01
Mar
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Urban Cadavre-Visibilis

Après beaucoup de critiques ciné (comme True Grit ou 127 Heures, que j’ai adoré contrairement aux rédactrices) et une nuit des Oscars assez décevante, et limite honteuse, parlons BD, bulles et papier avec un article composé de 3 chroniques pour le prix d’une ! A l’affiche aujourd’hui, un très charmant Cadavre Exquis de la non moins charmante Penelope Bagieu, « une comédie burlèsque de Matthieu Bonhomme et Lewis Trondheim » en la personne d’Omni-Visibilis et l’adaptation d’un célèbre jeu vidéo, Urban Rivals. C’est parti let’s go, allons-y les amis !

Penelope Bagieu est une jeune auteur/dessinatrice qui s’est fait connaitre grâce à son blog, Ma vie est tout à fait fascinante, qui a eu le droit à une « adaptation » chez Jean-Claude Gawsewitch. Elle est également connu pour sa série Joséphine, qui est à l’origine une commande d’un magazine féminin. Mais nous allons aujourd’hui parler d’une autre œuvre de la jeune parisienne, Cadavre Exquis, qui a même eu l’honneur d’être nominé au dernier festival d’Angoulême ! Cette œuvre raconte l’histoire de Zoé, une jeune femme au boulot de merde et au copain tout aussi intéressant, qui va rencontrer Thomas Rocher, un homme au comportement étrange, ainsi que son ex-femme, Agathe. Ces trois personnages vont former un triangle amoureux savoureux, qui forme le cœur de l’histoire.
On a l’habitude de rire lorsqu’on lit une BD de Penelope Bagieu. Que ce soit sur son blog ou Joséphine, ses œuvres ont toujours été axé plutôt sur humour. Ici, même si il reste présent, l’histoire se focalise plus sur la relation entre les 3 personnages. Chose peut-être dûe au changement de narration, puisqu’elle passe d’une succession de sketch à, ici, une histoire qui dure plus de 120 pages. Quoi qu’il en soit, Cadavre Exquis raconte une histoire, sans être follement originale, agréable à suivre, avec des personnages savoureux et une fin surprenante. Les relations entre les 3 personnages vont se mêlé, s’entre mêlé,  avec des révélations, et du du suspense, le tout rudement bien mené par l’auteur, qui ne se perd pas pendant le récit. De plus, les dessins, toujours signé Bagieu, sont un régal. Ses visages très expressifs, son style cartroon très agréables et certaines planches de Paris absolument magnifiques, rendent le récit d’autant plus fluide que plaisant à lire. On regrettera peut-être la longueur de l’œuvre, qui, je pense, aurait bien mérité 30/40 pages de plus. On s’attache assez vite au personnages, mais le temps que l’on passe avec eux est un peu court, c’est dommage. (Peut-être une suite ?) Mais malgré cela,  avec une ambiance parisienne et presque Beigbedesque et des dessins simples mais rudement efficaces, Cadavre Exquis reste la meilleure BD de Penelope Bagieu.

Omni-Visibilis. Quel nom compliqué pour un pitch de base qui est très simple: Que ce passerait-il si un jour, tout les hommes et femmes de la planète voyait ce que vous voyez et entendez ce que vous entendez. Même si ce n’est pas près de vous arrivez, c’est en tout cas ce qui arrive à Hervé, cadre moyen moustachue et binoclard très à cheval sur l’hygiène. Il va alors se retrouver harceler de toute part, et obliger de vivre cacher, avec l’aide de deux amis, Marc et Olivier. C’est donc sur ce postulat originale et quelque expérimentale et surtout casse gueule que Lewis Trondheim et Matthieu Bonhomme vont décrire, petit à petit, les évènements qui vont arriver à ce pauvre Hervé.
Une histoire rafraichissante et originale donc, mais également très difficile à mener de bout en bout car le récit peut très vide s’essouffler et enchainer les incohérences. Mais Trondheim évite tout cela habillement en signant un scénario rudement bien écrit, enchainant situations plus incroyables les une que les autres et qui va amener Hérvé dans une descente en enfer jusqu’à un dénouement quelque peu étonnant. Ainsi, les situations que va vivre le trentenaire s’enchaine avec logique, avec un rythme fluide. Certaines donnent lieu à des gags hilarants (le patron de restaurant qui fait de la pub à travers lui) et d’autres un peu plus gênant, qui nous mets relativement mal à l’aise (lorsqu’un aveugle lui demande d’ouvrir les yeux pour qu’il puisse voir à nouveau). Mais globalement, l’histoire reste une comédie, très très sympathique à lire, d’autant plus que la partie graphique est très jolie et maitrisé. Bonhomme adopte un style à mi chemin entre le cartoony et le réaliste, qui rappelle un petit peu Will Eisner, et qui rend la narration encore plus fluide. Une très bonne surprise que cet Omni-Visbilis, qui est une excellente lecture, fluide et agréable. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à le penser, puisque l’œuvre a été nominé à Angoulême cette année, mais elle n’a malheureusement rien décroché.

Vous connaissez surement Urban Rivals comme un jeu de stratégie multijoueurs en ligne. Et bien le jeu, qui a visiblement rencontré un énorme succès, a le droit à une adaptation en BD. A vrai dire, je ne connais absolument pas le jeu de base, et si j’ai découvert cette BD, c’est uniquement parce que Edmond Tourriol, scénariste de l’oeuvre, me l’a proposé sur twitter. Mais force est de constaté que les préjugés que j’avais sur cette BD ce sont révélé faux. Urban Rivals raconte l’histoire d’un jeune homme, Scott, qui, pour gagner sa croute, est obligé de vendre des montres contre-faite dans les beaux quartiers de la ville. Seulement, il va se faire prendre, mais va réussir à éviter la prison en intégrant le clan Rescue, sorte de super organisation qui sauve des vies. Et le jeune homme va se retrouver embarquer dans une affaire de combats illégaux…
Si le pitch de base, comme ça, fait très scénario de personnage inconnu de Tekken, la lecture de ce premier tome révèle un scénario prometteur. Si 48 pages, c’est court (allez-y, sortez là votre blague. Ça y est ?), Ed Tourriol se démène pour rentrer le plus d’éléments possible, et ainsi, rendre le récit ultra dynamique. Allant droit au but, le scénariste passe relativement vite sur certains passages (notamment le procès, qui dure uniquement deux pages) mais n’oublie pas l’essentiel : caractérisé ses personnages et raconter une histoire. Si certains éléments sont amenés très vite et sans grande explication (comment est né les Rescue ? Quel est leur véritable but ? D’où sort cette fameuse tante ?), le tout reste compréhensible et plutôt agréable à lire. On notera également le travail Rocio Zucchi, qui signe un travail très inspiré du manga, surtout au niveau des expressions du visage, est plutôt joli, contrairement à beaucoup d’adaptation de jeux vidéos ou de film en BD. Au final, cet Urban Rivals reste une lecture sympathique, mais réellement trop courte. On attend le tome 2 pour voir si Tourriol et Zucchi transforme l’essai !

Voilà, 3 jolies surprises (à des niveaux différents, évidemment) qui montre qu’il n’y a pas que le comics dans la vie (quoi que…). Ah, et en bonus, il y a une interview de Matthieu Bonhomme sur cloneweb, réalisée par Guillaume, que nous avons pu croiser à Angoulême avec Xidius (bigup !)

Bigor-Visibilis, qui va se couch…zzzZZZzzzZZZ


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