers membres de notre espèce à l’agonie. Dans une Amérique désolée, un petit groupe de survivants cherche à rejoindre l’Alaska, espérant y trouver le salut. Ils vont découvrir le prix de la survie… et de leur propre humanité.

Ce petit texte que l’on trouve au dos de l’édition française résume assez bien le principe de la série, et surtout la thématique principale qui y sera développée tout au long : l’humanité. En effet, Garth Ennis va, à travers ses personnages et leur lutte pour la survie, questionner sans cesse leur humanité, le bien fondé de leurs actes et de leurs décisions, parfois extrêmes. Si cela semble avoir déjà été abordé, brillamment, par Robert Kirkman dans la série Walking Dead, c’est ici poussé à l’extrême, grâce à une infection pour le moins originale, qui a justement pour conséquence d’enlever toute humanité aux infectés. Le scénariste va alors se donner à cœur joie à décrire des scènes violentes et gores, où l’hémoglobine coule à flot et où le sadisme des infestés met mal à l’aise.

C’est ainsi ce qui fait l’originalité de cet énième histoire de survivants, la nature de l’infection. Une perte d’humanité qui va donner lieu à des êtres dont le plaisir est de souffrir et faire souffrir, aussi bien physiquement que moralement. Car les infectés ne sont pas aussi bêtes que l’on croit, et élaborent parfois des plans assez « intelligents » pour que la souffrance soit plus grande. Ce sont ces monstres auxquels vont faire face notre groupe de survivants. Groupe formé par hasard, dans la vitesse; un sentiment qui se ressent grandement dans l’œuvre tant les personnages sont sans cesse en mouvements et se découvrent les uns des autres tout au long de « l’aventure ». Un groupe qui, du fait d’être confronté à des êtres inhumains, vont parfois le devenir également, dans une autre mesure.
Mais à côté de cette thématique forte et essentiel, Crossed se veut également un road trip à travers des USA dévastés par la violence. Et ce côté là n’est pas le point fort du récit. Le voyage en lui même n’est pas inintéressant mais est clairement un prétexte pour confronter ses hommes et femmes aux infectés. D’autant plus que, niveau personnage, mis à part les deux principaux (qui rappelles très étrangement Michonne et Rick) qui, eux, sont le moteur des questionnements humanistes d’Ennis, les autres paraissent assez bancales et peu intéressants. Pourtant, et étonnement, la seconde partie de la série développe beaucoup plus les seconds rôles (qui sont de moins en moins nombreux au fil des épisodes), les rendant attachant et, par conséquent, crée plus d’impact lors de leur « disparition ». Ennis a déjà été beaucoup plus vénère et malgré un concept qui aurait pu donner quelque chose d’ultra gore, le scénariste n’en fait pas trop. Si le début laissait un peu sur la fin, force est de constater que scénaristiquement, le second tome remonte le niveau.

Graphiquement, la série est assez banale. Là où Walking Dead utilisait le N&B pour souligner son univers déshumanisé, ici les couleurs sont à peine plus sombre, afin d’essayer de recréer ce même sentiment. Le dessin de l’artiste, Jacen Burrows, en lui même est assez efficace, surtout dans toutes les scènes violentes et assez hardcore, malgré les quelques problèmes de proportions. Les productions Avatar Press de Warren Ellis et Juan Jose Ryp ont également cet aspect d’ exagération de la quantité de sang dans le corps humain, mais Burrows est beaucoup moins solide que l’artiste espagnol. Un découpage classique, des dessins en soit pas très beau et des effets dynamiques et gores pas trop mal (malgré un « peu mieux faire »).

Un constat mi figue mi raisin donc pour la série post-apocalyptique de Garth Ennis. D’un côté, un bon traitement du récit post-apo, avec une approche plus frontale que les autres productions récentes et une thématique forte, et de l’autre un intrigue assez peu intéressante, malgré un gros regain d’intérêt dans la deuxième partie, et des dessins pas très beau sans être totalement scandaleux. Le formant une série assez inégale; fort dans son début grâce à son concept, faible dans son développement jusqu’au numéros 6/7, numéros qui amène une dimension émotionnelle au récit qui marche plutôt bien. Globalement une série sympa, sans être transcendante ou franchement indispensable. On attends surtout de voir ce que David Lapham, qui scénarise la suite (sous forme de mini-séries), va faire du concept et de la série.

Crossbigor

(PS: Un petit mot sur l’édition envoyé aux journalistes et blogueurs. Milady a fait de la sortie de ce second tome un évènement en l’envoyant dans une barquette de boucher pleine de sang (faux j’imagine… du moins j’espère…) et d’un couteau (en plastique… du moins j’espère…). Une initiative à relevé et à encouragé. Très peu d’éditeurs font cela et croient autant en leurs série. Chapeau Milady Graphics !)

28
Oct
10

Le Loup, le Philosophe et le Canadien

Ouais, parce que au lieu de vous faire 3 articles bien distincts, je préfère vous en faire un seul qui parle de 3 BDs (un peu comme cette fois là). Bon, je sais, ça sera mal répertorié par Google, mais je m’en fous, je fais pas ça pour l’argent moi (mais pour les filles). Aujourd’hui, 3 titres Milady Graphics, avec par ordre de format (du plus grand au plus petit) Wolfskin de Warren Ellis, Super Philo de Fred Van Lante et Scott Pilgrim T3 de Brian Lee O’Malley. Let’s rock !

Après Black Summer (qui était sympa) et No Hero (qui était mieux), l’équipe Warren Ellis/Juan Jose Ryp récidive chez Avatar Press avec Wolfskin. Cet ouvrage, composé de 3 épisodes et d’un annual (normal pour une mini-série), raconte l’histoire d’un Peau-de Loup qui, à la suite d’un combat dans une foret, va être impliqué dans une guerre civile au sein d’un village Mitan. Je vous ai résumé les 3/4 de l’album en une phrase. Et c’est pas moi qui suit fort, c’est le scénario qui est maigre. Le scénariste anglais, qui a notamment signé des chefs d’œuvre tel que Planetary, Nextwave ou Authority, nous livre ici une histoire inintéressante, mal écrite, uniquement prétexte à des scènes de boucheries gratuites. De mémoire, c’est la première fois que l’auteur s’attaque à de l’heroïc-fantasy, et on peut pas dire que ce soit réussi. Le personnage principale, dont l’on connait rien, si ce n’est que c’est un vrai dure et qu’il a une grosse b*te, est inintéressant lui aussi, et à aucun moment le récit va amener des enjeux quant à son sort ou celui du village. Si cela avait été une série régulière, on aurait pu se dire « roooh, c’est bon, ils vont développer le personnage dans le tome 2 ».  Or ce n’est pas le cas (du moins pas avant 2009, sachant que ces épisodes ont été publié en 2006 aux USA…). De plus, le travail de Juan Jose Ryp est, comme à son habitude, quelque peu lourd, parfois illisible, et souligne l’aspect gore du récit. Si sur Black Summer ou No Hero, ça restait un minimum justifié, ici, c’est totalement gratuit, avec du sang en moyenne toute les deux pages. Mais il serait de mauvaise fois de ne pas parler des quelques planches absolument grandioses (notamment l’apparition de Dieu) Le dernier épisode est par contre dessiné par l’italien Gianluca Pagliarani. Si c’est plus lisible et agréable que son confrère espagnol, ça n’en reste pas moins rigide et difforme, par moment. Une vraie déception donc, surtout quand on connait le potentiel de ce duo, et surtout du scénariste.

Vous ne connaissez pas la philosophie ? Vous n’y avez jamais rien compris ?  Ou ça vous a toujours gonflé ? Super Philo est pour toi ! Le scénariste Fred Van Lante, qui a beaucoup bossé chez Marvel notamment sur Marvel Zombie, ou en ce moment, sur Hercule avec le crossover Chaos War, fait équipe avec le dessinateur Ryan Dunlavey, dessinateur de la série Comic Book Comics et du web comic M.O.D.O.K., afin de raconter de façon humoristique la vie et les thèses des plus grands philosophes. De Platon et sa fameuse caverne, à Nietzsche et sa théorie du sur-homme, les deux hommes parodie, tout en étant très fidèle, ces figures emblématiques de la philosophie. Et c’est là, la grande originalité et force de l’ouvrage : expliquer ces thèses, en apparence complexe, de façon humoristique et juste, afin de mieux faire passer le message. C’est drôle, tout en faisant réfléchir donc, grâce a des dessins très simple et cartoon, soulignant les traits humoristiques des personnages (Planton en catcheur, qui fait penser à Hulk) et une narration très sérieuse. Parfait pour découvrir la philosophie de manière originale en somme (comme moi).

Scott Pilgrim est un jeune canadien, un peu loser, qui joue dans un groupe de rock et qui n’a pas une vie amoureuse des plus trépidantes. Et un jour, il va rêver d’une fille, qu’il va finir par rencontrer dans la vraie vie. Cette fille, c’est Ramona Flowers. Sauf que pour sortir avec elle, il faut affronter ses 7 evil ex-boyfriends. Après avoir battu le premier, Matthew Patel (dans le tome 1) et le second, Lucas Lee (dans le tome 2), Scott va devoir affronter le troisième ex de Ramona : Todd Ingram. Et il se trouve que, par le plus malheureux des hasards, c’est l’actuel petit ami d’une certaine Envy Adams, une ex à Scott. Une situation plutôt délicate donc. Après un premier tome très sympathique et frais, qui posait la situation, et un second qui continuait dans la voie du délire pop culturelle, ce troisième tome s’impose comme celui qui mélange le plus habillement combats sur-réalistes et romance. Avec un dessin toujours très simple mais très dynamique, faisant parfois penser au manga, Brian Lee O’Malley continue tranquillement son histoire, en compliquant de plus en plus la tâche de Scott. En effet, ici, il ne va pas juste devoir affronter Todd, mais aussi, indirectement, son ex-petite amie, Envy. L’auteur va donc, avec plusieurs flashbacks, donner une réponse à la question : que s’est-il passé entre Envy et Scott ? Les histoires de cœur qui s’entre-mêles prennent donc une part plus importante du récit qu’auparavant, mais tout en gardant ce côté complètement barré, notamment lors d’une course dans un grand magasin canadien, le Honest Eds, ou lors du combat final. Une lecture de plus en plus plaisante au fil du temps. On attends le quatrième tome avec impatience (en Décembre, si tous va bien).

J’avais aussi prévu, dans un futur proche, de vous parler de Asterios Polyp, la dernière œuvre de David Mazzucchelli, mais Basile et Guillaume ont déjà fait une excellente chronique sur cloneweb donc bon…

Super Bigorskin

20
Juin
10

Les sorties comics de juin, ça envoie du lourd.

Ce mois de juin est surement le mois le plus chargé en sorties de l’année. Que ce soit du côté de Panini Comics, de Milady Graphics ou même de certains éditeurs qu’on aurait pas venu venir, tous sortent la grosse artillerie qui restera dans les rayons durant tout l’été. Petite sélection dans ce flot de sorties !

Commençons par le plus gros éditeur de comics en France, j’ai nommé Panini Comics. L’éditeur continue la majorité de ses séries, en sortant les tomes 2 de The Losers et Jonah Hex (Qui ont tous deux des macarons « La bande dessinée dont le film est tiré » alors que ils ont tous deux étaient repoussé à une date inconnu), mais également le tome 4 de l’extraordinaire série de Warren Ellis et John Cassady, Planetary. On peut noter également la sortie de Daredevil Noir, 4ème ouvrage de cette ligne (je reviendrai dessus dans quelques jours avec un invité) et la réédition de la première partie d’Avengers Forever, considérée comme la meilleure histoire des vengeurs.

Mais le vrai gros coup de poing de Panini, c’est le lancement d’un nouveau magasine bimestriel, attendu depuis un petit moment par les fans, déçu de la fusion des revues Superman et Batman à la suite du crossover Infinite Crisis, j’ai nommé Batman Universe ! (excusez, c’est l’émotion) Remettons les éléments dans son contexte : Batman est « mort ». Enfin, tout le monde le croit mort. Mais il a, en réalité, après avoir été touché par des rayons Omega de Darkseid (durant le crossover Final Crisis), atterrit dans le passé, à la préhistoire. C’est donc l’occasion rêvé de relancer le héros en France. Le premier numéro accueil une magnifique histoire en deux parties de Neil Gaiman et Andy Kubert qui rend hommage au personnage, mais également le premier volet de la série Batman: Battle for the Cowl signé Tony Daniel visant à designer un nouveau protecteur de Gotham. Ce nouveau magasine est le parfait ouvrage pour les lecteurs novices de se mettre à l’univers DC. Un must have ! Tant qu’on parle de Batman, Panini réédite l’œuvre de Grant Morrison et Dave McKean, Arkham Asylum. Bon, et parce que c’est cool, ya aussi Ultimate Spider-Man numéro 2, parce que c’est toujours aussi bien que le 1. (Quoi ? J’ai oublié Kick Ass 2 ? Nan nan, c’est juste que c’est nul.) Donc pour conclure, du gros, du trèèèès gros ce mois de juin chez Panini. (Je crois que je vais mettre quelques temps à tout avoir moi.)

Du côté de nos amis Milady Graphics, seulement deux grosses sorties, mais pas des moindres. Tout d’abord, le second volet des aventures du canadien Scott Pilgrim. Après un premier tome très très sympathique, qui installait une intrigue pour le moins originale et qui présentait ses personnages assez habilement, ce second tome, en rajoutant un passé au héros mais surtout en développant un peu plus la psychologie de certains personnages, rends l’histoire encore plus riche, tout en livrant également quelques scènes de combat assez savoureuses. L’ouvrage commence sur un flash back racontant le passé de Scott au lycée, une séquence un peu maladroite où les ellipses s’enchainent sans réelle cohérence mais qui va permettre d’expliquer un peu plus le comportement de certains personnages (notamment Kim). Comme pour le premier tome, ce second volet mélange toujours aussi bien le teenage movie et la gros délire geek avec des combats et des personnages toujours aussi bien écrit et attachant. Même si certains éléments arrivent sans prévenir, cela reste toujours aussi sympathique, fun et frais. J’attends avec impatience le 3° tome, mais surtout l’adaptation d’Edgar Wright.

L’autre grosse sortie, c’est No Hero, de Warren Ellis et Juan Jose Ryp, 2nd partie de son triptyque sur les super-héros chez Avatar Press. L’histoire ce place dans un monde où un homme, Carrick Masterson, a découvert, dans les années 60, que la molécule du FX7 pouvait donner des pouvoirs aux individus. Il va alors former une super équipe qui s’appellera d’abord Levellers, avant d’être renommé la Front Line. En 2011, plusieurs membres de de cette équipe se font tuer. C’est alors que Joshua Carver se fait remarquer afin de devenir à son tour un super héros. Mais jusqu’où peut-il allé pour en devenir un ? Ce comics s’inscrit dans l’œuvre de Ellis comme celle qui pousse à bout le concept et le symbole du super-héros (symbole qui est ici réduit complètement à néant, comme dans la plus part  de ses œuvres). Ultra gore, mais sans être gratuit comme pouvait l’être Black Summer (critiqué ici pour ceux qui l’ont raté), le scénario est intelligent et amène une réflexion sur le monde d’aujourd’hui. Certes, cela ne vaut clairement pas certaines œuvres du sir comme The Authority, mais ça à la mérite de livrer une conclusion de haute volée (c’est le cas de le dire) et d’être de bonne facture.

Mais il ne faut pas croire, même les éditeurs pas habitués à sortir du comics s’y mettent afin de manger une petite part de ce marché qui semble si lucratif. On d’abord le droit chez Akileos à la fin de la série The End League de Rick Remender (également scénariste de Punisher) et est dessiné par le prodigieux Eric Canete. (Enter The Mandarin) La grosse surprise sort de chez Le Lombard, qui se met à la traduction avec Freak Angels, de Warren Ellis (encore lui !) et Paul Duffield. A la base, c’est un web comics, et l’éditeur français a eu la bonne idée de traduire cela et de le proposer dans une belle édition soignée. (mais si vous êtes un rat et que vous savez lire en anglais, cliquez ici.)

Du lourd, du très très lourd ce mois ci donc. Vous n’avez plus qu’à faire votre choix, (ou vous faites comme moi, vous braquer les vieilles que vous croisez et vous prenez tous). De toute façon, ya rien au ciné… Ah, Xidius me tape et me dit le contraire… Autant pour moi !

Bigorneau VS. The World




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