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Août
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Le Robot le Plus Fort du Monde

On parle énormément de comics sur ce site, mais presque jamais de mangas. Mis à part un article sur Death Note signé Oceanslook, la BD japonaise n’a jamais été abordé dans la zone absolue. Réparons cette erreur dès aujourd’hui en vous parlant d’un manga que j’ai découvert il y a peu et qui s’est révélé ni plus ni moins que l’une des meilleures bande dessinée que j’ai pu lire, toutes nationalités confondues. Je parle de Pluto, de Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki, d’après une histoire d’Osamu Tezuka.

Cette série en 8 tomes est à l’origine une initiative des Studios Tezuka en 2003. A l’occasion de l’anniversaire fictif d’Astro Boy, le studio, guidé par le fils de Tezuka, a décidé de lancer la production de plusieurs œuvres (BD et série animée) ayant un lien avec le personnage. L’une d’entre elle fut Pluto, polar SF s’inspirant d’une histoire d’Astro Boy Le Robot Le Plus Fort Du Monde. Et ce le grand nom du manga Naoki Urasawa (auteur de Monster, 20th Century Boys) fan de l’histoire original, qui se colla à la relecture réaliste de cette histoire. N’ayant pas lu l’histoire en question, je ne vais pas me baser sur une quelconque comparaison pour juger l’œuvre, mais sur justement sur sa capacité à être lu sans connaissance de l’univers d’Astro Boy.

Et sur ce point-là, le scénariste est assez habile et intelligent pour livrer une vraie œuvre se tenant en elle-même, sans qu’à aucun moment on sente le besoin d’avoir une connaissance de l’original (d’autant plus qu’Astro n’apparait pas dès le début de la série et n’en est pas le seul personnage principal). Mais Pluto ne résume pas uniquement à un dépoussiérage d’une vieille histoire, c’est aussi, et surtout, un grand polar sur fond de science-fiction, maitrisé de bout en bout, qui en plus de livrer une intrigue intense et dense, amène une réelle réflexion sur certains thèmes, notamment sur la création humaine. Le scénario s’étalant sur les 8 tomes creusent ainsi certaines questions, et jouent à la perfection avec l’ambiguïté que représente certains personnages, comme Geischt ou Astro, à savoir des robots à l’apparence tellement humaine qu’ils ont des comportements et des sentiments trop humains. A tel point que certaines scènes font froids dans le dos, quand on prend un minimum de recule sur ces personnes. Ainsi, la caractérisation des personnages est faite de manière subtile mais extrêmement efficace. Les 7 robots les plus forts du monde ont beaucoup de traits de caractère ou physiques semblables aux humains. Et si à quelques moments, on en oublie que ce sont des robots, des détails viennent nous le rappeler, mettant consentement le doute dans la tête du lecteur. Cela n’empêche pas pour autant un attachement des plus totaux à ses êtres de métaux.

Le rythme est des plus intenses de par la rapidité du script, qui enchaine les scènes avec une fluidité déconcertante, mais également du dessin et de l’enchainement des cases. Le dessinateur accélère et ralenti le rythme au grès des émotions qu’il veut faire ressentir. Et les émotions, Pluto en regorge (c’en est d’ailleurs l’un des thèmes centraux). Tristesse, peur, joie… Le scénariste a un talent fabuleux pour transmettre des émotions à travers un dessin, le regard d’un personnage cadré de manière à le mettre en valeur. Beaucoup d’éléments de l’enquête sont dans les non-dits et les regards des personnages. Certaines scènes sont en cela très poignante (comme le passage avec North-2) et qui sont des leçons de story-telling. Le dessin, en soit, est incroyablement efficace dynamique, avec un train fin et des nuances de gris qui le mettent en valeur.

Pluto n’est pas exent de défauts, même si ils sont minimes face à l’ampleur de l’œuvre. On remarquera par ci par là quelques raccourcis scénaristiques, qui permettent toujours de faire évoluer l’histoire d’une belle manière, mais que l’on remarque assez facilement. Heureusement que cela ne gâche pas le plaisir de lecture. Une certaine confusion règne vers le meilleur de la séries (tomes 4 et 5), peut-être voulue, mais qui peut faire décrocher les moins motivés (ne vous inquiétez pas, tout est calculé et tout à une place importante dans l’intrigue).

Pluto fait partie des œuvres que l’on aimerait voir plus souvent. Intelligente, sincère, touchante. Un véritable chef d’œuvre qui n’a pas volé ses multiples prix (dont Angoulême) et qui est pour moi une véritable claque, scénaristique et graphique, qui me donne envie de découvrir plus amplement le manga.

Bigor, le rédacteur le plus fort du monde !


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