25
Jan
09

Ayrton Senna, l’icône stoppée.

Ainsi, pour commencer cette nouvelle série des Légendes du Sport, intéressons-nous au sport automobile, et tout particulièrement à la F1. Voilà me direz-vous, nous allons parler de Michael Schumacher, l’homme de tous les records, de tous les titres. Ce à quoi je répondrais NON. Car c’est bien d’Ayrton Senna dont nous allons parler, un pilote brésilien légendaire dans l’adversité et dans sa chute, sa fin…

Ayrton Senna da Silva est né le 21 mars 1960 à São Paulo , la plus grande métropole du Brésil et centre d’activité majeur de l’Amérique du Sud. Il faut savoir que ce continent où le football est roi possède un goût très prononcé pour les courses automobiles. L’euphorie qu’a provoqué le Dakar en Argentine et au Chili et l’émergence de champions comme Felipe Massa (Brésil) en sont les preuves évidentes.

(São Paulo, une des plus grandes villes du monde)

 

Les débuts

Dès son plus jeune âge, Ayrton est initié aux joies du pilotage. Comme la plupart des champions, il commence à faire des courses en kart. Dans cette discipline, il devient en 1977 champion d’Amérique du Sud et vice champion du monde en 1978 et 1979. La plupart des futurs grands vainqueurs de F1 passent en premier lieu par le kart, et les exemples les plus récents sont sûrement Lewis Hamilton (McLaren) et Fernando Alonso (Renault).

Son ascension est alors fulgurante. Pour donner une forte impulsion à sa carrière, il quitte son pays pour le Royaume- Uni,  où il se forge une solide réputation en formule ford 1600 et formule ford 2000, deux championnats qu’il remporte respectivement en 1981 et 1982. En 1983, il décroche une place en Formule 3, une étape importante de sa carrière, car ce championnat, plus médiatisé, va lui permettre d’attirer les regards sur lui. Et cela ne manque pas: alors que sa saison n’est même pas achevée, il fait des essais chez McLaren et Williams. Les écuries ont déjà remarqué son formidable talent, et son agressivité, son audace sur les circuits. Mais finalement,c’est dans la plus petite des écuries, Tolema, que Senna, en 1984, démarre son épopée en F1. 

(Ayrton Senna au volant d’une Toleman, sa première F1)

Les titres de Senna

Si ses débuts se font discrets, il se fait remarquer au Grand Prix de Monaco, où, parti loin dans la grille, il talonne longtemps le français Alain Prost à la deuxième position. Dans des conditions difficiles (la course fut d’ailleurs arrêtée), et avec une voiture moins performante que ses concurrents, il marque les esprits. Les propositions commencent déjà à affluer. La saison suivante, il rejoint l’équipe Lotus-Renault, bien plus compétitive.

Dans cette équipe, il remporte ses premiers succès avec des pôles positions et des victoires, comme à Monaco, circuit qu’il affectionne tout particuilèrement. Mais Lotus-Renault, aussi performante soit-elle, ne peut jouer le titre. Et l’ambition de Senna va le pousser à rejoindre en 1988 l’écurie McLaren, une équipe capable de jouer le titre. Comme co-équipier, il y retrouve le français Alain Prost, déjà double champion du monde à l’époque (1985 et 1986), et star de la F1.  Une incroyable rivalité apparaitra entre les deux champions (voir plus bas).

(Senna dans sa McLaren, 1988 )

   

L’année 1988 est celle de la consécration. Il remporte huit victoires en GP et est sacré champion du monde,devant Prost. Ce dernier prend sa revanche en 1989 dans un championnat plus que controversé. La tension est telle chez les deux hommes que Prost quitte l’équipe en 1990 pour rejoindre Ferrari. Après un très rude combat (voir plus bas), Senna remporte son deuxième titre de champion, puis son troisième l’année suivante. Entre 1988 et 1991, Senna remporte le nombre incroyable de 27 GP, et signe pas moins de 44 pôles postions. Il est le maitre de la discipline, incontestablement. Les années suivantes sont cependant plus dures. McLaren doit subir la loi  des Williams-Renault, et de leurs voitures équipées d’un système électronique ultra-performant. De plus, son écurie a changé le moteur de sa monoplace, moteur qui s’avère bien moins puissant que celui de ses concurrents. Ainsi, en 1992 et 1993, il assiste impuissant aux sacres de Nigel Mansell et Alain Prost, qui prend sa retraite en cette année. Malgré tout, Senna joue toujours les premiers rôles, réalisant des courses époustouflantes d’intelligence de pilotage.

(Ayrton Senna en 1993 en Australie, sa dernière victoire en GP)

Prost ayant pris sa retraite, Senna semble le favori de l’édition 1993, conduisant désormais une performante Williams-Renault. Mais dès les deux premiers GP, il est battu par le jeune pilote allemand Michael Schumacher, qui conduit une Benetton.  Au Grand Prix d’Imola, grand prix par ailleurs chaotique, il perd le contrôle de sa monoplace dans le dangereux et rapide virage de Tamburello, et heurte le mur de béton à plus de 210 km/h. Quelques heures plus tard, il décède. (Plus de détails à la fin).

La légende Senna 

La rivalité entre Ayrton Senna et Alain Prost fut sans doute la période la passionante de toute l’histoire de la F1. Si, en 1988, lors de leur première année en tant que coéquipiers l’entente fut bonne, les années suivantes furent celles de la discorde et de la polémique. Le Grand Prix de St Marin met le feu aux poudres. En effet, le français reproche à Senna  de l’avoir attaqué dès le premier virage, alors qu’ils s’étaient mis d’accord pour ne pas le faire et éviter un accident. Prost racontera plus tard que lorsque Senna avait été réprimandé par Ron Dennis, le directeur sportif de McLaren, le brésilien avait pleuré. Cette déclaration du français, évidemment, ne fut pas du goût de Senna. A la fin de l’année 1989,  les relations entre les deux hommes s’exacerbent. Au GP du Japon, Prost, en tête de la course et du championnat , coupe la route à Senna qui tente de le dépasser aux abords d’une chicane. Finalement, un accrochage à lieu, dont Senna ressort devant. Il remporte la course mais est disqualifié pour attitude dangereuse. Prost est champion du monde. La déclaration de Senna à propos de l’événement resta célèbre: « Ce que vous voyons aujourd’hui est une vraie manipulation du Championnat 89″. L’année suivante, alors que Prost est parti chez Ferrari, et que la lutte entre les deux hommes s’intensifie, toujours à ce même GP du Japon,  Senna rentre volontairement dans la voiture de Prost. Il décroche le titre de champion du monde. Ce geste reste aujourd’hui très controversé. Prost, sans doute, ne parviendra pas à pardonner le geste fou de Senna qui avait mis en danger la vie des deux pilotes. Mais la soif de victoire a, chez Senna, depuis longtemps dépassé la prudence. Les relations entre Prost et Senna se calmèrent par la suite. En 1993, lorsque Prost prend sa retraite, les deux hommes se réconcillient sur le podium, et durant l’intersaison, ils discuteront beaucoup ensemble. L’année suivante, le matin même de sa mort, Senna disait ceci à un Prost retraité:  » Avant de commencer, un bonjour spécial à mon… à notre ami Alain. Tu nous manques à tous, Alain! ». Une rivalité transformée en amitié, et deux champions qui participèrent à la gloire de l’un et de l’autre.

(Alain Prost et Ayrton Senna)

 

La mort de Senna est sans doute ce qui fait aujourd’hui encore qu’il est présent dans la mémoire de tous. Le circuit d’Imola, cette année là, avait l’Oeil sur lui. En effet, dès les essais, Roland Ratzenberger, un pilote, avait perdu la vie. Accident aussi pour Rubens Barrichello, un autre brésilien, et tout ceci a pu mettre Senna dans une extrême nervosité. Selon certains, la veille, il aurait  même eu envie de renoncer, de ne pas participer au Grand Prix. Au classement des pilotes, il accusait déjà un retard de 20 points sur Schumacher, et sans doute a t’il prit un risque en passant ce virage dangereux à pleine vitesse. Officiellement, sa colonne de vitesse aurait cédé, lui faisant perdre le contrôle de sa monoplace. D’autres causes sont évoquées, comme la baisse de pression de ses pneus.

Ayrton Senna était une véritable idole en Amérique du Sud. Issu d’un milieu aisé, il fut cependant un ardent combattant de la pauvreté dans son pays. Son projet visait surtout les enfants, et il fut  repris par sa soeur Viviane.

Connu pour son pilotage aggressif et audacieux, Senna offrait un spectacle exceptionnel à chaque grand prix, ce qui expliquait sa poularité.

Par ailleurs, si son attitude en course, notamment face à Prost, était parfois anti-sportive, Senna a marqué les esprits par de nombreuses actions exceptionnelles, à son image. En 1992, alors qu’un pilote avait eu un accident et que son moteur était en feu, Senna n’avait pas hésité  à traverser le circuit, où roulaient encore à pleine vitesse des voitures, pour éteindre le moteur du pilote accidenté et ainsi lui porter secours. Cet aspect humain le démarque considérablement d’autres pilotes aux attitudes robotiques (comme un certain allemand que je ne citerai pas).

Même s’il n’est pas le plus titré des champions de f1, Ayrton Senna ne fut pas le moins le plus atypique de tous, le plus génial aussi, capable de gagner des courses sur une machine moins performante que celles de ses adversaires. C’est devenu tellement rare de nos jours que cela mérite d’être souligné. Sa sensibilé au volant, son feeling exceptionnel des soucis que pouvaient avoir sa voiture resteront dans la légende.

 

 

Oceanlook.


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