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Transmetropolitan, ou l’art et la manière de l’ouvrir grande.

Sous ce titre mystérieux, préparez vous chers lecteurs car cette semaine, on va parler de comic-book mais pas de simples comics à la con comme on en a tendance à en voir fleurir sur les étagères de la Maison aux Idées. On va parler du label Vertigo, branche estampillée adulte de chez DC Comics et qui a toujours su offrir liberté artistique et grande distribution à des artistes prestigieux, leur donnant la possibilité d’accoucher de leurs rêves les plus fous sur papier. Et là, autant dire qu’on va s’attaquer au sommet du panier déjà fleurissant de titres plus fous et incroyables les uns que les autres. On va parler d’un monstre de subversion, faisant passer les dernières œuvres de Mark Millar (90 % même) pour de la revendication de super marché, Kick-Ass comprit.
Mesdames et messieurs, le chef d’œuvre absolu de Sir Warren Ellis et Darick Robertson : Transmetropolitan.

Transmetropolitan est un comic-book crée en 1997 et dont la parution dura 5 ans. Scénarisé par Warren Ellis et dessiné par Darick Robertson, la série fut souvent rapproché avec l’un des autres chefs d’œuvres du label Vertigo, Preacher (de Garth Ennis et Steve Dillon) ce que l’on comprend tout à fait quand on voit le goût partagé des auteurs pour la subversion intelligente. L’histoire est celle d’un ancien journaliste appelé Spider Jérusalem exilé et ramené à l’ordre à cause de contrats passés jadis, ce qui le pousse non seulement à revenir en ville mais aussi à reprendre sa fonction, dans une cité futuriste de plus en plus décadente et dans laquelle on trouve tous les vices en se promenant seulement dans la rue. Véritablement halluciné et enragé face à ce monde malade, Spider Jérusalem va au travers d’une rubrique de journal virulente s’opposer aux dirigeants de cette société en vrac et petit à petit désamorcer les travers de tout ce bordel en faisant éclater la seule, l’unique et grande vérité.

Transmetropolitan, c’est l’art et la manière d’ouvrir grand sa gueule et de vomir à la tronche du monde la haine qu’on lui porte tout en lui balançant aussi férocement ses 4 vérités. Car si Spider Jérusalem est un vrai salopard et n’hésite pas à traiter tout ce qui bouge et à accessoirement balancer quelques coups d’agitateurs d’intestins de temps à autres (dont on vous laisse deviner les effets dévastateurs, surtout quand celui ci est en mode prolapsus ou volcan intestinal…), le bougre met toujours le doigt là où ça fait mal et se révèle si féroce grâce à son don naturel à toujours dénoncer des problèmes de sociétés graves, voir scandaleux. Et si il faut admettre que l’on se marre devant cette montagne d’humour noir et de répliques toutes plus impitoyables les unes que les autres (tels que « Si ça ne tenait qu’à moi, vous serviriez tous d’éponges à sperme à des prostituées victoriennes à l’heure qu’il est. » et j’en passe…), la force phénoménale dans l’écriture de Warren Ellis tient du fait que celui ci tout comme son héros n’est pas méchant en vain et dénonce à sa manière des problèmes de notre monde actuel dont la Babylone détraquée dépeinte dans son œuvre n’est finalement que le reflet. Du coup, même si on se marre toujours en premier lieu (le génie comique du scénariste n’est plus à prouver, surtout après ça et Nextwave…), la réalité nous fait toujours redescendre sur terre et lorsque l’on comprend ce qu’il en est réellement, la claque est déjà lancée. Au dessin, Darick Robertson fait des merveilles et surcharge son univers crasseux et baisé pour mieux faire ressortir les problèmes évoqués tout en prenant soin de systématiquement mettre l’accent là où il faut et de se révéler aussi pertinent que son scénariste.
En clair, ça fait très mal.

Pour lire Transmetropolitan, vous pouvez choisir la solution VF et vous offrir les 6 Big Books sortis chez Panini Comics qui a eu la douloureuse idée après trois tomes biens garnis de ralentir sur le nombre de pages de moitié (!) et de finalement sortir 6 tomes là où 5 aurait suffit. La où ça fait mal, c’est que le prix ne baisse pas et reste donc à 29€ par tome, même si la ré-édition des 4 premiers avec un papier de bien meilleure qualité (et une cohérence visuelle sur les couvertures balancée par dessus bord…) tente de faire passer la pilule. Vu que le dernier tome vient de sortir, vous ne devriez pas avoir de problèmes pour les trouver. Sinon, il reste la solution VO et ses 10 TPB que vous trouverez chacun environ à 10 €, ce qui adouci sérieusement l’addition.
Dans les deux cas, vous ne devez passer à côté de ce chef d’œuvre absolu de subversion dont l’actualité, bientôt 10 ans après la fin de sa parution, glace toujours autant le sang que l’humour acerbe et corrosif vous tordra les boyaux. Parce que franchement, lire une telle oeuvre qui affiche fièrement un beau doigt d’honneur avec une fuck you attitude aussi assumée et appropriée, ça deviendrait presque salutaire aujourd’hui.
Comme disent les américains, Absolute Masterpiece.

Xidius, pas cher mais moins que ta petite amie.


2 Responses to “Transmetropolitan, ou l’art et la manière de l’ouvrir grande.”


  1. 08/04/2010 à 15:32

    Transmetropolitan, ou enfin avoir trouvé l’art et la manière de savoir parler à Karine.

  2. 2 kolikal
    04/09/2010 à 16:23

    A recommander a tous les journalistes francais suceurs du pouvoir pour leur montrer quel devrait etre leur metier: demonter la politique mensongere du Smile qui nous gouverne au lieu de lui sucer la bite. Putain de monde de merde, je hais cet endroit!!!!!


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