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18
Jan
10

le cinéma allemand: un retour sur l’histoire. Good bye, Lenin! (2/3)

Good bye, Lenin! est un film allemand, réalisé par Wolfgang Becker, sorti en Allemagne en 2003.

Ce film a énormément marqué le public allemand et européen par l’image qu’il véhicule de la fin de la RDA, et le début de la réunification allemande.

En 1989, Christiane est une fervente partisane du pouvoir communiste en déclin, pourtant émoussé depuis des années. La RDA vit ses dernières heures d’existence, et l’ombre de la chute du mur plane déjà au dessus de Berlin. Un soir, elle aperçoit son fils Alex dans une manifestation contre le pouvoir, elle s’évanouit et tombe dans le coma. Lorsqu’elle se réveille en juin 1990, la RDA n’est plus et le capitalisme a commencé à envahir la partie Est du pays. Alex va alors faire tout ce qui est en son possible pour que sa mère ne découvre rien de la vérité, car un trop grand choc pourrait la mettre en danger.

Le film est bercé par l’exceptionnelle musique de Yann Tiersen (Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain). La grande force de ce film réside dans son scénario absolument loufoque, particulièrement original et travaillé. On s’amuse et on s’inquiète des stratagèmes abracadabrants d’Alex pour cacher à sa mère la vérité. La morale ne tombe jamais dans le manichéisme, ce qui reste une force trop rare au cinéma. En effet, si une critique de l’immobilisme et de la stérilité du communisme est faite, sans exagération,  on perçoit, sans doute moins fortement, un regard ironique, parfois acerbe du réalisateur vis à vis de ce capitalisme fou qui envahit la partie Est du pays.


Le personnage incarné par Daniel Brühl (vu dans Inglorious Basterds) est le fil conducteur de ce film remarquable: il est particulièrement attachant par la dévotion qu’il prouve à sa mère malade. Il est intéressant de le voir évoluer dans ce nouveau monde qui s’ouvre, à la recherche de son passé et de lui-même. Et c’est bien en ce sens que Good bye, Lenin! dépasse le cadre du film historique, il est le symbole de toute une génération de jeunes allemands qui se sont ouverts au monde et à la liberté, le symbole d’une Allemagne retrouvée.

Goodbye Lenin!, vous l’aurez compris, est un film incontournable par le remarquable scénario qu’il propose, et la finesse avec lequel il traite des sujets aussi lourds que ceux qui jonchent l’Histoire allemande. Preuve, s’il en fallait encore une, que cinéma, et Histoire ne sont en rien incompatibles.

Oceanlook.

11
Jan
10

Le cinéma allemand: un retour sur l’histoire. La Vie des Autres (1/3)

Depuis quelques années, vous aurez constaté, si vous êtes un habitué des salles obscures, la qualité des quelques productions allemandes qui traversent le Rhin pour venir en France. Ce que vous aurez également remarqué, ce sont les thématiques de ces films, qui, généralement, portent sur l’Histoire-très chargée il faut dire-de l’Allemagne dans la seconde moitié du 20ème siècle. En trois numéros, à partir d’aujourd’hui, je vais vous présenter trois films qui sont particulièrement révélateurs de cette tendance, sortis les années précédentes: La Vie des Autres (Das Leben der Anderen), Goodbye Lenin! et La Chute.

La Vie des Autres, Das Leben der Anderen en allemand, est film réalisé en par Florian Henckel von Donnersmarck en 2006, sorti en France en 2007. On peut d’ors et déjà signaler qu’il s’agit là du premier long métrage de Donnersmarck. L’intrigue nous plonge au coeur de la RDA (République Démocratique Allemande), ou ex-Allemagne de l’Est, en 1984.

Georg Dreyman, auteur de pièces de théâtre est mis sous surveillance par la Stasi, le service de police, de renseignements et d’espionnage du régime communiste. Le ministre de la culture, Bruno Hempf, est tombé amoureux de Christa-Maria Sieland, tragédienne et épouse de Dreyman, veut faire tomber le dramaturge pour s’emparer de sa femme. Un agent de la Stasi, Gerd Wiesler, se voit chargé de la mission de trouver quelque chose contre Dreyman. L’intéret réel du film tourne autour de lui, et du tiraillement qu’il éprouvera entre accomplir son métier et sauver ce couple d’artistes qui le fascine.

(Wiesler, en proie au doute)

La Vie des autres

La Vie des Autres est un film qui frappe tout d’abord par son réalisme froid. L’image est volontairement terne, jaunâtre par endroits, pour faire ressortir l’atmosphère glauque de cette époque troublée. Le système de mise sur écoute est ingénieux, le spectateur se trouve exactement dans la même position que Wiesler: il écoute les conversations du couple, observe les agissements des uns et des autres sans pouvoir être vu., ce qui confère au film une ambiance de huit-clos. Le scénario de Donnersmarck est absolument magistral, ne dévoilant les éléments que minutieusement, laissant planer un doute constant, des interrogations nombreuses, et délivrant un final à couper de souffle. On ne manquera pas d’évoquer une réalisation digne des plus grands, un casting exceptionnel, mené par le regretté Ulrich Mühe au sommet de son art dans ce rôle d’agent de la Stasi, personnage glacial enfermé dans sa vie médiocre et dont les facettes ne cesseront de se renverser au cours de l’intrigue.

Le regard de Donnersmack sur cette époque est sans appel: les espionnages commis par la Stasi ont créé de véritables drames, dans une société où régnait la terreur et la délation. Les interrogatoires, les investigations sont d’un réalisme saisissant (le réalisateur avait contacté d’anciens membres de la Stasi). Toutefois, le personnage de Wiesler laisse entrevoir un semblant d’humanité dans ce monde où les intérêts personnels, les affaires d’Etat étouffent complètement l’humain.

Vous l’aurez compris, La Vie des Autres est un film indispensable. Pour moi, le meilleur de l’année 2007.

Consacré par une critique unanime et un public en 2007, La Vie des Autres a reçu d’autre part un nombre de récompenses assez invraisemblable:

  • Académie européenne du film 2006 :
    • Prix du meilleur film européen 2006
    • Prix du meilleur acteur européen 2006
    • Prix européen du scénario 2006
  • Prix du film allemand 2006 (Deutscher Filmpreis 2006)
    • Meilleur film
    • Meilleur acteur principal masculin
    • Meilleur rôle secondaire masculin
    • Meilleure réalisation
    • Meilleur scénario
    • Meilleure prise de vue
    • Meilleure image
  • Festival du film de Bavière 2005 (Bayerischer Filmpreis 2005) :
    • Meilleur acteur principal
    • Meilleur scénario
    • Meilleure réalisation
    • Meilleure production
  • Festival international du film de Locarno en 2006
    • Prix du public
  • Golden Globe Award
    • Nomination dans la catégorie Golden Globe Award : Meilleur film étranger
  • Oscars
    • Victoire dans la catégorie Oscar du meilleur film en langue étrangère
  • BAFTA Film Awards
    • Meilleur film étranger
  • Césars
  • Meilleur film étranger 2008

La bande annonce du film:

Oceanlook.




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