20
Nov
08

Critique ciné : Max Payne

Max Payne. Un simple nom qui à sa simple évocation donne des frissons à tous les joueurs pc qui ont parcouru les 2 épisodes d’un jeu vidéo désormais culte. Il faut dire que ça en vaut la peine : le jeu, un third person shooter, possédait une identité incroyable grâce à son scénario très développé pour le genre, son ambiance noire et glauque à souhait et son incomparable bullet time (ralentis à la Matrix), qui ici faisait ses premiers pas dans les jeux vidéos. Un univers très riche qui se retrouve adapté aujourd’hui au cinéma par John Moore dans une adaptation qui pour une fois semblait réussie, notamment avec une bande annonce plutôt aguicheuse. Semblait…Parce qu’une fois sorti de la salle, le mot espoir n’existe plus.

Tu peux prier mon petit, te gène pas...

Tu peux prier mon petit, te gène pas...

Mais pourquoi l’espoir n’existe plus allez vous me dire?! Tout d’abord, l’adaptation en elle même. Et d’un côté, les producteurs se sont quand même forcés à reprendre des éléments des jeux, dont la société Aesir dans laquelle vous retrouvez la fusillade comme dans le jeu, le personnage de Mona Sax aussi répond à l’appel et on notera que au départ le scénario est bien dans l’esprit du jeu, avec la drogue V donnant des hallucinations et tout le tralala. Seulement ce travail de surface n’est là que pour « contenter » les fans du matériau d’origine qui sont véritablement pris pour des cons par le film. Car oui, Max Payne à l’origine c’est très glauque et violent. Sauf qu’ici, on en a fait un film grand public…

Psst! Derrière toi, couillon !

Psst! Derrière toi, couillon !

Tout d’abord, l’ambiance. Soit disant glauque (il fait nuit, il neige, youhou…), l’atmosphère du film est en réalité constamment plombée par un problème qui va à l’encontre même de l’univers du jeu : c’est propre, trop propre. Comprenez : vous verrez au tout et pour tout une mini flaque de sang dans le film. La où le jeu donnait dans le trash parfois et ne lésinait pas sur les traces en guise de peinture, tout le film s’avère d’une propreté consternante. Qu’un mec se prenne une décharge de fusil à pompe ou des coups de poing dans la tronche, il sera toujours quasiment impeccable. Pareille pour la scène où Max rentre chez lui et découvre sa famille morte, les cadavres n’ont pas un défaut (sa femme est encore maquillée et coiffée à la perfection après s’être pris quelques balles dans le torse qui vraisemblablement ont disparus…) et la femme de ménage vient de passer ! Bref, c’est déjà une énorme blague de ce côté là. Ce n’est que le début…

Je fais bien la prostituée intriguée, non?!

"Je fais bien la prostituée intriguée, non?!"

Les personnages. Et de ce côté là encore, le jeu possédait une palette de personnages incroyables avec des caractères fous et charismatiques. Oui mais c’est grand public, alors on va revoir ça depuis le début vous voulez bien? Tout d’abord, Olga Kurylenko, qui sort de Quantum of Solace pour arriver dans une misère pas croyable. Son rôle : la prostituée toxico qui drague notre héros. Durée de vie dans le film : 10 minutes, pas plus. Tant pis pour elle qui était déjà apparue nue à l’écran dans le temps imparti (avec un drap par dessus bien évidemment, ces jeunes messieurs n’hésitant pourtant pas une seconde à baver devant ça…). Enfin c’est surtout un prétexte pour que notre héros rencontre Mona Sax, une femme fatale tueuse à gages qu’on croyait morte et qui semble tout droit revenue des morts plus décidée que jamais à dézinguer tout ce qui se met en travers de son chemin.. On a tué sa soeur jumelle, que voulez vous… Ca se comprend que notre inspecteur malchanceux en tombe fou amoureux. Oops, ça c’était dans le jeu ! Non parce que Mona Sax, l’un des personnages les plus dingues du jeu, a triplement changé de bord dans le film. Sa soeur n’est plus jumelle déjà. Donc à la limite, elle pourrait être énervée. Le truc, c’est que c’est devenue une petite minette faisant constamment la tronche qui a abusé du mascara et des fringues en cuir histoire d’avoir l’air un rien méchante. Non, elle fait juste gothique qui n’a rien à foutre là. Dommage. Et son interprète (Mila Kunis) se demande justement ce qu’elle fout dans le film, avec un jeu d’acteur qui restera gravé dans les mémoires. Enfin bon, la palme revient après tout…à Max. Personnage torturé, calculateur & ultra sombre à la base, il est devenu un attardé mental qui comprend rien à ce qu’on lui dit et qui fonce tête baissé en faisant une sale tronche pour sembler contrarié. Il a juste l’air con au final. Pas sûr que ça soit l’intention première de Mark Walhberg…

Je ressemble à Alicia Keys dans SmokinAces, cest dingue!

"Je ressemble à Alicia Keys dans Smokin'Aces, c'est dingue!"

On ne parlera pas du méchant qui est aussi utile et charismatique que Robin dans The Dark Knight et on va en venir à ce qui semble être le point fort du film : le scénario. Merde, j’avais oublié on avait dit grand public ! Il ne vous reste plus qu’à oublier une intrigue policière passionnante et de regarder à la place une histoire d’une platitude extrème qui vous donnera tout l’ennui que vous désirez… Mais Max Payne, c’était pas un jeu de bourrin à l’origine?! Si si, et si on avait des scènes d’actions hallucinantes tout comme dans, on serait un rien heureux… Sauf que c’est pas le cas ! Allez, il y a au grand mot deux fusillades ultra courtes dans le film dont le principal intérêt réside dans les éclats de verre qui volent à tout va. Et si le jeu était réputé pour son fameux bullet time, soyez heureux, il est toujours présent…Dans une scène qui vous tombe sur la tête d’un seul coup d’un seul et qui pour le coup est vraiment ralentie. Ca dure trois plombes juste pour un seul mec qui finira par tomber d’une estrade. Intéressant.

Je vole ! Ah non, suis juste en arrêt sur image...

"Je vole ! Ah non, suis juste en arrêt sur image..."

Finalement, il ne reste plus qu’un point qu’on aurait pu sauver : la déco ! Le jeu vous emmenait dans des endroits froids et parfois complètement atypiques (qui ne se souvient pas de la « maison » de Mona dans le second opus…), le film lui montre des endroits hype comme une surprise partie réalisée dans un appartement avec deux néons et trois bouts de placo ou des ruelles qui se ressemblent toutes. Et hormis trois plans avec de la neige qui sont esthétiquement parlant sympas, le reste est d’une pauvreté accablante et pousse à rire, quand bien même le personnage principal à des hallucinations et voit l’enfer. Ce qu’est mal fait en image de synthèse tiens. Alors un point positif dans tout ça? Non, je n’en voix aucun, pas même le coup de théâtre orchestré à la fin qui est aussi efficace que la conclusion d’un épisode de l’inspecteur Derrick ni même trois flocons de neiges jolis devant une ruelle à l’éclairage décidément sombre.
Vous pouvez en être sûr, les producteurs adaptent des jeux vidéos pour se faire du pognon encore une fois et les fans du jeu peuvent se replonger sans problème dans les deux, le film étant clairement…Un navet. Le mot est laché.

Xidius, nostalgique.


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