Archive for the 'Livres' Category

16
Jan
12

Au pays de la Dystopie #4: Virus LIV.3

Pour cette nouvelle chronique dystopique, j’ai décidé de revenir un peu en arrière et de vous parler d’un livre lu pendant mon adolescence : il était au programme de mon cours de français alors que j’étais en 3ème. A bien y réfléchir, Virus LIVE, c’est ma toute première dystopie, même si le genre n’existait pas vraiment à l’époque. Raison pour laquelle j’ai décidé de l’intégrer à ma sélection.

Le pitch ? En 2095, deux clans se sont formés : les Zappeurs (adeptes des écrans) et les Lettrés (population allergique aux ordinateurs et ayant pour seuls centres d’intérêt l’écriture, la littérature et la lecture). Un virus créé par les Zappeurs permet aux lecteurs de plonger (au sens propre du terme) dans le récit, et d’assister à l’action tel un spectateur au cinéma. La contrepartie : les mots s’effaces définitivement au fur et à mesure que l’histoire se déroule. Allis est désignée pour infiltrer le clan des Zappeurs et pour trouver l’antidote. Si elle n’y parvient pas, les livres disparaîtront totalement.

Virus LIV3 se déroule dans un monde futuriste. Même si 2095, ça ne nous paraît plus si loin, il faut prendre en compte que ce libre a été écrit dans les années 90. Il s’adresse principalement à un public jeune, mais les protagonistes sont pourtant des adultes. On y parle de rencontres online, de chat, et surtout de cyborgs, les « Hommes écrans », créés par les Zappeurs pour se rapprocher des machines.

A l’époque, j’avais dévoré le livre. Aujourd’hui, en le relisant, je me rends compte que mon avis a totalement changé. J’ai grandi, certes, mais le livre a également mal vieilli, selon moi. Contrairement à un livre comme 1984 d’Orwell (écrit il y a 60 ans et pourtant toujours aussi passionnant), Virus LIV3 a ciblé une période pas si lointaine (une petite centaine d’années) tout en parlant d’innovations qui commençaient à se développer. L’auteur a peut être pensé que la technologie n’avancerait pas si vite. Il s’est trompé.

Lire Virus LIV3 aujourd’hui, c’est un peu comme retrouver les bons vieux chats Caramail (pour ceux qui ont connu). L’univers est censé être futuriste, mais parle de technologies que nous utilisons tous les jours désormais (Smartphones, tablettes…) et c’est dommage. Ce livre qui m’avait paru tellement innovant il y a 10 ans me semble bien terne aujourd’hui.

Son seul point positif (selon moi) est le thème choisi. Un virus qui détruit les livres, ça au moins c’est un sujet novateur et peu développé.

Dans deux semaines (et Dieu sait si j’ai hâte !), je vous parlerais de la saga Gone, de Michael Grant. J’ai eu un véritable coup de cœur pour cette histoire, au point de dévorer les quatre premiers volumes (de 500 pages chacun) en moins de 10 jours (et c’est un budget, j’envisage de demander à Pocket Jeunesse de me sponsoriser).

Virus Loun.3

12
Déc
11

Au pays de la dystopie #3: Battle Royale

L’histoire de base de Battle Royale ressemble à celle de Hunger Games. Pour empêcher le soulèvement des populations, le gouvernement japonnais désigne chaque année une classe d’élèves de 3ème, qui doivent se battre à mort sur une île jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un survivant. En revanche, Battle Royale est nettement plus trash et sanglant.  Âmes sensibles s’abstenir.

Battle Royale: le film

Synopsis: Dans un avenir proche, les élèves de la classe B de 3ème du collège Shiroiwa ont été amenés sur une île déserte par une armée mystérieuse. Un adulte surgit tout à coup devant eux : leur ancien professeur Kitano. Il leur annonce qu’ils vont participer à un jeu de massacre dont la règle consiste à s’entretuer. Seul le dernier des survivants pourra regagner son foyer. Kitano leur présente deux nouveaux élèves très inquiétants. Des coups de feu retentissent pour convaincre les incrédules. Selon la loi de réforme de l’éducation pour le nouveau siècle, ce sacrifice permettra de former des adultes sains. Abandonnés chacun à son sort avec de la nourriture et une arme, les adolescents disposent d’un délai de trois jours pour s’entretuer.

Le film de Kinji Fukasaku, sorti en 2000, porte sur un thème innovant : rares sont les réalisateurs à oser mettre en scène des enfants / adolescents s’étripant joyeusement, qui plus est dans une satyre de gouvernement autarcique et tyrannique.

Interdit aux moins de 16 ans (et on comprend pourquoi !), Battle Royale est un film sanglant (dans lequel on voit aussi bien des massacres à l’arme blanche qu’à mains nues, sans parler des empoisonnements et des exécutions à la mitrailleuses. Passé cet aspect peu ragoûtant (on avait dit aux âmes sensibles de s’abstenir…), le film est réellement prenant, et on se met facilement dans la peau des deux héros, Shûya et Noriko, et de l’anti-héros Kawada (je n’en dirais pas plus sur lui histoire de ne pas jouer les spoiler).

Entre adultes démissionnaires et adolescents engagés, scènes de massacres et musique classique, Battle Royale est un film où règnent en maître les oppositions. Et soyons honnêtes, il n’y avait vraiment que les japonais pour créer ça.

Battle Royale: le livre

Le roman de Koshun Takami, dont est inspiré le film, est sorti en France bien après celui-ci (ce qui explique le fait qu’il est nettement moins connu), puisqu’il n’a été édité en français qu’en 2006.

A mon habitude (vous commencez à le savoir), j’ai préféré le livre au film (même si ce dernier est plein de qualités). L’histoire est légèrement différente, notamment au niveau des personnages, mais la ligne reste la même. Encore une fois, je déconseille aux âmes sensibles et aux esprits trop imaginatifs de lire ce livre. Car tout comme le film, il est sanglant à souhait. Attention, on ne parle pas ici d’un petit bouquin mais d’un véritable pavé de 625 pages d’actions et de descriptions toutes plus réalistes les unes que les autres. On pourrait presque le qualifier de livre parfait au niveau de l’intérêt : pas une minute d’ennui sur 625 pages, c’est tout de même un exploit.

Le gros point fort du livre viens justement de ces descriptions, très complètes, qui donnent une réelle saveur au livre et permettent au lecteur de se plonger dans l’histoire comme s’il était face à un film : on pourrait presque voir les gouttes de sang couler des pages.

Battle Royale: le manga

Et pour garder le meilleur pour la fin, je termine cette chronique par les mangas inspirés du livre Battle Royale. Personnellement, c’est ainsi que j’ai découvert l’histoire, avant de voir le film, puis de lire le livre, et c’est sans aucun doute le support que j’ai préféré.

Les dessins sont réalisés à la perfection, même si, d’après moi, ils vieillissent les personnages qui sont sensés être des adolescents. A part ce petit bémol, le manga réuni toutes les qualités pour en faire un succès : violence extrême (encore pire que dans le film et dans le livre), sexualité trash (deux ou trois volumes peuvent être assimilés à des mangas pornographiques)… Le support dessiné fait que les deux auteurs peuvent se permettre toutes les libertés. 15 tomes tous plus prenants les uns que les autres.

Voilà, c’est tout pour cette fois, félicitations à tous les courageux qui ont pris la peine de lire cet article jusqu’au bout. On se retrouve dans deux semaines pour parler d’un virus qui s’attaque aux livres, dans un monde futuriste peuplé de cyborgs !

Loun Royale

28
Nov
11

Au pays de la dystopie #2: Little Brother

Little Brother de Cory Doctorow s’inscrit dans la veine de 1984, de George Orwell. Afin de protéger les citoyens, ceux-ci sont observés, encadrés à outrance. Jusqu’à ce que le système se retourne contre ses créateurs…

L’Amérique, faisant fi des droits constitutionnels de ses citoyens, observe et analyse les faits et gestes de chacun. Marcus, alias W1n5t0n, est une jeune passionné de jeux vidéos et d’informatique. Pirate en herbe, il est toujours en quête de moyens de détourner le système. Alors qu’il joue à un jeu vidéo grandeur réelle, une bombe explose à San Francisco. Au mauvais endroit, au mauvais moment, lui et ses amis sont arrêtés et torturés, accusés de terrorisme. Une fois libéré, Marcus décide de détruire ce système oppressant en exploitant les failles du système. Il devient alors M1k3y, pirate informatique et leader d’un mouvement de révolte qui enflamme le pays.

Little Brother est exactement le type d’histoire prenante, car extrêmement réaliste. Dans un monde obsédé par le terrorisme, dans lequel certains gouvernements sont prêts à écraser les droits des hommes pour obtenir des résultats, on peut tout à fait imaginer la mise en place de systèmes de surveillance de grande ampleur pour « le bien commun ».
Plusieurs films ont d’ailleurs exploité ce filon, de Minority Report à Equilibrium (dont nous parlerons sûrement un peu plus tard). Ici, l’auteur ajoute la dimension 2.0, afin d’ajouter à la psychose qui peut gagner le lecteur. Aujourd’hui, entre les appareils électroniques truffés de puces, de systèmes de localisation et les facilités d’espionnage en ligne permises par le développement d’Internet, n’importe qui pourrait facilement exploiter son voisin.

Little Brother fait prendre conscience au lecteur qu’il n’y a rien de plus facile que d’espionner son prochain, avec un minimum de connaissances en informatique et de débrouillardise. Aujourd’hui, tout le monde possède un existence sur le web, voulue ou non.
Alors certes, Little Brother est l’histoire d’un garçon qui se révolte contre le système et tente de le détruire. Mais pour cela, il utilise tout de même les informations présentes sur tous les citoyens sur la toile. Amis paranoïaques, prenez garde : nous sommes tous sous surveillance.

Dans 2 semaines, on partira dans un univers un peu plus trash et violent. J’analyserais pour vous Battle Royale à travers ses trois traitements : le livre, le film et les mangas.

Little Loun

14
Nov
11

Au pays de la dystopie #1: Hunger Games

C’est la fin des gentilles histoires à la Twilight ou Harry Potter, avec des créatures mythiques plus ou moins mignonnes. Aujourd’hui, la littérature pour jeunes (et moins jeunes) dis adieu à l’utopie pour se plonger toute entière dans la dystopie. Un nouveau genre dans lequel le héros doit faire face à ses peurs… Et au monde qui se ligue contre lui. Ce genre ne date pas d’hier et est notamment illustré par des romans tels que 1984 de George Orwell. Mais aujourd’hui, la littérature dystopique connaît un regain d’intensité, raison pour laquelle j’ai décidé de lui consacrer cette chronique. Et pour commencer, je vais donc vous parler de la trilogie Hunger Games, de Suzanne Collins.

Dans des Etats-Unis détruits par la guerre et les soulèvements, le Capitole a trouvé un moyen de maintenir les 12 districts sous sa coupe. Chaque année, il organise les Hungers Games, les jeux de la faim, durant lesquels s’affrontent 24 adolescents, un garçon et une fille de chaque district. Sous l’oeil des caméras, et alors que chaque habitant est forcé de les regarder, ils doivent d’entretuer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Malgré sa haine pour ce système oppressant et injuste, Katniss décide de se porter volontaire pour empêcher sa petite soeur de participer, sans savoir qu’elle va devenir la figure de la résistance.
Le concept de « combattre jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un » n’est pas nouveau dans le monde de la littérature (qui n’a jamais vu / lu / entendu parler de Battle Royale ? Je vous en reparlerais dans quelques semaines). Ici, les enfants qui doivent se combattre sont les esclaves d’un système qui impose la terreur comme moyen de garder les populations sous sa coupe. Un concept horrible, mais qui a pu inspirer des émissions telles que Koh Lanta (A la fin, il n’en restera qu’un) dans lesquelles les aventuriers doivent combattre à la fois la nature et leurs adversaires, éliminés un par un, pour obtenir la victoire.

Le premier volume d’Hunger Games est vraiment prenant, original dans le traitement, et plus grand public que Battle Royale car nettement moins trash et sanglant. Les deux opus suivants ont cependant été plus que décevants (pour ma part) car trop prévisibles, avec une fin franchement gnangnan (on reste dans de la littérature destinée aux ados, on coupe pas à la fin à l’eau de rose malheureusement)…
Toujours est-il que l’histoire a su séduire des producteurs, qui ont décidé d’adapter le film au cinéma. Le casting est booké, le tournage en cours et la sortie prévue pour le mois d’avril. L’occasion pour moi de revenir pour un passionnant comparatif. N’étant pas une grande fan des adaptations à la base, et ayant été particulièrement déçue par le casting (Hailee Steinfeld aurait été 1 000 fois mieux que Jennifer Lawrence dans le rôle de Katniss selon moi), je préfère m’attendre au pire, histoire d’éviter une déception !

Dans deux semaine, je me pencherais sur Little Brother, un livre qui devrait paraître au début de l’année 2012. Au programme : geekeries, oppression gouvernementale et terrorisme 2.0 !

Loun

15
Oct
09

[Littérature] Solo, de Michka Assayas

bono_par_bono

Une fois n’est pas coutume, je délaisse mon domaine de prédilection qu’est le cinéma pour vous parler cette fois-ci de littérature.
Et de pas n’importe qui. De Michka Assayas. Si ce nom vous est familier c’est parce qu’il a écrit Bono par Bono. Ceci dit, hormis cette excellente entrevue avec le chanteur de U2 qui laisse largement voir que Paul Hewson (tel est son nom) est une personne comme une autre finalement. Mais là n’est pas le sujet.
Michka donc, est connu pour avoir forcément écrit Bono par Bono, pour avoir supervisé Le Dictionnaire du Rock. Il anime actuellement Subjectif 21, une émission sur l’histoire du rock, tous les dimanche soirs à 22h00 sur France Inter. Il est aussi le frère du cinéaste Olivier Assayas qui prépare actuellement une fiction pour Canal +.

solomichka

Il y a quelques jours est sorti son quatrième roman, Solo. Celui-ci conte l’histoire d’une star du rock française, Denis Guillerm qui se voit rattraper par le passé. Une ancienne maîtresse, Tatiana, le recontacte pour lui demander de l’argent suite à une IVG, modique somme en soit pour la star, mais cette dette le bouleverse et il commence alors à se remettre sérieusement en question.
Voilà à peu près l’histoire de ce livre live un peu esseulé (c’est lui-même qui le dit). L’histoire atypique nous plonge dans une ambiance un peu glauque et paranoïaque (du moins au début), mais le livre est accentué d’une pointe d’humour noire qui n’est pas pour me déplaire.

J’ai eu l’occasion de parler avec Monsieur Assayas himself pendant une heure. Hormis avoir parlé des 4 irlandais pendant à peu près 58 minutes, très accessible et sympathique, il m’a expliqué que Solo est un livre qu’il a eu envie de faire, et grâce au succès de ses précédents ouvrages, il a donc eu plus de libertés. N’hésitez plus, Solo ferait un excellent cadeau de Noël, ou de cadeau tout court d’ailleurs.

Je n’ai pas le mérite d’être influent sur mes lecteurs, je ne sais pas combien d’entre vous ce sont intéressé à Brendan et le secret de Kells ou My Blueberry Nights. Mais si vous allez dans une Fnac ou un Virgin, jetez-y un oeil, peut être que ce livre vous plaira.

Mystermask, qui remercie Michka.

14
Mai
09

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. Stieg Larsson.

Chers lecteurs d’Absolute Zone, vous ne le savez pas encore, mais le mois prochain vous retrouverez (avec joie et mélancolie) la dernière émission de Critika de cette saison.

Et au programme de cette future émission, vous retrouverez l’adaptation par Niels Van Oplen du désormais fameux roman de Stieg Larsson, Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Millénium 1). Premier volet d’une trilogie de polars, Oceanlook a littéralement dévoré ce sacré pavé de plus de 500 pages, pour vous livrer son analyse.

Un polar fascinant

Dès les premières pages, Les hommes qui n’aimaient pas les femmes est un roman intriguant. Plongé dans un monde totalement inconnu pour nous, lecteurs fançais, la Suède, à propos de laquelle nous avons un nombre incalculable de préjugés, on ne sait pas tellement à quoi s’attendre. Volontairement, l’auteur nous emmène sur une piste trompeuse. Mikael Blonkvist, personnage principal, est le rédacteur en chef de Millénium, « revue d’investigations sociales et économiques », et est au tout début de l’intrigue condamné pour diffamation à l’encontre d’un géant de l’industrie suédoise, après avoir écrit un article acerbe sur ce personnage. Mais bientôt, Mikael va se retrouver embarqué dans une affaire bien plus sinistre, une affaire de disparition mystérieuse survenue il y a de ça presque quarante ans. Engagé par Henrik Vanger, figure emblématique de l’économie suédoise, Mikael Blonkvist aura pour mission de résoudre une histoire mille fois remuée par la police, l’affaire « des fleurs séchées », et trouver ce qui est arrivé à Harriet Vanger, la nièce de son employeur. Il aura bien besoin de l’aide de Lisbeth Salander, hackeuse de génie et dérangée psychologiquement, pour surmenter cette épreuve qui s’enfonce dans les méandres des haines familiales, du fanatisme religieux et des meurtres en série.

Au début le roman ronronne un peu le temps que les éléments se mettent en place mais dès que l’intrigue pricipale est lancée, Stieg Larsson mène son roman à un rythme effréné où les éléments s’enchainent parfaitement ainsi que les rebondissements, pour tenir le lecteur constamment éveillé. Peu à peu, en même temps que les personnages du livre, on comprend toute l’ampleur de l’affaire, toute  son horreur. Crainte et angoisse sont rendez-vous dans un polar qui tire sans concessions dans une ambiance sombre, morbide.

Les personnages.

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes s’appuit essentiellement sur deux personnages, Mikael Blonkvist et Lisbeth Salander.

Mikael Blonkvist ne ressemble en rien aux habituels enquêteurs, tout simplement parce qu’il est avant tout journaliste. Stieg Larsson se fondera principalement sur cette caractéristique pour construire son personnage. Malin et curieux, « Super Blonkvist » est aussi paradoxalement un homme faible et abattu par la perte de son procès. Cependant il fait partie de ces héros qui savent très bien démêler le vrai le faux et analyser tous les éléments d’une affaire complexe. Avec une pincée de chance et d’aide extérieure, Mikael Blonkvist est ainsi un enquêteur redoutable. Ses relations très complexes avec les femmes nourissent la personnalité contrastée de ce personnage.

Lisbeth Salander, de son côté, ne ressemble à personne. Renfermée sur elle, elle est cependant une hackeuse de génie, qui n’a pas froid aux yeux et qui est par conséquent capable de tout. Froide et souvent irréfléchie, elle est le complément idéal de Mikael Blonkvist dans cette affaire. Placée sous contrôle social, elle traîne derrière elle un lourd passé et semble atteinte du syndrome d’Asperger. Sa personnalité ultra-complexe fait de Lisbeth Salander le personnage le plus énigmatique de « Millénium ».

(Stieg Larsson)

Stieg Larsson et la Suède.

L’auteur, Stieg Larsson, participe grandement à l’intéret succité par  la trilogie Millénium… En effet, mort d’une crise cardiaque en 2004 après avoir remis à son éditeur les trois romans de la série Millénium. Il n’aura donc pas connu l’incroyable succès de ses livres. Stieg Larsson était un journaliste réputé dans son pays pour ses essais sur l’économie et sa revue « Expo », dont il était le rédacteur en chef, et qui est « un observatoire des manifestations ordianires du fascisme ». Le nazisme en Suède est par ailleurs un thème abordé dans ce premier opus, tout comme l’extrêmisme religieux et la violence de certains passages de la Bible qui sont critqués dans l’oeuvre.

Stieg Larsson nous offre une peinture de la société suédoise qui étonne et qui fait grimacer, très loin de l’idée que l’on se fait d’un pays en apparence très lisse, impeccable. Si, il est vrai, les crapules dans le monde de l’économie, les crapules se font nombreuses et internationales, Stieg Larsson met en évidence un problème sociétal bien plus grave: les violences, surtout sexuelles, exercées sur les femmes dans son pays. Il nous glisse un chiffre effrayant: « En Suède, 13% des femmes ont été victimes de violences sexuelles aggravées en dehors d’une relation sexuelle. »

Millénium 1- Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. (Actes Sud).

Prochainement sur Absolute Zone:

Millénium 2-  La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette. (Actes Sud).

Millénium 3-  La reine dans le palais des courants d’air. (Actes Sud).

Oceanlook.




Agenda du mois.

février 2023
L M M J V S D
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728