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Juin
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The Shield, la nouvelle formation pour être flic

Pas facile de choisir le sujet de mon premier article. De quoi vais-je parler ? Cinéma, comics, jeux vidéos, météo… Après maintes réflexions (ou pas), j’ai décidé de parler du meilleur cop show de ces dernières années (en toute objectivité), je parle bien évidemment de The Shield. Peu connu de ce côté de l’Atlantique, il s’agit pourtant d’un véritable petit bijou signé Shawn Ryan dont il est difficile de parler tant la série est complexe, à l’instar de son (anti)héros.

On suit donc le quotidien assez violent d’une unité d’intervention dans le district malfamé de Farmington, quartier fictif de Los Angeles. A sa tête, Vic Mackey, inspecteur Harry mais version chauve et balaise. Un personnage qui ne cesse de surprendre tant il sort des clichés habituels : flic pourri (mais pas totalement) convaincu de faire plus de bien que de mal et essayant d‘être un bon père de famille. Le reste de la Strike Team (Brigade de Choc en vf) est composée de Shane Vendrell, redneck cumulant les conneries, Curtis « Lem » Lemansky, le monsieur muscle & cool de l’équipe et Ronnie Gardocki, le plus introverti des quatre. La série ne néglige pas pour autant les autres protagonistes, comme le nouveau capitaine David Aceveda aux ambitions politiques féroces (et en guerre permanente avec Mackey), Julian le « rookie » de service qui a du mal à concilier vie professionnelle et vie privée (ses remises en question, la découverte de son homosexualité…) ou encore mon préféré, l’inspecteur Dutch Wagenbach. Tête de turc du commissariat, handicapé sociale mais aussi profiler spécialiste des interrogatoires et tueurs en série. Il forme un duo complémentaire avec Claudette Wyms, une femme noire qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.

Car la grande force de The Shield, c’est de brosser le portrait d’une galerie de personnages, en toute subtilité, les confrontant à l’horreur du quotidien. Shaw Ryan ne les condamne jamais, tandis que le téléspectateur verra ses certitudes ébranlées au fil de la série, à l’instar de ses personnages. Le manichéisme n’a pas sa place ici, il n’y a ni gentils ni méchants, juste des hommes faisant des choix et devant en assumer les conséquences. Ou pas. A noter le travail incroyable effectué sur le scénario. Chaque épisode donne envie de découvrir la suite, sans pour autant tomber dans les cliffhangers à la Prison Break. On s’attache très vite aux membres de la Strike Team, se passionnant pour leurs enquêtes et magouilles. Plus la série avance, plus on se demande comment tout cela va finir. Mais The Shield ne serait pas The Shield sans ses intrigues secondaires. Les affaires de Dutch et Claudette sont aussi passionnantes (si ce n’est plus !) que celles de Vic et de ses hommes. Dans la lignée de NYPD Blue, ces storylines, parfois inspirées de faits réels, illustrent à la perfection le quotidien souvent dingue de ces hommes. On atteint un équilibre parfait entre enquêtes quotidiennes et les intrigues / magouilles de la Strike Team.

Malgré ses airs de série « bourrine », le show ne cesse d’évoluer durant 7 saisons et livre une réflexion assez intéressante sur la nature humaine, le bien et le mal tout en brisant les clichés habituels du genre. Il est bon de préciser que The Shield s’apprécie sur la longueur, par le développement de ses protagonistes et une continuité très importante. Il est fréquent qu’un personnage revienne quelques épisodes plus tard et certaines intrigues ne trouveront leur conclusion qu’au bout de 7 saisons. Si vous n’êtes toujours pas convaincu après ça…

Comme si cela ne suffisait pas, The Shield est aussi révolutionnaire sur le plan technique. Avec sa caméra à l’épaule façon documentaire lors des interventions musclées, technique peu employée à la télé en 2002, l’immersion est totale. La bande-son plutôt agressive (rock, rap suivant les événements et personnages) et l’image légèrement granuleuse renforcent le caractère unique du show. Si on ajoute qu’il est plutôt rare de centrer une série sur des policiers ripoux, on comprend mieux le succès de la série. N’allez pas croire cependant que The Shield n’est que ça, ce serait vulgariser une œuvre plus subtile qu’en apparence, aux nombreuses qualités. Comme son casting exceptionnel, avec un Michael Chiklis parfait et inoubliable. Il en va de même pour Walton Goggins (que l’on verra prochainement dans le remake de Predators), CCH Pounder (Avatar) et Jay Karnes, qui mériterait une récompense. Des noms pas très connus mais qui crèvent l’écran. A noter l’apparition de quelques guests au cours de la série : Carl Weathers (Apollo Creed dans les Rocky), Glenn Close (alias Cruella D’Enfer),  Forest Whitaker (Le Dernier roi d’Ecosse)…

Pour clore cet article, sachez que la série est inspirée d’événements réels, à savoir le « Rampart Scandal », une affaire de corruption généralisée ayant touchée le LAPD au milieu des années 90. Et la réalité s’avère bien pire que la fiction. Pour les intéressés, ça se passe sur le Wikipédia anglais, ici. Quand aux autres, vous n’avez plus qu’à découvrir l’univers de Vic Mackey.

Pottio, le bleu d’Absolute Zone


1 Response to “The Shield, la nouvelle formation pour être flic”


  1. 1 bigorneau
    26/06/2010 à 12:42

    J’avais entendu parler de cette série, mais je m’y étais jamais attelé sérieusement.
    Mais ton article m’a donné envie de regarder de plus prêt.
    Great job et welcome to Absolute Zone ;)


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