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Freak Angels T1 & T2

Warren Ellis est connu pour ses séries complètements décomplexés, fun, et qui rentre dans le gras. Que ce soit avec Transmetropolitan, Desolation Jones ou The AuthorityEllis n’a jamais vraiment fait dans la subtilité et c’est pour cela qu’on l’aime. Et pourtant, la série dont on va parler ici, à savoir FreakAngels, est tout sauf bourrin.

Voici 23 ans, douze enfants anglais sont nés exactement au même moment. Il y a 5 ans, le monde a connu une fin tragique. Dans le quartier de Whitechapel, onze des douze enfants ont reconstitué une petite communauté sur laquelle ils veillent, bien aidés par leurs pouvoirs télépathiques. Car le danger rôde : des survivants désireux de piller leur quartier, bien sûr, mais aussi Mark, le 12e membre, celui qu’ils ont chassé et tué… Alors, pourquoi une jeune femme armée vient-elle réclamer vengeance pour ses frères éliminés par Mark, la semaine précédente…?
Crée par Ellis et le dessinateur Paul Duffield, FreakAngels est d’abord un web comics, qui a eu le droit par la suite à une publication chez Avatar Press, ainsi qu’une traduction chez Le Lombard en France.  Avec cette série,  Warren Ellis expérimente le récit poste apocalyptique mais également un type de narration assez inédit pour le bonhomme.

Warren Ellis expérimente donc ici, avec une histoire qui laisse une grande part au mystère et aux intérogations. En effet, à part le fait qu’ils sont né en même temps il y a 23ans, on ne sait finalement pas grand chose de la situation des FreakAngels, ni qui ils sont réellement. Et cela va se révélé être la grande force de cette œuvre. Car on sait Warren Ellis grand dialoguiste (et la lecture de Nextwave vous le confirmera), on ne sera pas étonné du talent que l’auteur a pour caractérisé ses personnages à merveille, en leur donnant un back ground et de l’épaisseur, uniquement grâce aux dialogues. Aucune voix off, et pas (ou peu) de flash-back ici, les relations entre les personnages ne se tissent qu’à travers les paroles qu’ils échangent. Une narration relativement proche de pas mal de séries télés, chose qui se ressent également sur l’intrigue.

Chaque tome est construit comme une saison, avec un début, un déroulement, et une fin digne d’un final season. Le premier tome, qui fait donc office de saison 1, introduit à merveille chaque personnages en les faisant interagir les uns avec les autres et ainsi créer un réseau relationnel qui servira l’intrigue tout du long, tandis que le 2nd tome fait bouger les choses dans le petit quartier de Whitechapel afin de les déstabiliser et amener de nouveaux éléments. L’intrigue, ou plutôt les intrigues, car Ellis ne se contente pas d’un fil conducteur, mais rajoute des enjeux et sous intrigues entres les personnages. Des personnages qui dévoileront petit à petit leur énorme potentiel, au point de se demander si ils ont une véritable limite. En peu d’espace, Ellis arrive à poser son univers mystérieux et qui jouer avec le lecteurs en lâchant quelques éléments de réponses dans des sous entendus émis par les personnages. Vous l’aurez compris, Freak Angels est une série qui repose plus sur des personnages forts que sur la situation en elle même, comme le fait Robert Kirkman sur Walking Dead. Et comme la série de zombie de chez Image, Freak Angels possède une ambiance graphique unique.

En effet, le dessinateur Paul Duffield adopte ici un très fin et précis, marié à des couleurs pâles qui font ressortir la froideur de ce bout de Londres qui a résisté à apocalypse. Réalisé entièrement à l’ordinateur, ses planches se découpe très souvent en 4 cases, afin de faire ressortir la narration télévisuelle du récit, du propre aveu du scénariste. On remarquera que le style de Duffield, notamment sur les visages, est quelque peu influencé par le manga. Il faut noter également le travail de recherche de l’artiste qui, pour dessiner des monuments et endroits du quartier dans lequel se déroule la série, s’est directement inspiré sur place, afin de les détruire quelque peu pour coller plus à l’ambiance « fin du monde ». Le tout est donc cohérent avec le récit, puisque cette ambiance froide et glaciale sert le récit.

Pour concluer (big up Norman !), Freak Angels est une excellente série, mené par un Warren Ellis inspiré, qui s’est essayer, grâce à internet, à ce type de récit, qu’il maitrise parfaitement. A noter que le 3ème tome, suite à quelques retards, devrait sortir vers la fin du mois, et que la série est prévue en 6 tomes. Une belle surprise, et une belle initiative du Lombard de proposer cette magnifique série en français !

Freak Bigor


5 Responses to “Freak Angels T1 & T2”


  1. 1 xidius
    19/02/2011 à 13:24

    Transmetropolitan n’est pas une série de bourrins et ça a beau ne pas y aller avec le dos de la cuillère, le traitement est d’une intelligence folle tant ca n’est jamais gratuit.
    Et on le connait plus pour Planetary que Desolation Jones, sachant que son histoire d’archéologues là encore c’est pas très bourrins, tout comme on le connait aussi pour Nextwave, qui peut éventuellement être qualifié d’explosif.
    Bref, tu racontes n’importe quoi !!!!

    • 2 bigorneau
      19/02/2011 à 14:10

      Oui, mais quand tu compares avec Freakangels (que tu as lu ?), toutes les séries que tu cites (même Planetary) sont plus violentes et plus direct que ce Freakangels qui est tout en subtilité et où l’action est très peu présent (comparé à Planetary où les archéologues ont des super pouvoirs et où ils s’en servent à plusieurs reprises)


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