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Critique: Cheval de Guerre

Pour commencer, je l’avoue, je ne suis pas une grande fervente de Steven Spielberg. Effectivement, il a su bercer mon enfance de doux rêves à base de dinosaures et d’archéologues, le fait est que je n’ai jamais pour autant vénéré le monsieur. J’avais malgré tout une certaine envie de voir War Horse. Je pensais que Spielberg allait nous montrer qu’il était un grand réalisateur. Que dans une époque ou le cinéma est fait de finesse et d’émotions, il saurait peindre avec élégance et distinction cette histoire liant un jeune homme à un cheval. Et le réalisateur qui m’avait tant convaincue enfant, n’a encore une fois pas su convaincre la jeune adulte que je suis.

Réalisé par Steven Spielberg. Avec Jeremy Irvine, Tom Hiddleston, Niels Arestrup et Benedict Cumberbatch. En salles le 22 février 2012.
De la magnifique campagne anglaise aux contrées d’une Europe plongée en pleine Première Guerre Mondiale, « Cheval de guerre » raconte l’amitié exceptionnelle qui unit un jeune homme, Albert, et le cheval qu’il a dressé, Joey. Séparés aux premières heures du conflit, l’histoire suit l’extraordinaire périple du cheval alors que de son côté Albert va tout faire pour le retrouver. Joey, animal hors du commun, va changer la vie de tous ceux dont il croisera la route : soldats de la cavalerie britannique, combattants allemands, et même un fermier français et sa petite-fille…

Tout commence donc avec la rencontre entre un jeune homme, Albert, et un cheval extraordinaire que ce dernier nommera Joey.  Ensemble, ils surpassent leurs capacités, ils ne deviennent qu’un, en quelque sorte. Le jeune homme consacre tout son temps à ce cheval à la volonté de fer, et lui fait acquérir un courage, une intelligence et une volonté de vaincre hors norme. C’est ainsi que même séparés par une guerre violente et sans merci, les deux personnages, car c’est effectivement bien ce qu’est Joey, font preuve d’une foi à toute épreuve. Une foi en l’humanité, une foi en l’amitié, une foi ultime en la bonté universelle.

Maintenant, si il y a bien un aspect qui marche dans ce War Horse, c’est l’aspect émotionnel. Steven Spielberg a sans nul doute un véritable don pour faire ressentir au plus froid des spectateurs des sentiments profonds et sincères. Ici, utilisant un cheval comme figure forte de son récit, et n’ayant ni recours à la pensée du cheval comme dans le livre duquel l’histoire est adaptée, ni à la capacité d’expression des marionnettes de sa version théâtre, Steven Spielberg réussit par une infime maitrise de son découpage à nous faire ressentir ce que Joey ressent, à nous faire vivre ce qu’il vit. Si on doit se reconnaître dans un personnage de ce film, c’est dans ce dernier, et non dans des personnages humains. On rêve d’avoir la force, la passion et le courage de cet animal. Quel incroyable exercice que de placer un animal si peu expressif habituellement sans le moindre artifice au premier plan d’un tel projet, et ce en traitant d’une telle époque !

Malgré tout, comme je vous l’ai dit plus haut, Spielberg n’a pas su me convaincre totalement. Alors oui, il a réussi a faire battre mon cœur, ce qui n’est pas une mince affaire, mais il a aussi réussi à me faire facepalmer à plusieurs reprises. Le mot qui m’est revenu en tête a plusieurs reprises durant le film a été « grossier ». Alors oui, pourquoi grossier ? Parce que malgré un casting à tomber et une qualité émotionnelle pas loin de la perfection, Steven Spielberg ne réussit pas a sortir de ses habitudes de réalisateur très grand publique, et sert une mise en scène et une narration à coup de pâtés. Certains plans sont perturbants, tant leur simplicité nous tombe dessus comme une enclume. Certains, quant à eux, et je parle ici même parfois de séquences complètes, se retrouvent avec des artifices superflus, sois disant hommage, mais malgré tout très désagréables et malvenus. Entre autre, ayant maintenant pris l’habitude de faire des films familiaux, Spielberg a, je le pense, oublié qu’il s’adressait ici à un publique plus mature, ayant la capacité de comprendre une image sans qu’on la lui pré mâche avant ingurgitation.

Quid de la musique, me direz-vous ! John Williams, ami et compositeur fidèle du Grand Monsieur, a t-il su capter et relever au poil le film ? Et si je vous dis que le mot facile me vient à l’esprit quand je pense à la bande originale du film, m’en voudrez vous ? On m’a dit un jour que la musique d’un film était bonne si on ne l’entendait pas. On voulait me dire par là que la musique est bonne si elle sait se fondre parfaitement avec les images, et qu’elle ne prend pas plus de place que nécessaire. Elle doit se contenter d’être là, de remplir sa fonction, mais ne doit pas prendre le pas sur les images ou les dialogues,. Après, peut-être ai-je tort. Mais dans War Horse, il m’est arrivé à plusieurs reprises de ne plus entendre que la musique, que je trouvais alors étrangement calée vis a vis des scènes défilants à l’écran. S’arrêter dans le déroulement de l’histoire, et sortir en quelque sorte de l’intrigue du film parce que la musique ne peut s’empêcher de prendre trop de place, personnellement, je ne pardonne que très peu.

Pour conclure, War Horse n’est en soit pas un mauvais film, loin de là. Malgré tout, il ne peut pas, je pense, satisfaire pleinement une personne qui aime véritablement le cinéma. Tout y est trop facile, trop réchauffé, trop pré mâché pour que l’on puisse se laisser pleinement prendre par le fil du récit. On se laisse avoir par nos sentiments pour apprécier de toutes façons ce film, mais dans un coin de notre tête, on se demande tout de même pourquoi Steven Spielberg est encore considéré comme un Dieu vivant, alors que son travail n’est plus aujourd’hui à la hauteur des attentes qu’il nous a donné l’habitude d’avoir.
Tout ça pour dire, si vous aimez les chevaux, allez voir ce film. Et si vous n’aimez pas les chevaux, allez le voir quand même, Joey vit pas toujours des choses cools, vous pourrez prendre un plaisir malsain à le voir souffrir. Dans tous les cas, bonne séance.

Karine de Guerre.


4 Responses to “Critique: Cheval de Guerre”


  1. 1 Kévin
    26/01/2012 à 15:48

    Je trouve premièrement que le « métier de critique de film » n’a aucune utilité, parce que chacun a son propre avis, sa vision des choses et comme on dit « il faut de tout pour faire un monde ». Demander aux gens de se caler en fonction de ce que certaines personnes disent est ridicule, pourquoi ces personnes là auraient-elles plus raisons que les autres sur un film à voir ou non ? Passons.
    Deuxièmement, pour qui te prends-tu pour critiquer une personne qui n’a plus rien à prouver au public, qui est reconnue pour ses talents dans le monde entier sachant que toi, tu écris dans un misérable blog lu par trois personnes à tout péter ?
    Troisièmement, je trouve ça assez malsain que tu dises « vous prendrez un plaisir malsain à le voir souffrir » (cf, Joey). Comment peux-tu dire ce genre de choses ? Tout ça pour finir sur une « phrase choc » en te disant que tu as fait ton travail « de journaliste » qui n’en est d’ailleurs pas un.
    Car je trouve, personnellement, que ton article ne sert à rien. Tu as une vision des choses assez limitée, déjà, pour que tu écrives ce genre d’article c’est que tu dois pas mal t’aimer pour simplement croire que quelqu’un suivra tes conseils.
    En tout cas « Karine de Guerre », ton avis nous importe peu à tous, car il n’est d’aucune utilité, comme toi, et je pense que beaucoup de monde appréciera ce film.

    PS: merci pour cette franche partie de rigolade, c’est la première et dernière fois que je viendrais sur ce site à chier.
    PPS: fais de beaux rêves aux pays des dinosaures. ;)

    Kévin

  2. 2 Florentin
    26/01/2012 à 20:29

    D’accord avec toi. Le film est plat, lent et assez faiblard, contrairement au livre qui est plutôt réussi.
    Seul aspect sur lequel je ne te suis pas, j’ai vraiment apprécié la BO.

    À bon entendeur, boujou.

    Ah oui PS : chronique de Sherlock Holmes à venir ?

  3. 3 Florentin
    26/01/2012 à 20:30

    PPS : s’il te plaît.

  4. 27/01/2012 à 13:52

    @Kevin :
    Tout d’abord, je pense qu’il est nécessaire de rappeler ici que je n’écris pas pour obliger les gens à penser la même chose que moi. Je ne fais que donner mon avis, en toute humilité, et je crois que je n’ai pas une seule fois insisté, appuyé, etc… sur le fait que si l’on n’était pas de mon avis, on avait tort.
    Ensuite, je ne me prend pour personne d’autre que ce que je suis, c’est à dire une spectatrice sans prétention et fan de cinéma, pour juger un réalisateur qui a, certes, fait ses preuves, sans que cela ne l’empêche de faire des films moins bons que d’autres. Personne ne m’avait mis au courant qu’en faisant une majorité de bons films, on devenait immunisé contre le plantage.
    Alors effectivement, je n’écris pas pour un site majeur, le fait est que j’écris, que j’exprime mon opinion de la manière la plus correcte possible, sans forcer personne ni a me lire, ni a adhérer a mes idées. Il serait peut être temps de respecter ça. Parce que oui, je crois que le respect est quelque chose d’assez abstrait dans ton commentaire.
    Bref, passons, et revenons sur ma phrase de fin, qui, je l’avoue, n’est peut être pas assez clair. Si je me permet de dire ce genre de choses, c’est pour deux raisons : premièrement, nous avons affaire a un film. Aucun cheval n’est réellement blessé. Deuxièmement, je crains que la rage engendrée par ma critique ait altéré l’humour (peut-être déplacé) de ma conclusion. En aucun cas je ne cherche a sortir de phrase choc, et en aucun cas je me considère comme journaliste. Je sais ce que je suis, j’écris pour un blog. C’est quelque chose d’amateur, et de personnel.
    Pour finir, comme je l’ai dt précédemment, je ne cherche en aucun cas a guider ou a conseiller les lecteurs. Je donne mon avis. J’ai écrit plus d’une critique et ils savent ce que j’aime ou non. Ils peuvent aussi bien lire d’autres avis aussi, et se faire un avis général de ce qu’ils ont lu. Je ne suis pas la seule et unique pierre a l’édifice, entre autre. Alors oui, surement, beaucoup de monde appréciera le film, je l’ai moi même relativement apprécié malgré ses lourds défauts. Je ne vois pas en quoi cela doit me gêner. Au contraire.

    Bref, j’aurai adoré t’offrir de nouveau de franche part de rigolade, tu me vois vraiment déçue de te perdre en tant que lecteur.

    Bonne continuation,

    Karine.


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