Archive pour 10 août 2009

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De la méthode Michael Moore à la méthode Sacha Baron Cohen: quand le cinéma se fait le critique de la société occidentale…

Désolé, mais je suis comme vous: je trouve mon titre bien trop long. Mon article le sera tout autant, je le crains. Mais, à mes yeux, c’est un des sujets les plus passionnants que je connaisse, à savoir les relations particulières que connaissent et la politique, et le cinéma.

Longtemps vitrine du modèle américain durant la Guerre Froide, prolongeant les valeurs de patriotisme, de réussite personnelle, et de libre-arbitre, Hollywood, ainsi que les productions non-étasuniennes, sont aujourd’hui les principaux pourfendeurs de notre société occidentale, car ils jouissent d’un écho incomparable.

(It’s a wonderful life… Quand le cinéma sublimait le mode de vie occidental,  et surtout américain)

Une drôle d’Histoire.

L’Histoire des Etats-Unis a été une formidable source d’inspiration pour le cinéma américain et continue d’ailleurs de l’être. Une Histoire par ailleurs glorieuse et récente. Le rôle des USA à la fin de la Seconde Guerre Mondiale en est le pivot. Des films diffusés dans le monde entier tels que Il faut sauver le soldat Ryan, ou encore Pearl Harbor continuent d’entretenir l’image héroïque d’une Amérique salvatrice, courageuse et providentielle. Cette vision se retrouve également dans d’autres oeuvres non-historiques mais non moins comparables comme l’Independance Day de Roland Emmerich (pourtant allemand) où les américains sauvent la planète des vilains envahisseurs venus de l’espace…

D’autres cinéastes, pourtant, ont suivi un chemin différent et portent un regard plus sévère vis-à-vis de leur pays et de leurs dirigeants… Le plus illustre d’entre eux, Stanley Kubrick, soulignait dans Docteur Folamour (1964)  l’incompétence des politiciens dans leur ensemble, puis s’attaquait à la Guerre du Vietnam avec virulence, dénonçant les incohérences des conflits armés dans Full Metal Jacket (1987.) Bien plus tard, Clint Eastwood, donnera en deux volets une vision de la guerre moins glorieuse et plus réaliste des combats de la Seconde Guerre Mondiale dans ses exceptionnels tableaux que sont Mémoires de nos Pères et Lettres d’Iwo Jima, en insistant davantage sur les souffrances des hommes, peu importe leurs nationalités, que sur les habituels schémas manichéens bons américains/mauvais japonais…

( Lettres d’Iwo Jima, une vision de la guerre moins manichéenne)

… qui continue de nos jours.

Si les fresques historiques paraissent aujourd’hui démodées, le cinéma puise ses sujets dans l’actualité toute fraiche et dans les problématiques de notre société. Et à ce petit jeu, Michael Moore, le cinéaste américain, est devenu un expert dans la dénonciations des nombreuses lacunes de son pays. Tandis que Farenheit 9/11, il attaque avec violence George Bush, il met en relief dans Sicko et Bowling For Columbine deux aspects noirs de la société étasunienne: le système de santé inégal et une violence incomparable. Quand on regarde les oeuvres de Michael Moore, rien n’est laissé au hasard et, en fin manipulateur qu’il est, il multiplie les chiffres chocs, les interviews troublantes cet les images fortes pour parvenir à convaincre son punlic, ce qui est chose faite. Avec des méthodes pourtant troublantes, comme les comparaisons avec d’autres pays (France et Canada), et des témoignages parfois faux (comme dans Sicko, notamment), d’où une certaine perte de crédibilité…

Sacha Baron Cohen utilise une méthode plus persuasive, plus marquante et plus provocante… Le tout récent Brüno s’attaque à l’américain moyen en mettant en scène dans des situations trashs un personnage loufoque, extravagant dans milieux tout à fait réels. En poussant ses « pièges » jusqu’à l’extrême, Sacha Baron Cohen souhaite montrer le véritable visage de l’Amérique, mais il crée également par ce biais des réactions inhumaines et incontrôlées. C’est là toute la limite de son exercice.

(Michael Moore et Sacha Baron Cohen, entre conviction et persuasion)

           

 

Les productions Hollywoodiennes sont aussi restés dans le film classique pour dénoncer certains points sombres de notre « fonctionnement à l’occidentale »… Et on pense tout de suite au magnifique Lord Of War avec Nicolas Cage qui suit un trafiquant d’armes de niveau mondial sans scrupules dans son macabre marché de la mort. Cette oeuvre met à la lumière du jour quelques informations qui font froid dans le dos sur ces traffics manipulés par nos dirigeants en y ajoutant, pour plus d’efficacité, des images fortes, comme celles d’enfants armés. Dans le même genre, Blood Diamond mettait à l’écran Di Caprio pour pointer du doigt les situations catastrophiques en Afrique créées par la recherche des diamants.

(Les productions Hollywoodienne et la morale)

       

Tout de même, on peut se poser la question suivante: ces films répondent-t’ils à une véritable volonté de faire prendre conscience au grand public de certaines choses, ou sont-ils juste des produits lucratifs destinnés à séduire le plus grand nombre? La réponse dépend bien évidemment de la sincérité des boites de production, où l’argent reste le moteur de l’investissement à la base…

 

Cinéma et politique.  Cinéma et moralisation de la société. Finalement, est-ce une bonne chose? La place du cinéma n’est-elle pas ailleurs? Le débat reste ouvert, mais, au même titre que la littérature, les deux ne sont manifestement pas incompatibles, même si la façon de procéder pourrait être améliorée…

Oceanlook.




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