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Nov
09

Incontournables des 90’s…Londinium

Veuillez entrer dans le calme s’il vous plait, il y aura de la place pour tout le monde. Veuillez prendre garde à bien suivre la file et veillez à bien déposer vos effets personnels superflus au vestiaire et à uniquement garder le nécessaire sur vous. Une fois les portes ouvertes, entrez sans vous pressez et installez vous confortablement. Dès que tout le monde sera prêt, nous fermerons les portes et la machine à remonter le temps de Xidius s’enclenchera. Vous pourrez alors vous allongez, les fauteuils étant prévus à cet effet, puisque aujourd’hui, vous pouvez vous attendre à planer. Le programme du jour? Londinium de Archive. Bon Voyage.

Archive est un groupe anglais né en 1996, année durant laquelle à été produit le disque qui nous intéresse aujourd’hui. Depuis, ils ont produit 6 autres albums dont le récent Controlling Crowds Part IV et sont passés à un style plus progressif, électro et rock. Mais revenons en à nos moutons. En 1996, le trip hop est en plein essor, avec l’apparition de Portishead et bien évidemment de Massive Attack qui prépare son chef d’oeuvre Mezzanine durant cette période. C’est dans ce contexte qu’un troisième membre viendra poser sa pierre à l’édifice… Cette pierre étant évidemment Londinium !

Un léger bruit, comme une cloche en apesanteur… Un bruit sourd, qui martèle le vide… Quelques paroles d’une voix chaude et grave puis une envolée sonore, faites de violons lancinants, de samples aériens puis enfin la rythmique machinal et presque tribal. Old Artist, sublime introduction de l’album, a le mérite de faire monter crescendo l’auditeur, dans une ascension planante renforcée immédiatement par All Time apportant un chant magnifique et une ligne de basse obsédante, sans oublier des samples quasi psychédéliques. En moins de 10 minutes, l’atmosphère lourde, mélancolique et paranoïaque prenant aux tripes du disque est posée, sans qu’on ait eu le temps de se rendre compte. Les violons sonnent alors à en donner la chair de poule pour mieux faire résonner So Few Words amenant le flow de Rosko John contrastant la voix fragile de Roya Arab pour mieux finir sur des sonorités électro quasi alarmantes et criardes. Le calme règne alors, quelques légères notes de piano font leur entrée avec la chanteuse toujours aussi subtil, et le tout accélère avec des teintes jazzy pour transiter vers le cœur de Headspace, qui voit l’arrivée d’un solo de guitare élégant. Dark Room ouvre alors ses portes, avec une voix à fleur de peau et une rythmique apportant toujours un côté désespéré à l’ensemble tandis que le titre est parsemé de sons cristallins, en opposition avec le rap du chanteur toujours présent, sonnant comme une mise en garde funèbre. A côté de ça, Londinium sonne comme une note d’espoir au centre de cette œuvre sombre, toujours tout en subtilité avec la guitare discrète et une impression de repos, annulée par Man-Made, ode désenchantée et fantomatique. Nothing Else vient alors à point nommé, tel un abandon face aux ténèbres de l’album, renforcé par Skyscaper, pur morceau de trip hop noir et désincarné. Parvaneh (Butterfly), sorte de libération zen, tombe alors comme un cheveu sur la soupe, semblant sortir de nul part et se révélant être la seule erreur de goût d’un disque qui se rattrape aussitôt avec un Beautiful World reprenant la formule miracle précédente en y enlevant aussi étonnamment que cela puisse paraître sa noirceur paraissant auparavant si caractéristique. Organ Song rappelle la mélancolie au galop avec des inspirations quasi orientales tout en finesse et ses violons toujours aussi lancinants avant de clôturer le tout sur le magique Last Five, synthèse parfaite de ce périple incroyable. Vous l’avez sûrement compris, Londinium est une invitation à un voyage aussi funèbre que poétique, avec des influences urbaines ou électronique, étonnant tant la noirceur y dégage une beauté quasi parfaite. Si Archive n’est par la suite écarté du genre introduit par ce disque, il n’a jamais reproduit un tel miracle tant ce chef d’œuvre s’impose comme un standard du trip hop, tout en réussissant à imposer son identité unique. Fans de Portishead & de Massive Attack, vous savez ce qui vous reste à faire.

Xidius


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